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Critique Clones

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Artisan appliqué de l’école hollywoodienne - le méconnu mais excellent Breakdown – Point de Rupture -, Jonathan Mostow avait raté son entrée dans le domaine de la science-fiction avec le bancal Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines. Bien qu’honnête et défendable, le métrage souffrait d’un sentiment de répétition décuplé par la longue attente précédant sa sortie. Avec Clones, le cinéaste s'autorise une seconde chance et s’adjoint les services d’un Bruce Willis sur le retour avec l'objectif de poser sur bandes une idée assez visionnaire d’un futur proche. Si le concept se montre passionnant, Mostow manque légèrement l’incroyable potentiel de son postulat de base. Ce qui ne l'empèche pas de livrer malgré tout un divertissement acceptable.

 

 

Bon nombre de films d’anticipation se construisent sur un principe simple et depuis longtemps éculé : de plus en plus indispensable aux sociétés modernes, la technologie s’engage dans un processus de domination face à une humanité dépassée et détruite par sa propre science. En s’enroulant autour de cette idée, le script de Clones s’articule pourtant sur un développement novateur et propice à une véritable étude sociale. Désormais reclus chez lui par crainte de l’accident ou de la maladie, l’homme vit son existence par procuration à travers les yeux d’un substitut directement connecté à son système neuronal. Si la possibilité d’une société désormais plus prompte à contrôler un double synthétique plutôt qu’à se déplacer de sa propre initiative aurait pu paraitre saugrenue quelques années auparavant, l’idée prend aujourd’hui tout son sens au vu des addictions avérées de certains citadins aux existences virtuelles de type Second Life. Les substituts n’en sont ici que le direct prolongement, ces derniers ouvrant un champ de liberté inenvisageable dans une vie normale aux individus : sexe, physique, passé, libre à chacun de s’inventer la vie qu’il souhaite. Malgré les possibilités offertes par le pitch initial, Clones n’en exploite qu’une infime partie et évite de s’engager vers une critique trop marquée des dérives actuelles. Les conséquences néfastes de l’existence par procuration sont ainsi à peine esquissés, le développement des personnages demeurant trop approximatif malgré une réelle volonté de s’orienter dans cette optique. A mi-chemin entre pur divertissement pétaradant et film d’anticipation plus poussé, Clones souffre d’un découpage trop rapide pour véritablement approfondir toutes les possibilités offertes par sa base scénaristique.

 

 

Avec seulement une heure et demie à disposition, Jonathan Mostow sacrifie clairement le développement de ses principaux protagonistes, pourtant dotés d’un passif propice à explorer une dimension psychologique plus complexe et travaillée. Le destin du couple ne touche jamais véritablement en dépit de l’aspect tragique de leur histoire, et la désintoxication progressive au double synthétique traversée par l’Agent Greer répond ici d’avantage à l’impossibilité d’utilisation plutôt qu’à une véritable prise de conscience, bien que la conclusion convenue penche définitivement en ce sens. Malgré tout, le principe de base demeure suffisamment passionnant pour passer outre les carences de développement du récit, Clones se montrant impeccable sur tous les autres aspects.  Faiseur doué et rodé aux grosses machineries, Jonathan Mostow confère à son métrage un rythme haletant, ce dernier témoignant comme à son habitude d’une certaine virtuosité à emballer les scènes d’action les plus sophistiquées. Les poursuites parsèment habillement l’histoire, le métrage se voyant d’avantage dynamité par ses images que par son script un rien conventionnel. Mostow emballe le tout sans jamais sombrer dans l’illisibilité, le cinéaste se fendant à chaque instant de cadrages impeccables et originaux pour mettre en boite des séquences efficaces et ne faisant jamais appel aux artifices inutiles. Bien qu’épaulé par un budget efficace en matière d’effets spéciaux, Mostow opte en effet plus volontiers pour les trucages les plus discrets que pour une débauche de CGI de tous les instants, Clones dépeignant de plus un futur plus proche de notre réalité que des fantasmes technologiques habituels.

 

 

L’aspect esthétique du métrage n’en reste pourtant pas moins intéressant, le film opérant à une fusion détonante des styles. La séparation des opinions et de la société - les adeptes des substituts d’un côté, les humains de l’autre - permet à Mostow d’aborder deux visions radicalement antagonistes du futur, le post-apocalyptique des uns répondant à l’aseptisation et aux décors clinquants des autres. Entre boulevards immaculés et recoins sordides d’une frange de la population désireuse de revenir aux fondamentaux, le cinéaste s’autorise ainsi et sans rupture de continuité de véritables contrastes visuels renfonçant la thématique trop sous-jacente de la dangerosité de l’actuelle quête à la perfection. Clones confirme également son côté résolument grand public et blockbuster par une direction d’acteur et un casting quatre étoiles. Etonnamment, Bruce Willis campe avec bonheur un protagoniste aux failles apparentes, loin du héros américain invincible plus prompt à répondre par les armes que par la réflexion. Si ce dernier cachetonne avec le talent qu’on lui connaît, c’est pourtant la prestation de Rosamund Pike qui parvient à insuffler un semblant d’émotion au métrage, bien que sa présence à l’écran se montre malheureusement trop parcimonieuse. Dommage, l’actrice anglaise parvenant à retranscrire avec crédibilité les différences entre double-robotique et humain, à commencer par la relative absence de sentiments affichée par les substituts.

 

 

Sans faire preuve de la profondeur dont il aurait pu se doter, Clones est un métrage habille qui hisse le blockbuster américain vers le haut. Si le dernier long-métrage de Jonathan Mostow manque légèrement d’ambition, il lui offre néanmoins un accès vers une science-fiction plus notable et intelligente que son bourrin Terminator 3.

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