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Critique Dagon

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H.P Lovecraft, pourtant maître incontesté de la littérature fantastique, n'a jamais été très populaire au cinéma. Bien qu'il ait inspiré des œuvres majeures – on peut penser à la Trilogie de l'Apocalypse de Carpenter –, on retrouve souvent son nom associé à de petites séries B qui passent généralement inaperçues. Chaque nouvelle offrande cinématographique apparaît donc salvatrice pour tous les adorateurs de Cthulu, bien que cet enthousiasme soit souvent doublé d'une certaine méfiance. Et quand un vieux briscard comme Stuart Gordon se permet de nous livrer un métrage estampillé Dagon, on se met à prier les Grands Anciens. Apparemment, ils nous ont entendu !

 

 

Dagon est le quatrième long métrage de Gordon inspiré de l'univers de l'écrivain américain, après Re-Animator, From-Beyond et Castle Freak. A noter également qu'on retrouve à la production Brian Yuzna, ami et collaborateur de longue date de Gordon. Mais bien que le titre fasse référence à la nouvelle éponyme, le film s'inspire principalement d'un autre récit emblématique du Maître de Providence : Le cauchemar d'Innsmouth. Au niveau de l'histoire, on suit Paul et Barbara, en vacances sur un bateau avec un couple d'ami. Arrivés au large d'un petit village espagnol, Inbocca – hispanisation littérale de Innsmouth, « in the mouth » –, le bateau essuie une tempête et finit par s'écraser sur des rochers. Paul et Barbara décident de se rendre dans ce fameux petit village chercher de l'aide pour leurs amis mal en point. Mais bientôt, ils se rendent compte que les habitants de cette charmante cité sont quelque peu étranges et portés sur le poisson…

 

 

Le métrage se tient plus dans la lignée de Castle Freak, que de Re-Animator ou From Beyond. Le ton est sérieux. Le gore y est minime. Aux bouffonneries de ses métrages eighties, Gordon substitue une mise en scène plus posée qui favorise l'ambiance et l'atmosphère. Mais elle sait se faire à l'occasion plus nerveuse et proche des corps, par exemple quand elle suit Paul tentant d'échapper aux autochtones plutôt belliqueux. Le déroulement narratif est d'ailleurs assez classique. On perçoit d'abord quelques signes étranges et inquiétants, puis à mesure que le héros découvre la véritable nature du village et de ses habitants, on voit la tension et l'angoisse monter crescendo. Mais si le monstrueux n'est plus une nouveauté au cinéma ainsi qu'en littérature, le propre de l'art lovecraftien est d'avoir magnifié la figure du monstre par le truchement d'atmosphères et d'ambiances uniques. A ce titre le film est une réussite. Il arrive fort bien à retranscrire cette ambiance lovecraftienne si particulière. A l'étrangeté se succède l'horreur et la paranoïa. A noter également que le village participe beaucoup à l'ambiance. Tout est sale et poisseux, à l'abandon, baigné par une pluie constante. Les rues fourmillent d'hybrides aux borborygmes inquiétants. On peut noter à ce propos la très bonne utilisation de ces créatures hybrides mi-homme mi-Profonds – race lovecraftienne aussi nommée Ceux-des-Profondeurs – dans la première partie du film, où ils apparaissent de manière fugitive dans les rues, créant ainsi un certain malaise. Cela reste un procédé assez classique dans les films de cet acabit que de dévoiler dans un premier temps la menace de manière sporadique et ponctuelle, mais c'est ici extrêmement à propos par rapport à l'univers lovecraftien.

 

 

Mais tout n'est pas parfait, loin de là. Comme à l’accoutumée chez Gordon, on manque d'argent et ça se voit. Les divers effets physiques s'en sortent à peu près mais les effets numériques, quant à eux, sont assez catastrophiques. C'est laid et mal incrusté. Dans un film qui repose avant tout sur l'ambiance, de tels écueils se révèlent être quelque peu dommageables, car ils peuvent faire sortir le spectateur du métrage par leur grossièreté. En outre, tonton Stuart nous gratifie de quelques scènes plutôt dispensables. Si le flashback explicatif du film est réussi, la scène où un personnage se fait « dévisager » – comprenez qu'un type a pris sur lui de lui découper le visage – fait un peu tâche eu égard à l'ambiance du reste du métrage. Cette effusion de sang n'est pas très lovecraftienne. Par ailleurs ce penchant « leatherfacien » des habitants à découper des visages et à les revêtir, se justifie également assez mal par rapport à Lovecraft, même si à l’évidence cet élément est surtout présent pour ajouter au caractère malsain des hybrides. Ces quelques peccadilles à l'égard du Mythe – on peut également entendre à l'occasion des gens qui psalmodient quelques prières à l'adresse de Dagon en ne citant exclusivement que Cthulhu – pourra rebuter les amateurs de Lovecraft, mais il serait vraiment dommage de laisser ces coquilles gâcher un métrage plutôt convainquant.

 

 

Car ce qu'on retiendra au final, c'est avant tout cette ambiance vraiment poisseuse et inquiétante. Stuart Gordon montre qu'il sait être efficace dans l'économie – tendance qui se concrétisera magistralement avec l'excellent Edmond – bien qu'il subsiste quelques une de ses habitudes : du gore et du sexe en l’occurrence. Dagon est un film sincère, bien qu'imparfait. On lui pardonne volontiers ses quelques fautes de goûts ou ses acteurs pas toujours convaincants, pour se laisser happer par son ambiance très réussie.

Auteur : CURWEN

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