film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Cold in July

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Jim Mickle s’est imposé en solide artisan du film de genre. Révélé en 2010 avec le très bon Stake Land, confirmé sur le récent remake de We Are What We Are, ce dernier se démarque notamment par sa facilité à installer des ambiances poisseuses et oppressantes. Un talent que Mickle met aujourd’hui au service du polar en signant avec Cold in July l’adaptation d’un roman de Joe R. Lansdale. Une courte nouvelle qu’il étend sur un format film presque inadapté, le cinéaste accouchant ici d’une œuvre curieuse et à deux vitesses. Intéressant sur bien des aspects – notamment artistiques –, son quatrième long souffre de ce fait d’une structure légèrement déséquilibrée qui n’est pas influencer sa rythmique générale.

 

 

1989. Richard Dane, artisan-commerçant d’une petite ville du Texas, abat involontairement un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. L’affaire est rapidement classée par les autorités locales, mais pas par le père du malfaiteur, un repris de justice, qui commence à menacer sa famille. Lorsque Dane découvre que l’homme qu’il a tué ne correspond pas à celui identifié par le Police, ce dernier va pourtant être obligé de collaborer avec son ennemi. Leur enquête va les amener à mettre à jour un vaste système de corruption. Ce qui s’articule donc de prime abord comme un thriller dépouillé mue dès lors vers un policier complexe, sombre et résolument étouffant. Cold in July avance en effet une structure particulièrement inattendue, le travail de Mickle superposant deux « mini-histoires » bien distinctes. Le métrage s’avère de ce fait assez déroutant, la première moitié lorgnant presque vers le film de survie simpliste, presque trop épuré. Le cinéaste y fait preuve de tout son talent pour installer une ambiance assez remarquable, mais peine parallèlement à imposer une rythmique à un récit paresseux qui patauge dans une certaine répétitivité. Le véritable élément déclencheur – la découverte du mic-mac orchestré autour de la victime – arrive certes sur le tard, mais permet enfin au métrage de s’orienter vers un développement nettement plus ambitieux.

 

 

Cold in July sombre dès lors dans une noirceur quasi-totale, le scénario accumulant jusqu’au run final un chapelet de séquences glaçantes, bardées de révélations sinistres. Le travail de Jim Mickle gagne à cette occasion en épaisseur, en puissance émotionnelle et en suspense. Le climax explose certes tardivement, mais le métrage en devient presque hypnotique de violence et de gravité. Cold in July demeure cependant imparfait, notamment dans son traitement du personnage principal. Présenté comme un individu pétochard, ce dernier s’embarque un peu trop facilement dans une quête qui ne le concerne à aucun moment, au détriment d’une famille qu’il s’emploi à protéger envers et contre tout en début de film. Mais qu’importe. L’atmosphère construite par Mickle confère à son travail un intérêt notable, ce dernier couchant sur péloche un polar old-school qui vire carrément à la sauvagerie dans un final tendu à souhait, peinturluré de désespoir et de rouge qui tache dur. Une intensité judicieusement installé par une approche artistique singulière et travaillée.

 

 

Jim Mickle reste un technicien chevronné du bis à l’ancienne. A l’instar de ses quatre précédentes réalisations, celui-ci apporte un soin presque démesuré à chaque cadrage. Certains plans sont à ce titre virtuoses, le métrage sublimant par ailleurs ses derniers par un éclairage judicieusement crépusculaire. Beau, fluide, Cold in July s’épaule par ailleurs d’une bande-son électro-eighties Carpenterienne extrêmement hype – Drive est passé par là – mais assurément efficace. Lancinant, cradasse, le travail de composition renforce avec brio la portée des images. Mickle bénéficie également et pour la première fois d’une distribution quatre étoiles. Michael C. Hall – délicieusement ringard, moustache et coupe mulet à l’appui –,  Don Johnson et Sam Shepard campent un trio de personnages bien différents, plus ou moins cassés par la vie mais parfaitement dirigés. Du tout bon.

 

 

Cold in July aurait probablement pu être un excellent thriller. Le résultat final reste bon, mais pâti d’une mise en place presque interminable qui nuit considérablement à l’immersion du spectateur. La seconde moitié du métrage vaut néanmoins son pesant de cacahuètes. A découvrir, si ce n'est déjà fait.

 

Auteur :

Critique vue 2963 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 99-14

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction