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Critique Daybreakers

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Tourné sous la forme d’un délire sur-vitaminé de geek azimuté, le déjanté Undead avait su démontrer de la capacité des frères Spierig à monter un long-métrage solide et professionnel avec les moyens du bord. Cartes peu passionnant sur la longueur, ce premier projet laissait surtout présager du fort potentiel des deux jeunes cinéastes à imprimer sur bandes des séquences d’action inventives et bien rythmées. Annoncé par un premier trailer redoutablement prometteur, la nouvelle réalisation du binôme s’inscrit pourtant à la surprise générale dans un tout autre registre.  Mieux : résolument premier degré, Daybreakers injecte même une sévère dose de sang neuf dans un registre mis à mal par des Twilight en forme de purs produits pour teenagers.

 

 

Comble de l’ironie, le héros de Daybreakers se voit affublé du même patronyme que le dernier icône en date côté adolescentes. La comparaison s’avère pourtant bien là. Le dernier né des frères Spierig est une œuvre sombre, violente, et plutôt habille dans sa conception cinématographique d’un mythe usité jusqu’à la moelle. Totalement détaché de l’aspect antique et romantique du film de vampires habituel, Daybreakers inscrit son contexte dans une atmosphère futuriste originale et propice à démultiplier la puissance noire et glauque du scénario. Les deux réalisateurs placent en effet leurs protagonistes à une époque charnière, l’humanité ayant presque intégralement été vampirisée et ne pouvant plus subvenir à ses besoins nutritifs suite à la quasi-extinction de l’espère humaine. Privés de sang, les plus démunis commencent à muer vers une forme animale dénuée de toute capacité de réflexion, ce nouvel ennemi permettant aux Spierig d’insuffler à leur métrage une tension permanente et d’éviter toute notion de manichéisme. Chaque clan ici lutte pour sa propre survie, sans pour autant se voir mené par une quelconque notion de bien ou de mal. En témoigne un hallucinant charnier final au cours duquel les humains, jusque ici désignés en victimes passives, restent impassibles et insensibles au déferlement de violence s’abattant sur la nation adverse. Audacieux dans sa conception de la lutte vampires / mortels, Daybreakers mixe parallèlement les influences pour aboutir à un résultat assez détonnant. Entre film de survie, en partie inhérent au côté pré-apocalyptique du scénario, et vampire movie plus conventionnel, le métrage se pare d’une réelle personnalité et ose une fusion classique / moderne qui confère à l’ensemble un indéniable cachet.

 

 

Daybreakers respecte en effet les codes tout en évitant les clichés, les goules des frères Spierig restant sensibles aux armes habituelles - flèches, soleil - mais demeurant cependant tenancières de leur ancienne personnalité suite au changement. Un détail qui permet d’éviter de sombrer dans un affrontement bons / méchants et offre au scénario la possibilité d’exposer un petit chapelet de vampires ambigus, à l’instar d’un Edward Dalton - Ethan Hawk -  sensible et pétri de doutes. Loin de limiter leur projet à un simple actioner gore et stylisé – clause que le film remplit cependant avec brio –, les frères Spierig se permettent de creuser leurs protagonistes et dépeignent quelques abonnés au sang furieusement humains et intéressants dans l’imprévisibilité de leurs comportements. Un traitement des personnages d’autant plus passionant qu’il se voit renforcé par un casting quatre étoiles, notamment du côté second couteaux. Car si Ethan Hawk s’investit pleinement dans son interprétation du ténébreux Edward, c’est bien les caractères antagonistes du rigolard Elvis - Willem Dafoe - et de l’industriel Charles Bromley - Sam Neil - qui imposent leur charisme. Bien qu’héritant d’un rôle partiellement bardé de clichés – difficile de ne pas voir dans ce dernier une caricature grossière des chefs d’entreprises américains les plus influents – Neil se montre monstrueux de présence et marque un retour fracassant dans le genre, près de treize ans après Event Horizon.

 

 

Daybreakers reste cependant avant tout articulé autour de ses nombreux rebondissements, et se montre à ce niveau bien loti en matière de séquences explosives, de plus capturées avec toute la sobriété nécessaire. Sans lorgner dans les ralentis abusifs à la mode ou dans le sur-découpage épileptique, les Spierig shootent avec lisibité quelques moments de bravoures bien épicés, mais cependant disséminés au long du métrage avec une relative parcimonie. Quelques séquences musclées en guise de suppléments n’auraient pas été de trop, le développement de l’histoire restant somme toute assez conventionnel dans son approche. Car si Daybreakers se montre globalement convenablement rythmé et relativement pétaradant, le tout accuse malgré tout de rares et occasionnelles carences rythmiques. Rien que ne puisse cependant compenser l’excellente approche visuelle des frères Spierig, qui imposent au film une esthétique crépusculaire et futuriste particulièrement travaillée. Presque exclusivement tourné de nuit, le film renforce la noirceur de son propos par ses décors à la fois modernes et froids, une atmosphère clinique et brumeuse pensant sur l’ensemble des plans imprimés par les cinéastes. Les quelques longueurs passent dès lors en arrière-plan, Daybreakers s’appréciant tout autant pour son côté artistique – bien que très nettement sous-jacent – que pour des boosts d’adrénaline qui atteignent un sommet d’explosivité à l’occasion de son furieux dénouement.

 

 

Sans frôler l’excellence, Daybreakers reste un très bon divertissement, et tend même à se risquer sur des terrains nouveaux. Sans renier les fondements du genre, les Spierig adoptent un angle original du film de vampire en mâtinant de légères touches empruntées à des registres autres, notamment le film de zombie ou encore la Science-Fiction. Très efficace.

 

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Combien font : 65-7

Votre réponse :

Behlian 10-04-2011
Daybreakers va là où David S Goyer aurait dû aller avec Blade Trinity (c'est peut-être un bon scénariste mais un vrai pied en ce qui concerne la réalisation). Casting d'enfer, scénario bien ficelé et réalisation à la hauteur et qui plus est gore qui n'est jamais vraiment inutile. Peut-être un futur classique.

 

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