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Critique Creep

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L’existence d’une potentielle vie humaine dans les ramifications du métro  a quelque chose de passionnant et de résolument efficace en matière de production horrifique. Un fait d’autant pus étonnant qu’il a été avéré, plusieurs centaines de sans-logis ayant élus domicile dans les lignes désaffectées des installations new-yorkaises. Malgré cette réalité, Creep prend pour sa part racine dans un pitch plus fantasque, mais utilise à bon escient la fascination suscitée par son décor pour s’imposer comme une œuvre de trouille particulièrement bien menée. Bien qu’encore inconnu au bataillon, Cristopher Smith effectue avec ce premier long-métrage une entrée remarquée dans le domaine. Réalisateur discret, ce dernier signe ici un film personnel et foncièrement original.

 

 

Cinéaste d’origine anglaise, thématiques proches, Creep n’est pas sans évoquer l’excellent The Descent, qui marquera quelques mois plus tard un détour plus marqué par la case box-office. Pourtant, le film porté par un Smith vraisemblablement impliqué à tous les stades de la conception s’avère tout aussi recommandable et inspiré. Sur une base simpliste au possible - l’héroïne s’endort et se fait enfermer sur le quai d’une station, qui devient rapidement le terrain de chasse d’une étrange créature -, le jeune réalisateur parvient cependant à éviter le film de monstre lambda et déroule son scénario en faisant preuve d’un réel attachement à l’ambiance et à l’épaisseur de ses personnages. Loin de se limiter à une succession de scènes chocs, Creep table au contraire sur un développement assez lent mais joue de tous les éléments mis à disposition par son décor cauchemardesque pour installer la crainte. L’aspect obscur et suintant des labyrinthiques boyaux du métro londonien se montre en effet propice à l’émergence de la peur ancestrale de l’enfermement et de l’égarement en milieu hostile et confiné, donnée que Cristopher Smith emploie à merveille pour instaurer à son récit une tension continue ainsi qu’une claustrophobie particulièrement angoissante. La semi-pénombre permanente des lieux, particulièrement bien rendue par l’éclairage crépusculaire de Danny Cohen,  permet un jeu de chat et de la souris soumis à une imprévisibilité constante, la créature ayant loisir de jaillir des recoins à tout moment.

 

 

Si le jeune réalisateur aurait pu se limiter à de traditionnelles apparitions subites du monstre en forme sursauts permis par des effets de lumières faciles et attendus, ce dernier s’aventure sur des terrains plus difficiles et amène la peur jusque dans les couloirs les plus rassurants nimbés d’un éclairage clair et clinique. Le sentiment de danger reste durablement greffé au métrage du fait d’un emploi des sons particulièrement maitrisé  - les cris de la créature, la musique atmosphérique et grinçante composée par The Insects - ainsi que par une  réalisation traduisant constamment l’urgence du moment. Au plus près de ses acteurs, Cristopher Smith emballe son film en usant quasi-exclusivement de caméra épaule, tout en évitant soigneusement les écueils souvent inhérents à ce type de choix artistiques. Légèrement tremblotants, les plans n’en deviennent pas pour autant illisibles ou trop typés « faux-documentaire », mais permettent une plongée en apnée dans le récit - la séquence des cages immergées, fantastique -. Ultime pied de nez à un genre qu’il maitrise pourtant à la perfection, Smith opère dans le dernier acte de Creep à un changement de cap surprenant, véritable point de départ à une montée en puissance dantesque, aussi bien dans l’horreur que dans l’émotion. Alors que son œuvre semblait s’orienter vers un classique mais efficace empilement de poursuites et de dézinguages dans le noir, le réalisateur fait le choix de sortir ses protagonistes de la pénombre et de dévoiler son monstre cauchemardesque. Creep verse alors dans un domaine plus marqué film de monstre old-school, à l’ambiance légèrement moins éprouvante mais faisant en contrepartie preuve d’un travail esthétique sombre et envoutant.

 

 

Car si le film gagne en luminosité ce qu’il abandonne en mystère - bien que Smith ne choisisse habillement de ne jamais révéler explicitement l’histoire de sa créature -, Creep ne retombe à aucun moment et s’autorise même quelques séquences à la fois glauques et poétiques. Les appartements du Creeper transpirent la poisse, et la beauté des teintes jaunes-vertes des lieux fulminent dans une séquence de mise à mort hallucinante de puissance - Kelly Scott, toujours juste - et parvenant à rendre la figure monstrueuse de l’histoire étonnamment attachante. A travers le jeu remarquablement habité de Sean Harris, le Creeper s’impose ici comme une figure respirant la tristesse et l’abandon. En adoptant une démarche animale, Harris apporte une bestialité brute à son personnage, tout en s’appliquant en parallèle à développer une certaine sensibilité ainsi qu’une perdition touchante. A l’instar des autres personnages de l’histoire, le Creeper s’installe comme une véritable victime, condamnée à répliquer de façon grotesque les actions enregistrées dans un lointain passé. La présence magnétique de la créature et la découverte partielle de ses tristes origines éclipseraient presque dans ce dernier tiers une Famka Potente pourtant redoutable de présence à l’écran.

 

 

Capturé d’une main de maitre, Creep dérive d’une base convenue mais efficace vers un développement malin et original. Furieux dans le fond comme dans la forme, le premier essai cinématographique de Cristopher Smith est une œuvre tendue et percutante. Un véritable électrochoc, qui n’a jamais besoin de lorgner vers un gore tape à l’œil pour imposer toute l’horreur de ses situations.

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