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Critique Colt 45

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Colt 45 ou l’œuvre maudite de Fabrice Du Welz. Réalisateur virtuose mais incompris, le belge a livré avec Calvaire et Vinyan deux uppercuts cinématographiques exigeants mais relativement hermétiques. Passé artisan chevronné dans le métrage sensitif, Du Welz est du genre à déconstruire les schémas habituels, imposer sa propre grammaire, poser son climax en usant d’ambiances hypnotiques et vénéneuses. Ce dernier aime également se mettre en danger, quitte parfois à pousser ses acteurs dans leurs retranchements. Une stratégie payante dans le cadre de son travail avec Emmanuelle Béart, qui livrait avec Vinyan l’une des plus impressionnantes prestations de sa carrière. Colt 45 laissera un souvenir plus amer au réalisateur. Déjà contraint à de multiples modifications au cours du tournage, celui-ci sera remplacé par Frédéric Forestier pour la post-production ainsi que divers reshootings. Si Du Welz et son scénariste ont décidé ne pas cautionner le produit final, Colt 45 reste malgré tout un très bon polar à la française.

 

 

Du Welz aura patiemment attendu son retour. Absent des toiles depuis cinq années, ce dernier finalise avec Fathi Beddiar en 2012 la préparation de ce troisième long. Reconnu pour son approche artistique originale et sans concessions, le cinéaste souhaite explorer de nouveaux horizons, sans pour autant abandonner la noirceur vénéneuse qui se profile désormais comme la marque de fabrique de son cinéma. Du Welz imagine donc Colt 45 comme un polar pur et dur, transcendé d’une violence presque hypnotique. Son producteur Thomas Langmann – coupable de l’atroce Astérix aux Jeux Olympiques – souhaite pour sa part bénéficier d’un produit vendeur, calqué sur les excellents travaux d’un Olivier Marshall. Colt 45 synthétise de ce fait plus ou moins les envies de chacun, et s’avère assez bien construit étant donné les multiples réécritures engagées au cours du tournage. Du Welz dessine ici un film partiellement articulé autour de l’affrontement BRI / BRB, unités d’élites de la police judiciaire Française. Ce dernier sort pourtant vite du schéma de l’éternel guerre des flics en articulant son récit autour d’un personnage tiraillé entre les deux « clans ». Expert balistique et instructeur, Vincent Milès est un as du tir convoité par les élites du monde entier. Ce dernier refuse pourtant d’intégrer une brigade de terrain. Le jour où il rencontre Milo Cardena, un individu trouble et violent, son destin bascule. Piégé par le ripou, Vincent accepte de lui livrer des balles explosives de sa conception. Les munitions du jeune homme sont rapidement retrouvées sur des scènes d’attaques à main armées.

 

 

Colt 45 fait preuve d’un certain classicisme dans son approche. Le film se veut résolument sombre, presque politiquement incorrect. A l’instar d’un Marshall, Du Welz dresse des portraits de flics violents, intègres mais brisés par les événements de la vie. Le réalisateur brosse une galerie de personnages passionnants, véritables « gueules » qui insufflent tout son sel au métrage. Le contraste entre la brutalité des anciens – Lanvin, JoeyStarr – et l’innocence du jeune protagoniste principal est à ce titre saisissant, Colt 45 dressant en parallèle de son « étude de mœurs » une intrigue épaisse et bien rythmée à base de magouilles et de trahisons. L’ensemble s’écroule malheureusement comme un château de cartes sur un final décevant. Malgré ses excellentes qualités, le produit laisse de ce fait laisse entrapercevoir toutes les difficultés qui ont émaillées sa préparation. Des personnages apparaissent puis disparaissent – JoeyStarr, catapulté sur le haut de l’affiche malgré une présence fantomatique –, certaines séquences burinées semblent greffées de ci et là sans véritable justification et le dernier tiers est déroulé avec une précipitation qui fusille en partie l’excellente tension dressée jusque là.

 

 

Du Welz est un artiste virtuose et passionné. A l’instar de son Vinyan, Colt 45 est une réussite artistique totale. Glauque à souhait, presque volontairement sous-éclairé, le métrage transpire visuellement la noirceur et se montre de ce fait parfaitement raccord avec son script. Du Welz emballe le tout avec une fluidité appréciable, sans jamais s’affranchir d’effets faciles ou de mouvements racoleurs. Carton plein. La direction d’acteurs souffre malheureusement des discordes de tournage. Lanvin est correct, mais JoeyStarr semble cachetonner en livrant une énième et irritante prestation de flic loubard. Ce dernier est de plus étonnamment peu présent. Relégué au second plan sur l’affiche – marketing, quand tu nous tiens –, le méconnu Ymanol Perset compense en affichant une totale implication dans le projet. Ouf.

 

 

Colt 45 est un projet inachevé, plombé par deux-trois maladresses qui en atténuent la puissance.  Le film reste cependant « partiellement » fidèle à l’esprit Du Welz et affiche sa propre personnalité, une ambiance furieusement envoutante et un scénario complexe. Démonté par la critique à sa sortie, l’ensemble mérite à ce titre une réhabilitation immédiate.

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