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Critique Délivre-nous du Mal

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Scott Derrickson n'a plus rien à se prouver à lui même - par contre, tout reste à faire pour lui dans le monde du septième art - depuis la sortie de L'Exorcisme d'Emily Rose en 2005. Le succès de ce projet dans les salles de cinéma a été fulgurant, essentiellement en raison d'une campagne virale intensive, utilisant à merveille le concept de « Chatroulette » à la mode à cette époque. Mais cet engouement n'est en rien proportionnel à la qualité de son long, qui s'avère n'être qu'un « produit » purement commercial. Le réalisateur croit dur comme fer qu'il a pondu là le digne successeur de L'Exorciste, ce qui est faux. Le film est complètement bancal, mal filmé et sont aspect horrifique bien en deçà de celui de Casper le petit fantôme. Mais peu importe, les studios Hollywoodien moins intéressés par la qualité des projets cinématographiques que par leur aspect lucratif lui offrirent le remake du film de Robert Wise en 1951, Le Jour où la Terre s'arrêta. Une catastrophe de plus. Il en sera de même pour son film suivant, Sinister. Autant dire que nous n'attendions rien de son prochain long métrage. Sur ce point précis, Délivre-nous du Mal ne décoit pas une seule seconde.

 

 

La guerre en Irak n'a pas fait que des victimes sur les champs de bataille, elle a aussi permis de libérer des forces démoniaques. Ainsi des militaires de l'armée américaine sont victimes de l'attaque d'un esprit taliban, qu'ils ramènent malgré eux sur le sol de l'oncle Sam. Le sergent Ralph Sarchie - Eric Bana - quant à lui enquête dans les bas-fonds du Bronx et tombe irrémédiablement sur le démon en question. Cartésien et pragmatique, il ne croit pas aux sciences occultes mais sera vite obligé de se rendre à l'évidence et de faire appel à un rebelle de l'Église catholique déguisé en exorciste du Vatican. Scott Derrickson compter parmi de ces réalisateurs sans aucun autre talent que celui de recopier indéfiniment le peu de films qui ont forgé leurs piètres notoriétés. Ainsi et comme L'Exorcisme d'Emily Rose et Sinister, le film se déroule en trois pavés bien distincts et plus que prévisibles. Le premier chapitre introduit les personnages, le but étant de les rendre attachants alors qu'ils sont vides de sens et possèdent le Q.I. d'une star de télé-réalité. Puis vient le paragraphe de la confrontation entre le normal et le paranormal. Les incrédules sont mis face à des faits aussi inexplicables que foireux, le tout soutenu par un rythme similaire à celui d'un paresseux sous opium et de jump-scares pour enfants sensibles. Le dernier s tiers peut enfin être amorcé, ce dernier s'avérant mal pompé sur les climax de Poltergeist, Insidious et Jusqu'en Enfer. Attention spolier prévisible : Un exorciste en soutane arrive pour faire fuir le méchant esprit, accompagné d'une équipe d'enquêteurs en paranormal. Tout se termine dans le meilleur des mondes grâce à l'intervention de notre courageux héros.

 

 

Nous savons donc - et cela dès l'ouverture du film - que nous allons voir encore et toujours le même film. Pire, les acteurs sont complètement perdus dans le métrage de Derrickson. Aussi mauvais que Keanu Reeve dans le rôle de l'extra terrestre froid et insipide du Jour ou la Terre s'arrêta, Eric Bana campe ici un flic costaux et bagarreur. Avec son visage d'ange bien rasé pour les JMJ, ça passe mal à l'écran - sans parler de sa crédibilité -, alors que le curé possède lui le faciès buriné d'un motard nourrit à la bière - pléonasme? -. Pourquoi ne pas avoir interverti les rôles ? Le temps d'exposition à l'image du personnage principal justifie t-il ce choix de casting ? L'enquête pseudo-policière se déroule dans les rues sombres et malfamées du Bronx, mais encore une fois rien n'en ressort. Aucune émotion, aucun dégoût, ni même aucune crainte ne se dégagent de ces ruelles sombres. Les couleurs utilisées ont beau être globalement noires, marrons et ocrse, il n'en émane rien de plus que l'aspect clinquant d'un clip de Shakira sur MTV. Il est peut-être un peu trop tard pour faire un énième plagiat de Seven avec la grâce d'un Uwe Boll traitant une histoire d'amour. Mais peut importe, autant suivre la même recette que d'habitude. Le cinéma de Derrickson ne se résume qu'à des quotas injectés régulièrement, froidement et mathématiquement. Introduction, montée en puissance puis climax. Même si ces aspects sons traités sous la formes de blocs tout juste liés entre eux et de qualités plus que médiocres, le client occasionnel n'y verra que du feu et s'imaginera avoir bénéficié d'un film acceptable justifiant le prix de son ticket de cinéma.

 

 

Dans la directe ligné de Conjuring : les dossiers Warren et Anabelle, Délivre-nous du Mal ne s'écarte jamais de son rythme initial, et n'affiche aucun rebondissement ni accélération dans son rythme global. C'est globalement monotone et à aucun moment un soupçon d'innovation ni d'intérêt quelconque ne viendra effleurer la rétine, encore moins le cortex cérébral du spectateur. Ce qui fait que une fois le métrage terminé, on l'a déjà oublié. La seule chose que l'on comprend rapidement, c'est le sens des mots « délivre-nous » inclus dans le titre, car la véritable délivrance arrive avec le générique de fin. Impossible de se souvenir non plus de la musique, des dialogues, des scènes chocs ou même d'un petit mamelon durci par le froid et la terreur. Au moins dans les années 80, les mauvais films proposaient toujours une paire de seins.

 

 

Difficile d'en dire plus sur ce - trop ? - long métrage. Non pas parce qu'il est complexe de ne pas le spoiler, mais plutôt parce qu'il est impossible de théoriser sur l'intérieur d'une coque de noix vide. Scott Derrickson est une photocopieuse cinématographique qui nous aligne encore et toujours des projets bidon, financés par des actionnaires peu scrupuleux. Il découpe ses projets en parties distinctes et sans âmes, ces dernières se profilant comme de pâles copies de scènes clefs issues des films cultes qu'il essaie de plagier. La définition de l'art semple simple pour Derrickson. Vous prenez un Rembrandt, vous changez le cadre du tableau, et voilà. Libre à vous de voler les oeuvres de Zola, de changer les noms de tous les protagonistes, de remplacer la reliure par la votre et vous serez riche. Simple non ?

 

Auteur : MARC D'OC

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