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Critique Devil Inside

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Initiée par Le Projet Blair Witch, la vague des found-footages a connue depuis quelques années un essor nouveau, grandement motivé par le succès d'un Paranormal Activity pourtant anecdotique. Exceptions faites de quelques réussites notables - Cloverfield, [Rec] -, le genre s'est pourtant rapidement fourvoyé dans une formule « vite torchée » garantissant une marge de bénéfice maximale à ses producteurs. Devil Inside répond sans surprise à la logique en vigueur. Tourné avec deux bouts de ficelles sur une période réduite, le métrage du newcommer William Brent Bell tente à son tour le hold-up sur le box-office sans pour autant proposer une quelconque nouveauté. Ce qui n'empêche en rien Devil Inside de se voir épaulé par le géant Paramount, sans doute davantage intéressé par le potentiel financier  du projet que par son strict intérêt artistique.

 

 

Exit zombies et autres apparitions fantomatiques, Devil Inside adapte le format found-footage à un synopsis encore inédit pour le genre. Pour autant, le développement du métrage ne s'affranchit jamais d'une affligeante et morne banalité. Se limitant à répliquer les codes instaurés par L'Exorciste, William Brent Bell livre une copie partiellement réchauffée. Et totalement inintéressante sur le fond. Rappel des faits : Un soir de 1989, la police reçoit un appel d'une certaine Maria Rossi qui reconnaît avoir sauvagement assassiné trois personnes. Vingt ans plus tard, sa fille, Isabella cherche comprendre ce qui s'est vraiment passé cette nuit-là. Cette dernière se rend à Rome, à l'hôpital Centrino où Maria est enfermée, afin de savoir si sa mère est possédée par le démon de minuit. Isabella fait alors appel à deux prêtres aux méthodes révolutionnaires, chargés de bouter quatre démons à la puissance redoutable hors du corps de Maria. Trépidant. Fondu sur un calque usité jusqu'à la moelle, Devil Inside compile un petit chapelet de séquences de pseudo-exorcismes sans parvenir à étoffer sa trame initiale. Le cinéaste use d'ailleurs de tous les poncifs possibles. Introduction soulignant la véracité du docu-fiction qui va suivre, vulgarité sexuelle ors des scènes de manifestations démoniaques ou encore prêtres borderlines, le film de Brent Bell ne cherche à aucun moment la prise de risque. Calibré selon les normes du moment, le tout témoigne d'une telle insignifiance scénaristique que le réalisateur se voit contraint à greffer de ci et là des séquences quasi-hors sujet, à l'instar d’un long interlude consacrée à un cas de possession sans aucun lien avec les événements en cours. Le subterfuge est cependant appréciable, cette « tranche de vie » indépendante permettant d'insérer un semblant de rebondissements au cœur d'un développement d'une abyssale médiocrité.

 

 

Devil Inside lance pourtant occasionnellement quelques pistes susceptibles d’amener le script vers une plus grande profondeur. William Brent Bell place plus particulièrement dans ce fatras des personnages troubles, à commencer par deux ecclésiastiques marginaux. Des protagonistes bardés d’incertitudes et visiblement porteurs d’un lourd passif, dont le cinéaste ne fait pourtant usage qu’afin de débiter d’incessantes et pénibles bondieuseries. Si Devil Inside tisse en toile de fond un semblant de positionnement critique envers l’Eglise et son manque d’adaptation vis à vis des sociétés modernes, le métrage ne prend jamais le temps de développer avec intelligence un véritable message. Pire, l’ensemble ne s’attarde sur aucun début de réponse envers les quelques questions lancées à la volée. Si le tout dénote probablement d’une certaine volonté de jouer avec le côté mystique de la chose, Devil Inside ne comble absolument aucun des points laissés en suspens, seules véritables qualités du développement. Un comble pour un film déjà relativement platonique dans le fond. Sans surprise, la conclusion est à l’avenant. Brusque, sans queue ni tête, mais parallèlement parfaitement adaptée à un artificiel prolongement sur un second volet. Rien de bien surprenant.

 

 

Techniquement, Devil Inside s’avère relativement bien emballé. Si l’approche found-footage s’avère comme toujours assez irritante de prime abord – direction photo crado, plans cadrés sans soin particulier –, William Brent Bell évite soigneusement la caméra épaule tremblotante. Devil Inside reste de ce fait parfaitement lisible, voire même plutôt bien monté lorsque le réalisateur multiplie les sources d’images – chaque exorcisme étant capturé par l’un des protagonistes à l’aide de plusieurs appareils –. A défaut de parvenir à instaurer un véritable rythme à son travail, Brent Bell lui confère au moins une forme nettement plus agréable que la concurrence, sans pour autant atteindre la maestria d’un [Rec]. Côté casting, les acteurs se défendent comme ils peuvent, exception faîte de Preston James Hillier – abonné aux rôles de figurants pour le petit écran –, à côté de ses pompes lors de ses rares passages devant l’objectif. A noter que le doublage Français est par ailleurs désastreux.

 

 

Film sans ambitions autre que celle d’emmagasiner le plus de billets verts au box-office, Devil Inside n’est qu’un found-footage de plus à ajouter à la liste. Déjà en lice pour le prix du métrage le plus rentable de l’année, le projet de William Brent Bell devrait rapidement donner naissance à une franchise sans grand intérêt. Une véritable arnaque.

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