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Critique Dead Shadows

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Tourner un film de genre en France peut rapidement relever du défi. La plupart des artistes le constatent souvent à leurs dépens, les œuvres horrifiques sans concessions se voyant plus ou moins boycottées par les grands complexes cinématographiques. Les plus doués – Alexandre Aja, Julien Maury et Alexandre Bustillo, Xavier Gens ou encore Pascal Laugier – vont de ce fait exercer leurs talents à l’étranger. Encore inconnu au bataillon, David Cholewa – directeur d’une société de distribution de métrages fantastiques et horrifiques – se lance dans l’aventure avec Dead Shadows, une micro-prod’ parfois maladroite mais pavée de bonnes intentions.

 

 

Le postulat initial est plutôt ambitieux, voire extrêmement ambitieux pour un film indépendant. Bien que limité par une enveloppe budgétaire plus que restreinte – 150 000 euros  –, Cholewa adapte mixe film de monstres et post-apo au sein d’une intrigue purement Lovecraftienne. Les gamers les plus hardcores penseront immédiatement au superbe point’n’click Shadow of the Comet, distribué au début des nineties par Infogrames, les aficionados de cinéma bis à The Mist, adaptation réussie de Stephen King bénéficiant de tout le voir-faire de Franck Darabont. Dead Shadows s’articule en effet autour d’une idée plus ou moins usitée : lors du passage dans l’atmosphère terrestre de la comète de Halley, certaines personnes commencent à agir étrangement. Embarqué à une « apocalypse party » par une voisine fraichement rencontrée, le geek Chris doit faire face à un chaos naissant afin d’espérer survivre. Simple, efficace. David Cholewa s’affranchit d’un film de bestioles mutantes dans la plus pure tradition du genre, ses personnages déambulant dans un Paris dévasté en affrontant une série d’abominations tentaculaires. Si la légèreté du fond n’est pas en handicap en soit, l’aspect résolument bâclé des dialogues et des personnages inscrit malheureusement plus ou moins l’œuvre dans le Z qui tache dur.

 

 

Dead Shadows fait preuve d’une véritable générosité et d’un appréciable respect des codes du genre. La démarche est courageuse, Cholewa livrant ici un bout de péloche sans concessions dans son approche du gore. Relativement osé mais jamais gratuit, le métrage accumule les séquences bien cradasses et dérangeantes, peuplées de monstres originaux. Malgré un manque de moyens évident, le spectacle se montre plutôt copieux en la matière. Les bestioles numériques sont bien digitalisées, Dead Shadows proposant des fusions humaines / aliens numériques qui font parfaitement illusion. L’aisance visuelle affichée ici ne comble pourtant pas totalement les carences d’un script visiblement torché à la va-vite. Le métrage patauge à de trop multiples reprises dans des dialogues n’importe-nawak, vides de sens voire involontairement comiques – l’intervention du père et de sa lunette astronomique semble à ce titre presque irréelle –. Il reste dès lors plutôt difficile de s’attacher véritablement aux personnages, brossés sans grande finesse au cours d’une première moitié mollassonne, creuse et partiellement torpillée par une interprétation parfois gênante. La suite comble  en déroulant de l’horreur / action en veux-tu en voilà. Pas très subtil, mais bien rythmé.

 

 

Dead Shadows doit son existence à un fantastique élan d’amateurs passionnés. Si le tout fonctionne remarquablement bien sur le plan des effets spéciaux, le métrage est nettement moins convaincant en ce qui concerne les acteurs. Certains intervenants sont en effet complètement à côté de la plaque, voire extrêmement irritants. La médiocrité des dialogues conforte quelques seconds-couteux dans un sur-jeu qui devient rapidement gonflant. David Cholewa emballe le tout dans une esthétique vidéo de prime abord assez-déroutante. Baigné dans un éclairage particulièrement cru, le métrage affiche un habillage proche du docu-fiction qui pourra représenter un frein à l’immersion. Un constat par ailleurs renforcé par un travail de post-production sonore parfois limite, bon nombre de bruitages s’avérant exagérés ou invraisemblables. Dead Shadows reste malgré tout parfaitement lisible, Cholewa faisant preuve d’une véritable fluidité dans ses mouvements et n’usant de la caméra épaule qu’avec une relative parcimonie.

 

 

Dead Shadows est une œuvre généreuse, passionnée, intéressante sur bien des aspects. Pour autant, le métrage de David Cholewa peine à convaincre sur toute la longueur. Si certains défauts techniques ou artistiques sont aisément excusables au vu du petit budget de l’entreprise, le peu de soin apporté à l’histoire l’est beaucoup moins. Dommage. Le film reste cependant une véritable curiosité dans le paysage culturel Français, et mérite à ce titre au moins un visionnage attentif.

 

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