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Critique Dream Home

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Principalement connu pour ses comédies et drames à petits budgets, Pang Ho-Cheung est une figure décalée de la scène hong-kongaise. Il décide aujourd’hui de changer son fusil d’épaule et de s’attaquer au genre très casse gueule du slasher movie. Ultra populaire mais bien trop souvent traîné dans la boue par des réalisateurs n’ayant aucun respect pour l’exercice, plus intéressés par les retours financiers que par livrer du vrai cinéma à un public de plus en plus exigeant, le slasher est un sous genre plus que jamais imbibé de codes dont il est difficile de se défaire. Cependant, lorsque certains cinéastes revisitent le genre, ça laisse des traces. C’est le cas de ce Dream Home, un slasher hors norme qui a de quoi s’imposer comme l’un des meilleurs de sa catégorie depuis plusieurs années et pour les années à venir.

 

 

Principalement adulé pour ses meurtres barbares, le slasher ne mise que rarement sur son scénario. Le vilain agît le plus souvent en raison d’un traumatisme d’enfance  - maltraitance, viol, lynchage, etc… -, solution de facilité permettant de justifier les actes de l’assassin. Dream Home s’aventure beaucoup plus loin et s’appuie sur une réalité sociale : le prix de l’immobilier à Hong-Kong explose. Réalité vécue par le réalisateur lui-même, rien de mieux qu’une expérience personnelle pour transposer sa frustration à l’écran. A Hong-Kong, Cheng rêve depuis toute petite d’un appartement avec vue sur la mer. Ses motivations sont telles qu’elle sera prête à tout pour en faire l’acquisition. Ce qui démarque Dream Home d’un bon nombre de pellicules – et principalement du sous genre auquel il se frotte – est sa structure bien particulière. Le spectateur assiste en temps réel aux atrocités perpétrées par la jeune femme, le tout entrecoupé de flashbacks qui racontent comment le protagoniste en est arrivée là. Cette structure redéfinit totalement la façon dont le spectateur assiste et perçoit les évènements qui se déroulent devant ses yeux. Sur ce point-là, Dream Home a les défauts de ses qualités. Sans cette déstructuration, l’intérêt du visionnage aurait été fortement amoindri, mais c’est aussi ce choix narratif qui fait perdre le rythme à cette pellicule, s’égarant parfois dans les méandres du passé du protagoniste faute à des passages fortement anecdotiques.

 

 

Dream Home s’ouvre sur une scène de meurtre particulièrement sauvage où un gardien d’immeuble est mis à mort. Cette séquence d’ouverture annonce clairement la couleur et installe les bases de ses promesses. Promesses tenues avec brio. Si la narration s’écarte de ce qu’on a l’habitude de voir, une des plus belles réussites de ce métrage reste sans aucun doute les meurtres. Pang Ho-Cheung fait preuve d’une imagination sans faille et propose à son public des meurtres encore jamais vus auparavant, ce qui semble pourtant être l’une des attentes en tête de liste des slasherophiles. Gorissime à souhait, Dream Home intègre une part d’humour très importante – du moins dans sa seconde partie – qui permet de relativiser les évènements, même si certains passages ne sont vraiment pas très catholiques. Les maquilleurs s’en donnent à cœur joie et nous livrent un spectacle de haute voltige. Le massacre jouit d’un timing géré au métronome et aurait facilement pu faire l’objet d’un court métrage sombre et grand guignolesque.

 

 

L’inventivité se traduit par le fait que  Pang Ho-Cheung met l’accent sur chaque élément de l’environnement. Dream Home joue avec ce qui l’entoure et ne focalise pas uniquement l’attention sur ce que va faire notre tueur, le spectateur ne pouvant ainsi jamais prévoir ce qui va réellement se passer, l’effet de surprise étant l’un des éléments déterminants à la réussite de Dream Home. La caméra zoome et s’envole, capturant les meurtres sous tous les angles en insistant longuement là où ça fait mal. Même l’action terminée, le réalisateur ne nous libère pas aussi facilement et ne nous en fait pas perdre une miette, chose de moins en moins conventionnelle face à une censure de plus en plus frileuse. Sur le fond, le film de Pang Ho-Cheung peut être largement discutable. Une fille plutôt chétive qui, du jour au lendemain, provoque le massacre d’une dizaine de personnes avec une violence et une froideur rares, tout ça pour faire chuter le prix de l’immobilier… la crédibilité du métrage ne tient qu’à un fil. Mais la maîtrise globale de son géniteur fait de Dream Home une petite bombe qui ne rate jamais sa cible. Les rouages de l’intrigue fonctionnent parfaitement et nous entraînent dans la déshumanisation progressive de « l’héroïne », prête à tous les vices pour atteindre un rêve purement matériel.

 

 

Nul besoin de longs discours, Dream Home est un divertissement trop rare pour se permettre de passer à côté. Film-uppercut et véritable expérience cathartique, ce Category III puise dans les entrailles de notre société et prouve que Pang Ho-Cheung est un des réalisateurs les plus intéressants à suivre. 

Auteur : TIBO

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