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Critique Comedown

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S’étant déjà fait remarquer avec son excellent Kidulthood – drame social tout autant cru que brutal – Menhaj Huda récupère son équipe de lascars des cités Anglaises et les abandonne dans une œuvre purement horrifique, Comedown. De ses propres dires, le métrage a pour objectif de « confronter l’attitude violente de ces jeunes à celle de la vie, voir ce qu’ils valent réellement face à l’horreur ». Ainsi, notre personnage principal Jason – Adam Deacon – vient tout juste de sortir de prison et malgré son jeune âge il doit maintenant rentrer dans le droit chemin pour se préparer à l’arrivée de son enfant. Il retrouve rapidement sa fidèle bande d’amis et décide, en tant que leader auto proclamé, d’accepter l’affaire lucrative qui leur est proposée. S’introduire par effraction, dans l’immense immeuble de leur enfance et y installer une antenne pour une radio pirate. Ils découvrent alors que le bâtiment est toujours habité par un psychopathe notoire des plus détestables.

 

 

Nous nous rendons vite compte qu’outre un premier rôle très attachant, le véritable personnage principal de Comedown est en fait cette infrastructure aussi impressionnante que terrifiante. C’est dans les bonus du DVD que l’on apprend que cette bâtisse est totalement virtuelle et que les intérieurs sont eux aussi fictifs - exclusivement conçus en studio - ce qui ne se perçoit jamais à l’écran et demeure criant de réalisme. Au premier coup d’œil, les films The Raid, [Rec] ou encore La Horde nous viennent immédiatement à l’esprit, que ce soit dans l’exposition grandiloquente de cet immeuble comme dans le traitement des courses poursuites dans ses nombreux couloirs. Là où Comedown se différencie des multiples références dont il s’inspire, c’est dans les ambiances, ses multiples pièces et ses appartements précaires. L’éclairage change alors, laissant place à des teintes ocres, parfois orangées tirant sur le marron. Le tout inhibe ces lieux, à présent squattés par des pigeons. Au final une mise en scène soignée et efficace grâce à différents jeux d’éclairages installe un climat oppressant proche des deux Hostel de Tim Roth.

 

 

Le réalisateur Menhaj Huda, fait tout ce qui est en son pouvoir pour accentuer le réalisme de son film. C’est notamment le cas grâce à un casting audacieux qui met en scène une bande de jeunes acteurs quasiment inconnus, au jeu aussi mature que juste. Ils n’incarnent pas une caricature grotesque et insultante des jeunes banlieusards, mais plutôt la mise en avant d’une nouvelle classe sociale en y incorporant ses travers, mais aussi ses traits plus matures, consciencieux et volontaires. Un traitement que l’on aimerait voir plus souvent, la génération La Haine n’étant plus d’actualité… Mais tellement plus vendeur en salles. La bande-son originale suit cette logique, et au lieu de nous injecter un hip-hop dit « hardcore » racoleur et pourri de haine, nous expose des sonorités électros jouant sur des mélanges d’infra-basse et de résonances métalliques. L’habillage sonore s’égare parfois sur des sentiers bien plus Dubstep, mais demeure cohérente et jouissive. De cette approche réaliste, le réalisateur nous déroule une trame à l'ambiance « maison hantée » et nous amène progressivement vers un style « slasher movie » bien plus nerveux.

 

 

Mais tout n’est pas rose dans le monde des lascards car l’implication du spectateur est handicapée par cette mignonne, mais peu attachante – voir démagogique – histoire du pèlerinage freudien qui mène le jeune adulte pré-pubère au vieux con pré-sénile. Le rythme général du métrage aurait pu, lui aussi, être perfectible si l’influence de Hostel et de ses effets gore ne s’était pas intercalée entre le film d’ambiance et le « torturer-movie ». Ainsi la transition entre les différents genres se fait sans heurt et maintient une action permanente tout au long du métrage. Comme lors du passage obligé, relatif à ce genre d’essai, des narcotiques et autres alcools frelatés. Là où certains extrapolent les effets de ces produits – Mushroom, The Nurse –, Comedown et son réalisme développe de véritables expériences très proches de la réalité. Les déchirés lambda ne peuvent sortir du contexte festif pour prendre en considération toute la tragédie qui se déroule autour d'eux, tandis que notre héros, défoncé à l’insu de son plein gré, plonge dans un bad trip paranoïaque très communicatif. Le tout appuyé par un changement de mise en scène, d’exposition de décor ou de plan, d’éclairage, de bande-son et de filtre.

 

 

Cette excursion dans le traitement des références liées à l’horreur en général, se déroule sans que l’ont s’en rende réellement compte. Tel un escalier mécanique cinématographique, nous sommes transportés d’un étage à un autre dans cette immense cité qui s’avère, en fait, être un immense témoignage d’amour au cinéma de genre. Vous l’aurez bien compris, il s’agit d’une œuvre rare et aboutie, qu’il est dommage de ne pas pouvoir apprécier en salle, car sortie directement en DVD. Véritable défonce immersive dans l’horreur, Comedown est un substitut efficace à [Rec], Hostel et Haute Tension, mais en une seule prise.

Auteur : MARC D'OC

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Votre réponse :

TheNightwing 27-01-2014
Je crois qu'il y a une petite coquille. Eli Roth est le réalisateur d'Hostel et non pas Tim Roth ;-)

 

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