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Critique Cold Prey 2

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Succès surprise de l’année 2006 en Norvège, Cold Prey n’aura pourtant pas bénéficié dans l’immédiat d’une véritable visibilité à l’étranger, malgré quelques passages plus que remarqués en festivals spécialisés. Tournée deux années plus tard, cette séquelle sous-titrée Resurrection inscrira définitivement le projet initialement mené par le talentueux Roar Uthaug parmi les incontournables du genre. Distribués simultanément en France, les deux volets présentent des qualités rigoureusement similaires, mais ne se montrent pas exempts de tous défauts. Bien que tout aussi remarquable artistiquement, Cold Prey 2 : Resurrection manque de deux doigts la mention très bien et ne transcende que partiellement un registre déjà sérieusement élimé par la concurrence.

 

 

Aux antipodes des slashers conventionnels, Cold Prey avait su profiter de son origine nordique pour s’habiller d’une ambiance montagnarde presque étouffante. Résolument plus intéressant dans la forme que dans le fond, le métrage cultivait une identité noire et bien européenne, cette dernière inscrivant l’œuvre de Uthaug dans un premier degré viscéral et poignant. Bien que l’action se voit délocalisée des hauts sommets vers un hôpital dans lequel est accueillie l’unique rescapée du précédent volet, Cold Prey 2 : Resurrection s’inscrit dans la directe continuité artistique de son prédécesseur. Si Uthaug pointe au rang des rares déserteurs, cette première séquelle s’habille du travail d’un artisan tout aussi expérimenté en la personne de Mats Stenberg, réalisateur inspiré qui puise dans les fondations du projet sans pour autant en singer les caractéristiques. Moins granuleuse, légèrement moins sobre, l’image adoptée par le cinéaste lorgne une colorimétrie moins étriquée, mais confine le film dans des teintes sombres et inquiétantes. Véritable anti-thèse du cinéma moderne, Cold Prey 2 : Resurrection conserve avec brio l’emballage « à l’ancienne » qui conférait au premier volet une atmosphère ténébreuse, et ce sans pour autant avoir à replacer le propos dans l’hôtel sale et lugubre des origines. Si le métrage perd légèrement en ambiance du fait de la relative absence des montagnes alentours, l’hôpital dans lequel Stenberg plonge ses protagonistes restitue à l’identique la sensation d’isolement de danger permanent qui striait le film initial.

 

 

En adoptant un cadre vétuste et tout aussi peu prompt à se frotter au clinquant imposé par les formats HD, le cinéaste conserve les enluminures typées eighties qui tendrait à se rapprocher de la vision d’Halloween posée sur bandes par Rick Rosenthal en 1981. Bien que moins délabré et de ce fait légèrement moins intriguant que l’hôtel, l’hôpital apporte aux plans de Mats Stenberg une toute autre froideur, plus clinique et aseptisée, mais conserve l’esprit glauque à souhait du premier film. Bien que le tout baigne dans un éclairage légèrement moins mesuré, Cold Prey 2 : Resurrection reste un pur film de couloirs, décors propices à l’instauration d’une tension palpable et aux éternelles poursuites entre l’indestructible boogeymen et une série de victimes plus retords que d’ordinaire. Toute en souplesse, la réalisation de Mats Stenberg prend soin de s’attarder longuement sur les plans, sublimes, et s’enrobe d’un scope généreux. Très fluide et lisible, le montage laisse une nouvelle fois les éléments s’installer sans avoir recours aux facilités du genre ou à une violence voyeuriste pourtant d’actualité ces derniers mois. Bien que nettement plus brutal que son prédécesseur dans ses mises à mort, Cold Prey 2 : Resurrection ne patine jamais dans un gore outrancier ou inutile. Plutôt tendu et maitrisé, le métrage fonctionne relativement bien, et profite comme son ainé de son esthétique et de sa technique affutée pour partiellement pallier des failles scénaristiques malheureusement toujours aussi conséquentes.

 

 

Car a l’instar du premier volet, Cold Prey 2 : Resurrection s’habille d’un script décevant et trop peu travaillé pour véritablement rendre justice à ses images. Au delà du retour légèrement fumeux de l’assassin des montagnes, renaissance à peine justifiée par une explication des plus douteuses, le scénario tente pourtant d’utiliser les éléments laissés en suspens dans le film précédent. S’il effleure l’essentiel et esquisse des débuts d’explications vis à vis des motivations de la figure la plus maléfique du métrage, ce dernier manque pourtant complètement son objectif et se contente de servir quelques rares semblants de révélations de ci et là. Définitivement imposé en erreur de la nature là ou la conclusion du premier opus laissait pourtant présager de profondes blessures inhérentes à l’enfance, le psycho-killer de Cold Prey 2 : Resurrection s’érige en masse menaçante, mais sans grand intérêt autre que celui d’imposer un rythme au métrage par son redoutable coup de piolet. Un simple jeu de massacre qui catalogue le scénario du film de Mats Stenberg aux côtés d’un Vendredi 13 sans éclat, la galerie de nouveaux personnages accusant pareillement l’écriture trop rapide et maladroite du projet. Relativement inintéressants, pour la plupart totalement inutiles, les protagonistes défilent en ayant à peine imposés leur présence. Quelques minutes pour la première victime, une petite demi-heure pour un second rôle féminin d’une rare platitude si l’on fait exception d’un surprenant soubresaut à l’occasion d’un final nettement plus relevé que sur le premier film. Entre les deux, une ribambelle de portraits uniquement posés là en pure chaire à canon. Un développement qui entache sévèrement la direction d’acteurs, les prestations s’avérant anecdotiques et radicalement éloignées de l’attachante équipée des origines. Si la performance de Ingrid Bolsø Berdal reste en toute logique plus notable, le côté psychologique trop bâclé de son personnage ne l’encourage pas à laisser muer son jeu vers de nouveaux horizons, en particulier en ce qui concerne un côté revanchard que l’on aurait aimé plus évolué que le petit chapelet d’excès hystériques constatés. Dommage. 

 

 

Cold Prey 2 : Resurrection peut se targuer de s’épauler d’une furieuse cohérence vis à vis de son modèle. Le film de Mats Stenberg en réplique les points faibles avec une étonnante aisance et présente un traitement des plus décevants. Reste malgré tout un slasher bien troussé et artistiquement très soigné. Un film dispensable, mais pas inutile. 

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