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Critique Constantine

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Et encore une adaptation de comic. Constantine ne propose pourtant pas de super héros en collants. Hellblazer – le nom de la version papier – narre les enquêtes paranormales de John Constantine, sorte de Dylan Dog, sans l'humour loufoque. Face à la consternation provoquée par certaines trahisons cinématographiques – Daredevil, Catwoman Fantastic Four – on aurait pu craindre le pire avec un film mettant en scène Monsieur  « j'ai une unique expression à mon registre », Keanu Reeves, tout juste auréolé du succès des Matrix. Mais en dépit d'un polissage des plus irritants, le résultat se laisse regarder et même apprécier.

 

 

John Constantine, extralucide anticonformiste qui a littéralement fait un aller-retour aux enfers, doit aider Katelin Dodson, une femme policière incrédule, à lever le voile sur le mystérieux suicide de sa sœur jumelle. Cette enquête leur fera découvrir l'univers d'anges et de démons qui hantent les rues du Los Angeles d'aujourd'hui. Résumé ainsi, on pourrait craindre le pire. Mais le prologue et la première scène impliquant John Constantine rassurent l'incrédule qui s'attendait à un nanar grandiloquent. Dans un immeuble peuplé d'immigrés qu'on imagine cubains, John Constantine entame une courte lutte contre un démon possédant une petite fille. Rythmée, baignant dans un climat de fin du monde, la séquence promet quant à la suite du film, qui malheureusement ne tiendra pas ses engagement sur la longueur. En effet, Constantine s'avère distrayant sans être particulièrement énergique, le réalisateur préférant prendre un aspect film noir qui rapproche son travail du chef d'œuvre cinématographique de Clive Barker, Le maître des illusions. Tout comme Barker, Lawrence mélange enquête et paranormal, êtres démoniaques et humains dépassés par les événements. Et tout comme chez Barker, on retrouve dans Constantine un homme situé entre les deux, un détective de l'étrange, thème cher à la bande dessinée et au roman – Dylan Dog, Martin Mystère, Harry d'amour chez Clive Barker  –  mais qui souvent au cinéma ne réussit pas faute de talents impliqués.

 

 

La principale force de Constantine est son sérieux assumé. Si humour il y a, c'est par certains décalages comme ce Diable à l'esprit malin, où ses sbires magnant un certain comique démoniaque. D'ailleurs, le héros lui-même est la représentation même de cette déliquescence visible. Se profilant comme un personnage sur le fil du rasoir, ce dernier est condamné à l'enfer suite à un suicide raté pendant une enfance marquée par l'apparition d'esprits et voit sa fin approcher, atteint qu'il est par un cancer des poumons. Tout comme celle qui va l'accompagner dans son investigation, qui a passé sa vie à réfuter ses talents de médium, tandis que sa sœur en était atteinte plus violemment. Dans Constantine, rien n'est blanc ou noir. Les anges peuvent être les pires des pourritures, tout comme les démons faire preuve de commisération. Un bon point pour un film, qui de toute évidence et de manière prévisible doit nous amener à une confrontation finale, qui elle, tiendra toutes ses promesses, avec une ironie latente des plus bienvenues. Curieusement, les meilleurs moments du film se révéleront les plus calmes, ceux où John Constantine dévoile ses faiblesses notamment. De même, le prêtre aidant Constantine entraîne une certaine tendresse chez le spectateur. Dépassé par les événements, il se noiera littéralement dans l'alcool, témoin impuissant d'une bataille impliquant anges et démons et dans laquelle Dieu semble bien absent.

 

 

Pas mal à dire côté technique. Il faut clairement citer la photographie de Philippe Rousselot, détenteur d'un oscar pour Au milieu coule une rivière et un césar pour La reine Margot. Autant dire que son talent n'est pas feint. Les effets spéciaux ne se distinguent malheureusement que par une seule chose, leur médiocrité. En effet, entièrement en images de synthèse, on passe du pire – certains démons, les visions de l'enfer – au pas trop mal – les anges –. La musique est pour sa part particulièrement anecdotique, ce qui au moins ne gâche rien, à défaut de l'améliorer. Les acteurs semblent assez impliqués, notamment un Keanu Reeves parfait dans le rôle, car on ne lui demande pas de verser dans le mélodramatique, ce qui vu ses talents d'acteurs aurait paru inconsidéré. A ses côtés on découvre un tout jeune Shia Leboeuf et on se régale des apparitions de Djimon Hounsou, Peter Stormare en Diable, ou Tilda Swinton en ange Gabriel des plus fourbes. Toute cette troupe est plutôt bien menée par le peu délicat Francis Lawrence qui massacrera dans les années à venir le roman de Richard Matheson, Je suis une Légende.

 

 

Faisant à la fois penser à Clive Barker mâtiné d'un soupçon de Prophecy – l'excellent film de Gregory Widen – avec une pincée de Dylan Dog, ce Constantine à la sauce hollywoodienne est une assez bonne surprise. Baignant dans une atmosphère des plus intéressantes et assumant son côté comics jusqu'au bout, le film de Francis Lawrence est un bon divertissement.

Auteur : TONTON

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