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Critique Detour

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Le cinéma norvégien regorge de petites perles telles que Dead Snow, Cold Prey ou encore dans une moindre mesure Manhunt. Présenté dans la section Inédits Vidéos du festival de Gerardmer cette année, Detour (ou Snarveien comme on dit là-bas) fait parti de ces métrages sortis de nulle part et dont on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Déjà auteur d’une dizaine de courts, Severin Eskeland s’attaque ici à son premier long métrage surfant sur la vague des survivals nordiques. Techniquement maîtrisé, cela n’empêchera pas pour autant son géniteur de livrer ici une pellicule avisée dont il est difficile de passer à côté des nombreuses ficelles maintes fois revues.

 

 

 

Un couple se rend au mariage d’un proche, avant de passer la frontière, ils vont se retrouver bloqués par un barrage qui va les obliger à prendre un détour. Petit à petit, ils vont se rendre comptent qu’ils sont les acteurs d’une sorte de snuff movie. Malgré son thème généralement dur et poignant - le snuff movie - à l’instar d’un 8MM ou d’un Tesis, Detour ne s’engouffre nullement dans cette direction et choisit quelque chose de beaucoup plus classique, jouant la carte du survival pur et dur. Genre facilement abordable mais beaucoup plus périlleux à réussir, les poursuites sans fin peuvent vite devenir un somnifère puissant et venir à bout du plus coriace des insomniaques. Sans aller jusqu’à cet extrême, le métrage n’est pourtant pas passé très loin réussissant à régulièrement relancer l’action avec des techniques de rebondissements intemporelles mais préservant toujours une certaine efficacité. Ayant préféré la facilité à l’originalité, Detour souffre invariablement d’un manque de cohérence et de prises de raccourcis fâcheux qui font perdre peu à peu toute consistance aux situations dans lesquelles se trouvent nos protagonistes. Définitivement décidés à tout faire pour ne pas ouvrir les yeux sur la flagrante bizarrerie des évènements, Severin Eskeland plonge sans trop de difficultés ses héros dans les situations les plus absurdes. Malgré cela, la crédibilité des évènements reste entière et l’auditoire suit les péripéties avec une certaine conviction.

 

 

Visuellement placé entre un Manhunt et un Détour Mortel, la pellicule offre un décor superbe en forêt profonde comme dans des sous-sols glauques avec un jeu de lumière toujours maîtrisé. Si cet aspect est généralement réussi dans la plupart des bandes venues des pays nordiques, Detour tient à rester bien loin de la détermination et de l’hardiesse celles-ci. Sans mauvais jeu de mots, Detour prend constamment des raccourcis, des raccourcis qui font certes avancer l’histoire mais qui sont aussi tellement avérés que le spectateur n’a aucun mal à deviner non seulement ce qui va se passer bien longtemps à l’avance, mais aussi comment ca va se passer. Des ficelles assumées où les seuls instants de « peur » s’apparentent à des jump scare cheap. Comme par exemple le policier qui, comme par hasard, se trouve toujours à l’endroit où nos deux protagonistes ont une tuile, mais cela ne semble pas les inquiéter pour autant, lui faisant même confiance lorsqu’ils arrivent enfin à contacter la police. Même si l’auditoire montre une certaine compassion quant aux malheurs des héros, l’empathie n’est malheureusement pas de rigueur tant leurs réactions désespèrent.

 

 

Même si leur manque de pertinence joue la carte de la facilité, il faut reconnaître qu’une bonne partie de leurs décisions n’est pas prise de leur plein gré. Ce choix scénaristique permet à son réalisateur de diriger ses personnages comme bon lui semble, les rendant -vu que leur cerveau semble inactif- impuissants, encore faut-il que l’assistance adhère sans trop se poser de questions. Ce qui renforce la crédibilité des évènements, c’est sans aucun doute l’interprétation vraie et sans fioriture des différents acteurs. Mêmes si leurs actes peuvent paraître stupides, les prestations relèvent la pellicule d’un cran. Autant les vilains que les gentils, tous apportent une justesse plaisante. Le penchant va cependant vers les autochtones, sorte de famille cramée du bulbe -mais beaucoup plus soft- à la Massacre à la Tronçonneuse, qui portent une bonne partie du film sur leurs épaules, les dialogues à moitié intéressants du couple lassant vite le spectateur. Si les survivals sont généralement là pour nous livrer de la dureté et de la souffrance, le sang versé ici se limite à quelques coups de coudes et de trébuchages involontaires faisant de Detour une pellicule lisse et sans grande conviction. Malgré l’accumulation de gaucheries, l’action condensée sur 70 minutes de bande permet à l’auditoire de ne pas s’ennuyer et d’éviter l’étirement inutile des épisodes pour combler le vide.

 

 

Loin d’être raté, la banalité du traitement fait de Detour un métrage poli qui aurait mérité un peu plus de fougue. Plutôt habile techniquement, Severin Eskeland est un réalisateur qui pourrait nous surprendre, en espérant par la suite qu’il lâche un peu de leste.

Auteur : TIBO

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