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Critique Chaw

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Cinq ans après son premier film, Sisily 2km, Shin Jeong-won revient avec un second métrage mettant en scène un sanglier mangeur d’hommes. Pour certains totalement ridicule, pour d’autres intrigant, l’annonce de la nouvelle bête tueuse venue de Corée, après le fabuleux The Host de Joon-ho Bong, a créée une petite vague d’excitation. Bien que le thème de l’animal tueur soit vu et revu, et malheureusement bien trop souvent plus proche du parodique que du bon film de genre, la liberté d’action du cinéma Coréen laissait présager une œuvre différente et ambitieuse. Chaw a su tirer son épingle du jeu sans pour autant transcender le spectateur, relevant plus de la comédie d’action que du film d’horreur.

 

 

Chaw met en scène le petit village de Sameri, où les habitants se voient attaquer par une bête sauvage. Au départ penchant pour les œuvres d’un meurtrier sanguinaire, ils vont rapidement se rendre compte que les meurtres perpétués ne sont pas le résultat de la main de l’homme. La police, avec l’aide d’une troupe de chasseurs et d’une écologiste vont mettre la main à la pâte pour capturer la bête et faire revenir la tranquillité au village. Les animaux tueurs n’est pas un thème facile à aborder, sujet casse-gueule par excellence. Les possibilités se résument plus ou moins à une approche soit sérieuse, soit définitivement comique, les deux étant faciles à amener mais beaucoup plus difficiles à réussir. Shin Jeong-won a fait un choix, celui de mélanger les genres, un mélange parfaitement retranscrit avec un équilibre qui tient presque du miracle. Même si le métrage est plus tourné vers la comédie, les moments d’action sont brillamment menés et on en ressort globalement satisfait. Là où Shin Jeong-won est pertinent, c’est qu’il n’a pas choisi de caricaturer sa créature ni de la rendre plaisante. Le sanglier est visuellement charismatique et manifestement imprévisible. Il a décidé d’insuffler le comique à travers ses personnages afin de ne pas perdre toute crédibilité lors de l’apparition de l’animal. Bien qu’il soit présenté initialement comme un fléau, le sanglier arbore au fur et à mesure du métrage un caractère noble et ses agissements ne sont aucunement le résultat d’une superfluité sanguinaire mais sont la conséquence des lois de la nature, de l’instinct de survie, de la protection du cocon familial et bien sûr de quelques modifications et croisements génétiques.

 

 

Chaw met en scène une belle galerie de bras cassés qui se dénombrent à environ… tout le village. Entre le chasseur version Rambo appelé à la rescousse, star d’une émission de télé-réalité, le chef de la police délégant tout le boulot à ses sous-fifres, bien trop peureux pour se frotter au danger ou encore la folle du village au look sorcière gothique martelant son soi-disant fils pour qu’il l’appelle maman, le ridicule semble être le maître mot pour désigner ces autochtones. Un choix judicieux qui va provoquer une scission entre les moments de calme et les assauts  de l’animal, on ne peut que se questionner sur la manière dont les habitants vont pouvoir faire face à une telle situation. Malgré des protagonistes amusants, ceux-ci savent faire preuve de perspicacité et de courage quand la situation l’impose. Un des bémols du film se trouve dans la démultiplication de ses personnages et de ce fait, le film est très bavard. A noter tout de même que le visionnage du film en coréen accentue probablement cette sensation. Même les personnages annexes ont droit à leur heure de gloire, ce qui crée inévitablement aussi bien une septicité sur l’intérêt de leur passage à l’écran, principalement cocasse, qu’une attache et une empathie envers eux. Cependant, on se rend compte assez rapidement que la présence du sanglier n’est là que pour rajouter une dimension tragique au métrage et devient surtout un prétexte à s’immiscer dans la vie de ce village aux habitants pas comme les autres, ou peut être trop justement.

 

 

La direction photo est certainement un des points forts de Chaw. La beauté des paysages amène une dimension apaisante, voire romantique par moment. Que ce soit à l’intérieur de la forêt, dans les champs ou à travers le village, le spectateur profite pleinement de la photographie. En revanche, la bête n’est pas toujours réussie. Le budget confortable de 5 millions de dollars, que l’on peut associer à une superproduction dans le pays, a vraisemblablement déteint sur la réalisation de celle-ci, bourrée d’effets numériques qui nuisent parfois pour les plans larges mais qui s’avèrent cependant très efficaces lors des gros plans. Le casting de son côté est plutôt sympathique puisqu’il compte quelques stars ou moins stars coréennes avec Jeong Yu-mi que l’on a pu voir dans A Million, Tae-woong Eom (Handphone), Jang Hang-sun ou encore Josiah D. Lee. Pour finir, l’humour proposé par Chaw est tout de même assez restreint et se limite à un enchaînement de gags un peu balourd qui ne font pas toujours mouche.

 

 

En marchant sur les traces ses prédécesseurs, Chaw ne nous encombre pas avec un produit prémâché et a réussi le challenge d’agrémenter un concept maintes fois revisité avec une bonne dose d’humour et des ajouts scénaristiques consistants. Malgré son originalité, ce second métrage de Joon-ho Bong souffre parfois d’un ton un peu trop léger et les scènes de terreur n’ont pas toujours l’impact recherché. Une comédie d’action sympathique parsemée de sang frais.

Auteur : TIBO

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Combien font : 95+8

Votre réponse :

baste 20-12-2011
Regardez bien ce film jusqu’à la fin pour ne pas rater une scène mythique coquine. Le chef de la police vous réserve une petite surprise...

 

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