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Critique Citadel

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Le circuit classique des productions cinématographiques a bien changé de nos jours. L'argent est venu tuer dans l'œuf tout projet innovant, toute énergie créatrice, toute envie de faire quelque chose de différent ou de sortir des séquelles insipides à rallonge. Pour répondre à cela, deux courants parallèles se sont imposés petit à petit, le direct to DVD et le crowd funding. Les investisseurs réguliers du milieu du 7ème art sont tenus à l'écart, les producteurs sont remplacés par les clients / internautes effectuant des dons sur les plates-formes internet prévues à cet effet. Ainsi, les grandes majors n'ont plus aucun contrôle sur le contenu des œuvres diffusées et perdent le pouvoir de mettre en avant tel ou tel projet au détriment d'un autre. Les films sont alors modestes, mais totalement libres d'exister. Quelque part, cela revient à aller dans un fast-food et exiger des plats comestibles avec des ingrédients sains. Le client redevient roi. Avec Citadel, le réalisateur Ciarán Foy utilise cette liberté de ton pour s'exprimer sur un sujet sensible : la violence et la délinquance dans les banlieues.

 

 

 

Tommy - génial Aneurin Barnard, vu dans À nous Manhattan, Les Aventures Extraordinaire d'un Apprenti Détective - a vu sa compagne enceinte se faire battre par trois adolescents sans rien pouvoir faire. Neuf mois plus tard, le voilà confronté de nouveau à ceux qui ont entraîné la mort de sa femme. Devenu agoraphobe à la suite de l'agression, il devra lutter pour défendre sa fille, née alors que la mère était dans le coma. Mais ceux qui semblaient être des adolescents violents ne sont peut-être même pas humains. Le cadre du slasher movie est mis en place d'entrée de jeu dans ce Citadel, qui s'engouffre par la suite dans les méandres du thriller fantastique. Les films d'horreur ou d'épouvante permettent parfois de traiter des sujets difficiles voir tabous. En extrapolant des faits ou en imaginant des avenirs alternatifs, ils se rapprochent beaucoup plus de certaines réalités que nombre d'œuvres traitant de sujets similaires avec sérieux. Citadel mise donc sur le second degré, humour qu'utilise intelligemment le réalisateur en dépeignant l'impuissance d'un individu face à des situations extrêmement intenses.

 

 

 

Tommy assiste impuissant à l'agression de sa compagne enceinte par un groupe d'adolescents - à première vue - bloqué par une porte d'ascenseur qui le sépare de l'action. Le spectateur devient alors prisonnier de cette cage d'acier dès l'ouverture du film et ne pourra que mieux comprendre l'agoraphobie qui frappera le personnage par la suite. Cette peur panique de l'extérieur, alimentée par tous les dangers relatifs qui peuvent en surgir par la suite accentuée par la présence du bébé. Aneurin Barnard interprète à merveille ce rôle de père protecteur face au danger, victime et impuissant. Cette fragilité est d'ailleurs mise en avant tout au long du métrage, comme pour suggérer le long périple qui attend tous les jeunes pères confrontés à ce nouveau statut. Ce sentiment renforce le stress des scènes d'horreur et la tension des moments d'épouvante et parvient à plonger le spectateur dans la tête d'un esprit paranoïaque et souvent borderline. La scène dans laquelle le héros n'a pas d'autre choix que de se cacher dans les toilettes avec son nourrisson, dont les cris risquent à tout moment de signaler aux assaillants leur cachette, est à ce titre particulièrement réussie. La peur est palpable à chaque instant.

 

 

 

Citadel est un véritable hommage aux classiques de l'épouvante, mais est aussi empreint d'une critique sociale très dure et tristement contemporaine. Les cités HLM y sont exposées comme des pierres tombales grisonnantes, monuments commémorant une vie qui s'y est éteinte il y a bien longtemps. Rien ne vient éclaircir ce tableau des plus ternes, que ce soit dans le choix des couleurs ou dans les rapports entre les différents protagonistes. Seule la présence d'une infirmière vient contrebalancer cette froideur ambiante à l'Irlandaise. Belle, douce et mise en valeur comme aucun autre personnage, elle s'offre à Tommy tel un ange gardien charmeur et protecteur. Il s'agit de l'unique réconfort furtif que le personnage principal trouvera sur le chemin de son calvaire. Mais le sens profond du long métrage, le message sous jacent va bien plus loin dans son traitement quasi métaphorique mais terriblement réaliste. Nous apprendrons rapidement que le groupe d'adolescents sont en fait constitués de démons dont le repaire et la nourricière est cette banlieue cradingue. Chacun y trouvera sa signification, mais il est clair que ces HLM sont perçus comme les portes de l'enfer, la société décadente ayant transformé cet endroit en pouponnière de diablotins assoiffés du sang. Selon l'orientation politique du spectateur, le message de Citadel pourra être interprété comme émanant de l'extrême droite ou provenant de nombreuses rhétoriques gauchistes. A vous de voir.

 

 

 

Ciaran Foy nous propose donc un film d'horreur sans grande innovation ni rebondissements mémorables, mais efficace dans son traitement comme dans son ambiance. Angoissant et sans temps mort, il se classe illico parmi les meilleurs DTV sortis depuis quelques années. Il prouve une fois de plus que les circuits parallèles cités plus haut permettent l'émergence de véritables talents qui seront par la suite repérés par les grandes majors. Foy sera d'ailleurs choisi par la suite pour réaliser  Sinister 2, à charge pour lui de confirmer son talent. Citadel ouvre les portes à une pensée différente, sans aucune victimisation mais avec un réalisme cru qui laisse un sale goût dans la bouche, peu importe le bord politique du spectateur.

Auteur : MARC D'OC

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Votre réponse :

TONIO 05-12-2015
Dans sa première partie, le film installe un climat consistant et oppressant, grâce en grande partie au très bon jeu de son acteur principal. Ensuite tout se casse la gueule, quel dommage ! L'histoire devient complètement absurde, les incohérences sont flagrantes, bref, le film perd toute crédibilité et ressemble plus à un téléfilm moisi de fin de soirée qu'autre chose. C'est vraiment frustrant. Ce film est très loin d'être une oeuvre mémorable malgré ses 25 premières minutes qui titillent la curiosité. Un beau nanard au final...

 

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