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Critique Détour Mortel 3

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Ce qui est formidable avec la franchise Détour Mortel, c’est qu’il y a toujours quelqu’un pour s’en sortir, mais jamais personne pour alerter les autorités en place de la situation un brin inquiétante. Les mutants cannibales qui hantent les bois continuent donc de découper du touriste égaré sans être inquiétés. L’incohérence de la situation n’était après tout qu’un anecdotique détail à l’annonce de la mise en branle d’une séquelle bienvenue, tant le film originel s’était imposé comme un sympathique petit survival calqué sur le modèle Massacre à la Tronçonneuse. Détour Mortel 2 n’avait pourtant bénéficié que d’une sortie DTV, et des restrictions budgétaires malheureusement peu étrangères à une sévère baisse de qualité. Encore plus cheap dans le fond comme dans  la forme, Détour Mortel 3 annihile définitivement l’excellent potentiel dont la franchise semblait témoigner suite au premier opus.

 

 

Bien qu’outrageusement porté sur le gore cartoonesque et les situations improbables, Détour Mortel 2 pouvait se targuer de porter fièrement l’étiquette de la série B délirante au possible. Ouvert sur une scène d’introduction tonitruante, le film de Joe Lynch délaissait le côté viscéral et premier degré de l’œuvre originel pour assumer pleinement son aspect de pop-corn movie cradingue et effréné. Avec Détour Mortel 3, le nouveau venu Declan O’Brien affiche la prétention d’un retour aux sources, malheureusement grandement entaché par un traitement de fumiste qui laisse rapidement le métrage se vautrer dans un comique involontaire. Left For Dead démarre pourtant sur des bases plus ou moins convaincantes en instaurant le meurtre brutal comme politique inébranlable - pas moins de trois victimes en quasi-autant de minutes -, les mutants semblant toujours aussi imperturbables dans leur mission de découpe des autochtones égarés sur leur territoire. Malgré cette volonté louable de disperser la barbaque dès la première séquence, Détour Mortel 3 témoigne des effets foireux et autres CGI ridicules que son bien peu glorieux prédécesseur, le tout conjugué à la puissance dix. Le film de Declan O’Brien impose dès ses premiers instants le règne du latex tape à l’œil et des maquillages rapidement torchés, tant le tout peine à convaincre et confine le métrage dans une catégorie ultra-Z nanardesque. Rien n’est crédible dans cet amas de plastoc dégoulinant, à commencer par les mutants désormais exagérément difformes et jamais effrayants. Affublé d’un masque ridicule probablement conçu d’une pièce, le fils né à la fin du second opus en impose question ringardise. Les effets sanguinolents ne valent guère mieux, et si Détour Mortel 3 témoigne d’une complexité ambitieuse dans certaines mises à mort, le tout se voie systématique mis à mal par des CGI cumulant près de dix années de retard. 

 

 

Sans surprise, la technique se pare du même amateurisme et souffre d’impardonnables carences. A mille lieux de la beauté esthétique et de la maitrise du premier volet, Détour Mortel 3 est à peine digne d’un téléfilm produit par Sci-Fi Channel. Declan O’Brien emballe son métrage dans une réalisation de clochard, et habille ses images d’un éclairage abominable qui met encore d’avantage en exergue le côté carton-pâte des décors. Pas étonnant dès lors de voir le cinéaste s’éterniser plus que de raison sur les paysages boisés lassants, tant les deux uniques autres décors transpirent la reconstitution en studio digne d’un soap capturé vite-fait bien fait. Risible, à défaut de contribuer à l’instauration d’une quelconque tension. Un suspens inexistant et de toute manière royalement ignorée par un script ronflant plombé de maladresses aussi diverses que variées. Le postula de base laissait pourtant, à l’instar du second opus, présager d’un certain renouveau. Exit les ados décérébrés souvent exploités dans le genre, c’est ici une bande de rednecks en cavale qui deviennent les proies de deux mutants suite à la sortie de route du car chargé de leur transfert. La chasse aurait pu s’avérer bien corsée, si O’Brien n’avait pas témoigné d’une incompréhensible radinerie en matière de figures monstrueuses. L’un des protagonistes difformes étant éliminé en deux coups de cuillère à pot, c’est face à un unique ennemi que se retrouve confronté la fine équipe de gros bras. Ce qui n’empêche en rien le monstre, indestructible de surcroit, de couvrir des hectares de forêt et de faire preuve d’une précision millimétrique concernant la disposition de ses pièges. En plus d’avoir un GPS intégré dans le cervelet, Three Fingers bénéficie d’un talent de prédiction inné : les bagnards finissent systématiquement par poser les pieds dans ses traquenards. Si la franchise s’est originellement construit sur des éléments purement fantasques, Détour Mortel 3 fait preuve d’un irréalisme navrant et impose un méchant plus proche du terminator que des consanguins présentés par le premier volet.

 

 

Redondant au possible,  le scénario de Détour Mortel 3 se voit parsemé de détails savoureusement ridicules. Outre les dialogues d’une finesse rarement égalée, le tout positionne les protagonistes face à un démon de l’argent pour important que leur propre survie. Un pactole pour lequel ces derniers préfèrent se disputer de façon incessante, ce qui donnera lieu à des dissensions facilitant la tache d’un horrible superman des bois qui décime quand même à lui seul près d’une douzaine d’armoires à glace surarmées. Le concept se répète à l’infini : marche, meurtre, dispute, re-marche, re-meurtre, trahison… Le tout sur près d’une heure trente propice à un véritable engourdissement de toute faculté de penser. Artistiquement plus bas que terre, construit sur un scénario poussif et riche en dialogues croustillants de médiocrité, Détour Mortel 3 complète en toute logique son bien peu reluisant tableau par une direction d’acteur à côté de la plaque. Constitué d’inconnus, le casting entier se fend d’un sur-jeu qui atteint des proportions étonnantes lorsqu’il s’agit d’exprimer une quelconque émotion. Le plus amusant demeure à ce titre les deux gros durs du métrage - Tamer Hassan et Tom McKay, jamais crédibles -, qui forcent toute expression du visage afin de laisser transparaitre qu’ils ne craignent en rien la menace des bois. Confrontée à ces performances dignes des catcheurs du dimanche et à l’invisibilité de son partenaire masculin - Tom Frederic -, la mignonne Janet Montgomery livre malgré tout une prestation convenable et d’autant plus notable du fait du misérabilisme ambiant de ce Détour Mortel 3.

 

 

Si le second opus de la franchise restait regardable, cette séquelle facile et inutile enterre définitivement la saga Détour Mortel. L’excellente tension - la séquence des arbres, mémorable - du film autrefois shooté par Rob Schmidt n’a que peu de chance de se voir de nouveau associée à un futur épisode, tant la direction actuelle de ces deux suites semble se prononcer vers un spectacle purement gratuit, mal fagoté et mis en boite à la va-vite. Un ridicule film d’étudiant sans le sou.  

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