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Critique Death Race 2

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Façonné sur le canevas d’une œuvre de science-fiction avant-gardiste relativement méconnue – La Course à la Mort de l’an 2000 –, Death Race avait su s’affranchir de son étiquette de remake pour s’imposer par son tempérament explosif. Occultant le message politique et visionnaire du métrage initial, ce dernier prenait le parti-pris de recentrer son propos sur le spectacle pyrotechnique. Bien que plus consensuel que son ainé, Death Race évitait pourtant habillement l’écueil de la beauf-attitude inhérente à la présence de belles carrosseries – mécaniques comme féminines – pour se positionner en actioner simple mais buriné. Aux commandes, un Paul W.S. Anderson étonnamment performant et livrant avec fureur un enchevêtrement de courses débridées et de bastons jubilatoires. Déserteur sur cette première séquelle au profit de l’inconnu Roel Reiné, le cinéaste signe malgré tout le script de ce Death Race 2 réservé au marché vidéo. Une sortie confidentielle qui laissait présager d’un probable métrage au rabais.

 

 

Financièrement moins bien lotie que le premier opus, Death Race 2 parvient malgré tout à transcender son faible budget pour s’ériger comme un DTV étonnamment bien gaulé. Sans jamais chercher à se démarquer de la ligne de conduite instaurée par son prédécesseur, Roel Reiné livre une copie parfaitement calibrée et rondement menée, en partie grâce à un élément du script resté inexploité. Bien que le stratagème se montre usité jusqu’à la corde, le choix de la préquelle s’avère particulièrement intéressant de par le mysticisme entourant le personnage de Frankenstein, pilote masqué dont l’identité était usurpée par Jensen Ames – Jason Statham – suite à son décès. L’occasion pour Death Race 2 de revenir sur les origines du protagoniste, un brin caricatural mais honnêtement brossé, ainsi que sur la naissance de la course. Un retour vers le passé qu’Anderson orchestre avec une certaine maestria. Bien que son travail ne s’habille pas d’un véritable message contestataire, ce dernier dépeint un futur violent, chaotique et dicté par la suprématie médiatique. Une vision réaliste qui positionne une nouvelle fois le cinéaste en pourfendeur avisé du concept de télé-réalité, ici dépeint dans ses pires débordements. Moins con qu’il n’y parait, le propos s’habille d’une dimension sociologique terriblement actuelle. Probable en effet que le Death Race – dans lequel des prisonniers s’entretuent en direct pour une hypothétique future liberté – puisse représenter une manne particulièrement lucrative s’il venait à devenir réel, tant ce dernier se veut conçu en simple répondant aux pulsions primaires d’une génération aujourd’hui abreuvée à la violence gratuite.

 

 

Si sur le fond Death Race 2 ne propose rien de foncièrement nouveau – le premier volet avançant avec les mêmes idées –, le métrage de Roel Reiné lève le voile avec brio sur la genèse de la course. Loin de se limiter au vulgaire duplicata habituel, le cinéaste et son scénariste prennent le temps d’installer et de développer leurs personnages avant de véritablement donner dans le grand spectacle. Un choix gagnant, le concept de la course naissant naturellement de l’évolution et de la rencontre de deux caractères forts, Carl Lucas / Frankenstein et September Jones. Vénale et redoutable de perversité, l’investigatrice du Death Race reste l’un des personnages les mieux esquissés du métrage, Reiné développant une méchante toute en contrastes. Cupide, impitoyable mais parallèlement doté d’une beauté saisissante, cette dernière vole la vedette à un Frankenstein plutôt lisse, là ou Death Race 2 aurait probablement gagné à mettre en avant une figure d’anti-héros atypique. Paradoxalement, le traitement de Frankenstein se profile en effet comme une véritable déception. Si le réalisateur s’attarde suffisamment sur le passé de Carl Lucas ainsi que ses déboires avec le maffieux Markus Kane, sa renaissance sous la forme du pilote masqué est expédiée en deux coups de cuillère à soupe. Dommage. Un détail cependant en partie gommé par une direction d’acteurs irréprochable, le réalisateur ayant rassemblé une équipe de seconds couteaux rodés au film de genre. Charismatiques au possible, Sean Bean et l’imposant Danny Trejo cabotinent avec un enthousiasme communicatif.

 

 

Si Anderson et Reiné concèdent bon nombre de séquences à la mise en place des personnages ainsi que de l’histoire, la seconde moitié du métrage pétarade avec une furibonde insistance. Burinées à l’extrême, les courses s’habillent d’un rythme effréné hautement jouissif, le métrage lorgnant dès lors vers un esprit B épique pleinement assumé. Geek et Bad Ass jusqu’au bout des ongles, le réalisateur multiplie les images spectaculaires et livre un putain de shoot d’adrénaline nourri à la testostérone. Parfois proche du jeu vidéo – à l’instar de son prédécesseur –, Death Race 2 compile courses poursuites, mitraillages incessants, explosions et morts violentes pendant près de quarante cinq minutes décoiffantes. Un feu d’artifice épileptique et bourrin brodé sur un montage ultra-cut et renforcé par une bande-son metal heavy as hell, qui malgré la frénésie des images parvient à témoigner d’une véritable lisibilité. Techniquement maitrisé de bout en bout, Death Race 2 déballe un contenu couillu et frénétiquement jouissif, uniquement desservi par une durée globalement relativement serrée – une heure trente emballée pesée –. Court mais intense.

 

 

Sans chercher à s’affranchir d’un pamphlet vindicatif, mais néanmoins non dénué d’un certain message en trame de fond, Death Race 2 se profile comme un divertissement fracassant. Doté de quelques clins d’œil appréciables vis-à-vis du film original – Markus Kane zappant sur la scène culte de La Course à la Mort de l’an 2000 – et aidé par une excellente tenue technique ainsi qu’une très bonne interprétation, le métrage de Roel Reiné reste l’un des plus remarquables projets DTV de ces derniers mois. A consommer sans modération.

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Votre réponse :

Ice 09-06-2011
En ce qui me concerne, à voir une fois mais pas deux. On est quand même dans le domaine du médiocre, avec des défauts objectifs. Comme vous l'avez dit, ça suit le premier sans tomber plus bas. Ce n'est pas pour rien non plus que ça atterit en DTV.
TIBO 06-03-2011
Divertissante cette préquelle ! Fun et violent, à voir et à revoir.

 

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