film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique District 9

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

La science-fiction se profile probablement comme l’un des genres cinématographiques les plus aisés à ré-inventer en profondeur. Le fait demeure cependant suffisamment rare pour être souligné, d’autant plus lorsque le film en question ne se voit pas supporté par l’artillerie lourde en matière d’effets spéciaux souvent indispensables au genre. Jeune novice de l’industrie cinématographique - District 9 est son premier film -, Neill Blomkamp parvient à outrepasser les restrictions budgétaires et l’absence de visages connus au casting pour imposer une œuvre incontournable. A l’origine envisagé pour l’adaptation du jeu vidéo Halo et supporté par Peter Jackson - Le Seigneur des Anneaux -, Blomkamp apporte avec District 9 un nouveau visage au cinéma fantastique.

 

 

Radicalement opposé a principe des grandes aventures spatiales et grandiloquentes que sont Star Wars, Star Trek ou Starship Troopers, District 9 se profilerait presque comme l’anti-thèse parfaite du film de science-fiction. L’univers imaginé par Neil Blomkamp n’est en rien différent du notre, le pitch de base se basant sur une idée simple mais intéressante. Là ou le genre se voulait synonyme de conquête d’horizons inconnus, le réalisateur inverse la tendance en faisant échouer les extraterrestre sur Terre. Incapables de repartir suite à une défaillance technique, ces étrangers au physique de mollusques se voient misérablement parqués dans le District 9 et deviennent rapidement la lie d’un monde peut ouvert à la différence et au partage. Sur cette idée peu commune, le cinéaste tisse un film techniquement original et remarquablement mis en boite. Avare en effets spéciaux, District 9 ne présente pas une volonté prononcée pour le grand spectacle, et mise avant tout sur la différence de sa réalisation. Blomkamp adopte ainsi une narration jonglant entre plans traditionnels, caméras subjectives et images tirées des différents équipements de surveillance. Le réalisateur bénéficie ainsi de sources infinies, les événements relatés se voyant suivis par les organismes de presse locaux ainsi que par le MNU, société privée mandatée pour opérer à l’expulsion des extraterrestres. Malgré les nombreux plans issus de caméras portées et ce fait fortement typés documentaires, Blomkamp parvient de plus à établir une réelle cohérence avec les séquences plus traditionnelles et à ne pas sombrer dans des décadrages intempestifs inhérents aux productions basées sur l’idée des prises de vues captées sur le vif. Sans s’habiller de l’aspect fatiguant de bobines comme [Rec] ou Blair Witch Project, l’expérimentation apporte à District 9 un rythme soutenu ainsi qu’un ancrage dans la réalité résolument adapté au message humaniste véhiculé par le film.

 

 

Loin de se limiter au rôle de divertissement qu’il remplit parallèlement à merveille, District 9 est un métrage au potentiel dramatique particulièrement marqué. Le traitement du personnage principal, à travers sa mutation physique et mentale, fait de District 9 une œuvre poignante et superbe. Véritable instantané de l’époque actuelle, District 9 souligne les jeux de pouvoirs, l’intolérance ainsi que les comportements individualistes propres à nos sociétés. Confinés en parias dans un bidonville infâme, les extraterrestres sont ici avant tout considérés par les instances politiques en raison de leur technologie, qui équiperait les gouvernements d’un potentiel de guerre infini. A l’origine peu enclin à s’engager pour la cause de ses individus différents mais pourtant intellectuellement équivalents à l’être humain - le protagoniste détruit avec une joie non dissimulée un nid d’aliens -, le personnage de Wikus gagne progressivement en humanité au fur et à mesure de sa transformation. Les changements physiques de Wikus suite à son contact avec le fluide extraterrestre ne sont d’ailleurs pas sans rappeler La Mouche, bien que le personnage adopte ici une mentalité tout autre en laissant la raison dominer la folie. L’idiotie des hommes se dresse de ce fait de manière encore plus probante suite à la prise de conscience de Wikus, qui trouve un réconfort simple et inattendu auprès d’une race qu’il cherchait pourtant à bannir par tous les moyens de la ville de Johannesburg. Car outre l’intolérance face à la différence, Blomkamp dénonce avec District 9 une réalité grotesque et pourtant terriblement actuelle : notre incapacité d’écoute.

 

 

Les humains et les aliens poursuivent ici le même objectif, s’éloigner les uns des autres,  sans que personne ne puisse pour autant se comprendre. En esquissant les humains comme un peuple plus prompt à répondre par les armes que par le dialogue, Blomkamp réalise un film sombre et viscéral, tout aussi passionnant par sa technique maitrisé que par son scénario profond et travaillé. Bien qu’ils ne bâtissent pas le corps de son œuvre, les effets spéciaux se montrent de plus très réussis. L’équipe à tirée le meilleur de son budget restreint, en opérant une fusion parfaite entre mécanique et images de synthèse. Les plans truqués s’imbriquent parfaitement dans les paysages dévastés du bidonville africain, décor qui insuffle encore d’avantage d’originalité à un métrage hors-normes. La pauvreté et l’aridité des paysages contribue au sentiment de misère et de désolation apocalyptique émanant de District 9, et renforce encore la sauvagerie des humains à l’égard des aliens. Détestable au possible, le méchant incarné par l’excellent David James  atteint des sommets de monstruosité gratuite, et greffe au récit personnage psychotique témoignant d’une nature noire abyssale et effrayante à l’occasion d’un final absolument magistral de tension. Superbe.

 

 

Ouvert sur une probable future séquelle, District 9 est l’une des meilleures bobines de science-fiction shootée depuis ces dix dernières années. Une œuvre puissante, magnifiquement posée sur pellicule par un réalisateur pourtant débutant. La marque des très grands, Neil Blomkamp imposant avec son premier long métrage un probable futur classique du genre. Sans réel défaut, District 9 en impose autant par son aspect purement divertissement que par les valeurs de tolérance habillement intégrées à son développement. Immanquable.

Auteur :

Critique vue 9494 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 99+43

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction