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Critique Deadgirl

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Sujet casse-gueule par excellence, la déviance humaine se montre souvent difficile à aborder en images. Sexe, folie et ultra-violence se doivent de trouver une justification dans  une dimension critique appuyée, ou plus simplement à au travers d’un réel travail artistique. Si l’aspect le plus frontal de la brutalité tend cependant depuis quelques années à donner naissance à quelques œuvres écartant le côté purement gratuit de la chose au profit d’un travail de fond plus poussé, la dimension philosophique d’un Martyrs ne trouve pas véritablement racine dans ce Deadgirl qui pourra paraitre contestable sur bien des aspects.  Pour autant, le premier film de Marcel Sarmiento et Gadi Harel n’utilise pas son propos pour s’engouffrer dans les travers « pop-corn » de l’industrie cinématographique.

 

 

Deadgirl est une œuvre bancale, parfois incompréhensible, mais transcendée d’une sévère volonté d’arpenter des horizons cinématographiques résolument anti-conventionnels. En abordant le sujet tabou de la déviance sexuelle et en mâtinant le tout d’un background aux enluminures de zombie flick, les réalisateurs s’orientent dans une voie à la fois osée et originale, mais surtout totalement personnelle. Marcel Sarmiento et Gadi Harel se mettent volontairement en danger, et posent sur bandes une œuvre en forme de suicide commercial, le développement adopté se montrant tortueux, arty, incroyablement sombre et désespéré. Dépouillé à l’extrême mais percutant, le script de base met ainsi l’humanité face à ses propres démons. A travers ses adolescents dégénérés ainsi que d’une femme zombie amenée à devenir l’objet des fantasmes les plus pervers de certains protagonistes, Deadgirl véhicule un regard particulièrement sévère sur une génération déconnectée des réalités. Rejetés et ne répondant pas aux critères de réussite véhiculés par les médias, les « underdogs » dépeints dans le métrage de Sarmiento et Harel laissent transpirer un mal-être et un détachement conférant à Deadgirl un aspect horrifique qui ne se traduit jamais dans sa violence graphique. Aux débordements gores, les réalisateurs privilégient un réalisme brut teinté d’une pornographie sous-jacente. Car bien que faisant abstraction d’une structure narrative rythmée et de véritables rebondissements d’ordinaires indispensables, Deadgirl parvient pourtant à instaurer un ambiance glauque, indiscutablement malsaine, mais parallèlement terriblement captivante. 

 

 

Cette volonté de privilégier une tension sexuelle particulièrement addictive au détriment des éléments habituels aux films de genre se traduit ici par une sous-exploitation volontaire des éléments fantastiques. Si Deadgirl implante les racines de son développement dans un pur terreau fantaisiste,  le métrage ne verse jamais dans le film de contamination vu et revu et n’aborde cette composante qu’avec l’unique objectif d’amorcer la déviance des personnages. Assez rare pour être souligné, l’œuvre de Marcel Sarmiento et Gadi Harel ne laisse filtrer aucun rayon de positivisme, et opte pour un traitement viscéral jusque dans la figure la plus rationnelle de son scénario. L’absence de héros  - le premier rôle masculin reste ici incapable de s’engager pleinement dans la voie du bien - et le cliffanger final agissent en ultimes preuves de la noirceur de l’œuvre et traduisent de la radicalité de la vision du monde de ses géniteurs. Deadgirl est un film dérangé et sans espoir, l’étude de mœurs opérée sur la population adolescente actuelle transpirant d’une violence psychologique flirtant même à quelques occasions avec le difficilement justifiable. Le tout reste cependant étonnement compréhensible, en partie grâce à la maitrise des hors-champs, qui privilégient l’impact du son et des floutés aux séquences de sexe explicites.

 

 

L’aspect sulfureux et poisseux du métrage est en effet d’autant plus efficace qu’il se traduit par un travail artistique particulièrement soigné. Malgré ses moyens limités, le film emplit ses objectifs avec un talent qui lui évite avec brio l’écueil de la série B, et adopte une réalisation sobre baignée dans un éclairage crépusculaire des plus envoutants. L’aspect claustrophobe inévitable aux nombreuses scènes capturées dans les couleurs de l’hôpital impose de plus un casting réduit, mais composé de jeunes espoirs ne versant jamais dans un sur-jeu grand-guignol qui était pourtant à redouter face à la folie soudaine de certains protagonistes. Le jeune Noah Segen, qui compose le personnage le plus complexe et déviant de la bande, témoigne d’une grande justesse et s’impose plus particulièrement avec une crédibilité pourtant rare aux petites productions. L’unique défaut se profilerait presque selon la façon d’aborder cette première réalisation de ce binôme de cinéastes torturés. Car si les intentions des réalisateurs et la critique sociale particulièrement virulente émergent aux encornures, cette œuvre hors-normes n’avance jamais clairement son message. Deadgirl se voit de ce fait inévitablement condamné à une prévisible incompréhension du public, le film s’adressant de plus à une catégorie avertie d’adeptes de films certes puissants mais difficiles à visionner.  Repoussant les limites dans le fond comme dans la forme, la bobine évacue toute notion de divertissement au profit d’une liberté d’interprétation osée. A ce titre, le film de Marcel Sarmiento et Gadi Harel s’apparentera autant à un métrage vain et outrageusement poussé dans le vice et la violence qu’à un terrain propice à une certaine réflexion. Probable que le métrage ne reste pleinement déchiffrable que par ses propres auteurs, l’œuvre demeurant ouverte aux questionnements les plus divers.

 

 

A l’instar d’un Vinyan, Deadgirl est une expérience sensitive particulièrement difficile à aborder et sujette à polémique. Film expérimental ambitieux et furieusement indépendant, le métrage proposé par Samiento et Harel reste un objet filmique non identifié dans le paysage horrifique actuel. A réserver aux spectateurs désireux de s’aventurer sur les chemins épineux d’une vision torturée de l’âme humaine, et pouvant de ce fait faire abstraction de toute notion de plaisir afin d’assimiler le message brutal émanant de ce premier témoignage cinématographique.

 

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Combien font : 92-18

Votre réponse :

Malo 24-05-2014
Mouais...
Ben oublie de dire que la plupart des scènes sont looooongues et leeeentes. Expérimentation cinématographique ou scènes ch..tes ?
La plupart des acteurs ne sur-jouent pas c'est sûr...
Le doublage fr est une plaie sauf pour a crapule.
La fin est prévisible à des kilomètres.
Le seul a tiré son épingle de ce film à éviter pour ne pas perdre son temps est JT, le plus méchant, le reste est bon pour garnir la poubelle.
robuste odin 17-09-2013
ce film pose aussi violement l image que se font certains hommes de la femme ! tres eprouvant !

robuste odin 17-09-2013
tres bon article ! un film a ne pas mettre entre tous les yeux ! qui parle aussi de l adolescence de la difficultée en groupe de juger du bien et du mal ! un film captivant et derangant !

 

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