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Critique Crimson Peak

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Crimson Peak signe le retour tant attendu du réalisateur Guillermo Del Toro - Hellboy, Pacific Rim, Le Labyrinthe de Pan - à son registre de prédilection, l'horreur. Partant d'une simple histoire de maison hantée, il signe un conte  gothique visuellement sublime dans lequel transparaissent toutes ses obsessions. 
 
 
 
 
 
 
Guillermo Del Toro est un réalisateur aux multiples talents - producteur, scénariste, écrivain... - qui s’amuse à sauter d’un genre à l'autre depuis le début de sa carrière. Ces changements réguliers de style n’affectent en rien les qualités intrinsèques de ses œuvres. Il est aussi un grand maniaque du détail à la limite du perfectionnisme d’un Katsuhiro Otomo ou d’un Hayao Miyazaki. C’est dire. De l’horreur pure de Cronos en 1993 au fantastico / sexy de Mimic en passant par L’Echine du Diable et ses nombreuses récompenses, notre touche-à-tout mexicain se lance ensuite dans l’adaptation au cinéma de plusieurs comics. Il aurait pu rester cantonné dans un style qu’il maîtrise et où il était respecté de tous, mais il se s'engagera tête baissée dans l’adaptation de Blade 2 qui surpassera - et de loin - le premier volet. Suivra un autre comic book qui le passionne - voire l'obsède - depuis longtemps, Hellboy et sa suite quelques années plus tard. Encore un petit saut dans l’horreur teintée des œuvres des frères Grimm et du conte de fées avec le somptueux Labyrinthe de Pan, très proche d'Alice au pays des merveilles. Il est alors temps pour lui de faire un énième grand écart artistique : Pacific Rim, superproduction US de Mecha warrior - robots géants -, une adaptation officieuse du légendaire Mobile Suit Gundam avec une touche de Godzilla. Énorme succès en salles, le second est d'ailleurs chantier. La filmographie foissonnante de Guillermo Del Toro souligne à quel point le cinéma actuel manque de projets fous, franchement assumés. Avec Crimson Peak, il démontre que l’on peut faire des films d’horreur sur des maisons hantées sans être chiant comme la mort.
 
 
 
 
Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : prends garde à Crimson Peak. Marginale de par sa fâcheuse imagination, Edith est tiraillée entre deux prétendants : son ami d’enfance et le docteur Alan McMichael. Il serait dommage de visionner ce long métrage sur un support de mauvaise qualité : à la poubelle les screeners pixelisés et autres DivX dégueux. Les décors sont splendides, les cadrages précis, les couleurs étincelantes et le tout se voit appliqué sur des enchevêtrements de bois vermoulus tellement baroques que l’on se croirait dans du steam punk. Le mot gothique prend ici tout son sens. Mais les apparitions fantomatiques ne sont pas en reste. Guillermo ne suggère que rarement ses monstres et préfère une exposition au grand jour de son bestiaire. Ses créations sont toujours des réussites à tel point que Peter Jackson gardera ses concepts arts dans Le Hobbit, sur lequel Del Toro avait travaillé lors de l'élaboration du projet. Le manoir de Crimson Peak est au centre du récit et l'épicentre de toutes les intrigues, l’origine de tous les maux. Un environnement somptueux où chaque élément est a sa place, où chaque reflet, chaque ombre à un sens. On retrouve ici le cachet du réalisateur qui fait que le métal n’est jamais brillant, mais terne ou usé par la rouille, le bois est brûlé par endroits. On baigne dans l’ocre, le doré et les candélabres qui auraient bien besoin d’être lustrés. Mais le choix des filtres et des palettes de couleurs s'étendent encore plus loin en virant au rouge criard et au blanc lumineux. En effet, le manoir de Crimson Peak s’enfonce peu à peu dans une sorte de boue molle et rouge sang, comme happé par les enfers, le tout déposé dans un paysage où la neige tombe en permanence. Cet environnement est à l’image de son actrice principale au teint laiteux, le corps drapé d'une robe blanche. Un semblant de l’immaculée conception, plongée dans l’antichambre du diable.
 
 
 
 
Décrire toute la beauté de Crimson Peak, la maîtrise de la mise en scène ou bien encore la magnifique musique qui l’accompagne pourrait prendre beaucoup de temps. C’est en quelque sorte un film de l'industrie Hammer en version 2.0. Le grand problème réside smalheureusement dans son histoire, malheureusement bien fade. Simpliste au possible, elle ne s’attarde que sur son quatuor amoureux, point de jonction de toutes les émotions du lieu. Puis elle se meurt dans un mini twist - rien à voir avec une danse pour nain - prévisible et inutile. Une histoire de fantômes lambda, mais heureusement portée par un casting de circonstance, juste dans son jeu. Les acteurs semblent comme moulés dans ce décor majestueux et cauchemardesque à la fois. Del Toro nous a prouvé par le passé qu’il aimait les récits d'époque, mais qu’il appréciait par-dessus tout les tordre pour mieux les faire basculer dans les méandres de l’horreur. À la lumière de cette observation, on s’aperçoit rapidement que ce film est quasiment une relecture, dans un autre lieu, un autre temps et une autre dimension de ses anciens projets. En même temps, sa série The Strain est aussi un patchwork de toutes ses œuvres condensées en une seule. Guillermo garde la griffe qui a fait son succès, en dehors de sa grande maîtrise de la caméra et du cinéma au sens large du terme. Ici, point de flash-back, pas de rêves et de personnages en sueur qui se réveillent en sursaut, pas d’hallucination propices à nous induire en erreur. Ce qui se passe dans ce manoir est réel. La tension est maintenue et le spectateur reste bien accroché à son siège de peur qu’une tragédie se déroule devant ses yeux.
 
 
 
 
Oui, Crimson Peak est un film de maison hantée classique avec des fantômes que l’on voit bien à l’image, et ce pour notre plus grand plaisir. Tous les clichés du genre y sont réunis : milieu bourgeois d’un autre siècle, grande demeure gothique, ambiance glauque... Mais la beauté globale du métrage ainsi que son rythme soutenu - dont un climax plutôt gore - rattrapent un scénario léger et une histoire sans rebondissements notables, voire sans intérêt. Il ne s'agit certainement pas du meilleur film de Guillermo del Toro, qui reste plus efficace lorsqu’il s'approprie un genre plutôt que quand il en fait une adaptation pure et dure. Nous sommes devant un hommage maîtrisé de bout en bout et un dépoussiérage des plus jouissifs, et ce malgré son histoire inintéressante. 
 

Auteur : MARC D'OC

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