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Critique Cold Prey

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Succès surprise de l’année 2006, Cold Prey est l’un des rares films issu de l’industrie cinématographique norvégienne à jouir aujourd’hui d’une aura internationale. Représenté et chaleureusement reçu au festival américain de Slamdance, le premier métrage du newcomer Roar Uthaug se sera par ailleurs profilé en rampe de lancement pour la prometteuse Ingrid Bolsø Berdal, récompensée par un prix d’interprétation dans son pays. Un accueil favorable et une exposition grand public assez rare pour être soulignée, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une œuvre s’inscrivant dans une veine horrifique pure et dure. Film événement du fait de sa glorieuse réputation, Cold Prey reste pourtant un slasher juste honnête, en partie entaché par un développement relativement convenu.

 

 

Produit en indépendant, Cold Prey se profile en projet atypique et reste radicalement détaché de toute ambition purement commerciale. Bien qu’épuré dans le fond et en ce sens typiquement similaire aux ribambelles de slashers produits ces vingt dernières années - un bourreau à la carrure massive prenant une nouvelle fois pour cible un groupe de jeunes égarés -, le film de Roar Uthaug présente quelques spécificités ainsi qu’un savoir-faire lui permettant de se démarquer des incontournables représentants du registre. A l’instar d’un All The Boys Love Mandy Lane, Cold Prey affiche une volonté d’esthétisme particulièrement travaillée et foncièrement originale, le métrage de Roar Uthaug s’habillant d’une froideur typiquement nordique favorable à l’instauration d’une tension efficace et continue. Le cinéaste opère notamment à quelques choix audacieux et parvient à pallier son budget réduit en emballant le tout dans des teintes glaciales accordées aux paysages montagneux entourant les protagonistes. Le cinéaste limite la colorimétrie à un point tel que certaines séquences capturées dans l’obscurité lorgnent presque vers un noir / blanc / gris déshumanisé, cachet confirmant l’affiliation de Cold Prey à tout un pan du cinéma horrifique des années 80. La tendance affichée par ce rejet en bloc du clinquant au profit d’une réelle recherche artistique se confirme dans l’aspect parfois granuleux des images, capturées dans un format scope à la beauté froide et servie par une réalisation sans fioritures. Evitant les effets ainsi que les ressorts attendus, Uthaug prend soin d’instaurer une ambiance pesante avant de laisser s’emballer son récit, et s’appuie sur des décors évoquant inévitablement Shining pour installer un sentiment d’insécurité en grande partie inhérent à l’isolement des lieux.

 

 

L’hôtel de haute montagne dans lequel se réfugient les locataires d’infortune devient à sa manière le protagoniste le plus menaçant de l’œuvre capturée par Roar Uthaug. Sales, lugubres et inquiétants, les longs couloirs abandonnés concourent à insuffler à Cold Prey quelques pointes de nervosité une fois libéré leur redoutable et mystérieux résident. Une arrivée attendue mais pourtant nullement précipitée, tant le cinéaste s’évertue à installer son climat à travers un développement au rythme plutôt retenu. Si la montée en puissance avant le premier meurtre s’avère menée d’une main de maitre, la suite sombre pourtant dans des lignes trop conventionnelles et ne parvient pas à conserver l’aspect tendu nimbant la première moitié du métrage. Bien que la brutalité particulièrement exacerbée de l’ensemble renforce encore d’avantage l’aspect noir et artistique de Cold Prey, ses ambitions scénaristiques timorées laissent place à une relative banalité, Roar Uthaug se contentant d’un jeu du chat et de la souris aux retournements partiellement prévisibles. Pourtant appliqué dans un premier temps sur le développement de ses personnages, le cinéaste commet étrangement l’impair de négliger sa personnalité la plus trouble, le tueur en lui même. Rapidement esquissé, à peine justifié en matière de motivations psychotiques, ce dernier dévoile dans un final particulièrement raté un visage attendu depuis les premières séquences. 

 

 

L’aspect bâclé et bancal du scénario est d’autant plus regrettable que Cold Prey s’épaule d’artisans et de participants particulièrement inspirés. Malgré l’inexpérience, chaque acteur se livre pleinement dans son interprétation, la petite poignée de portraits dessinés par les scénaristes parvenant à s’éloigner radicalement des clichés habituels. Bien que ces derniers témoignent de véritables carences en matière de développement, l’ambiance poisseuse et oppressante de ce huit-clos repose en grande partie sur la justesse et l’authenticité des personnages, constamment sur la brèche. Malgré sa rythmique trop mesurée et un fond qui ne parvient jamais à se hisser au niveau qualitatif de son habillage, Cold Prey reste globalement plus notable et bien plus personnel qu’un slasher américain lambda. Roar Uthaug accompagne ses plans, probablement parmi les plus belles images de montagnes posées sur bobine dans le domaine, d’un montage lisible aussi sobre et classieux. Radicalement opposé aux derniers tendances épileptiques, celui-ci laisse le suspens s’instaurer de manière naturelle, uniquement sur la base d’une suggestion efficace ainsi que via une piste sonore particulièrement travaillée. Plutôt efficace et agréable à l’œil, Cold Prey se contemple autant qu’il effraie, le cinéaste se réservant un petit chapelet de pics d’intensité amenés avec une virtuosité certaine. 

 

 

Loin de s’apparenter à un thriller de studio calibré, Cold Prey se veut sombre et résolument premier degré, mais échoue à atteindre l’excellence du fait d’un développement trop classique pour marquer la surprise. Dommage, d’autant plus lorsque l’on constate le talent de son géniteur à rendre attractif un scénario relativement creux par l’esthétique et la mise en place d’une ambiance travaillée.

 

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