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Critique Drive

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Après avoir divisé le public avec Valhalla Rising, trip sensitif d’une beauté monstre, le réalisateur Nicolas Winding Refn revient avec Drive, adapté du livre de James Sallis. Auréolé du prix de la mise en scène à Cannes, les premiers échos sur le film furent tonitruants Mais comme en matière de récompenses Cannes souffle chaque année le chaud et le froid, une attente doublée d’une certaine fébrilité pouvait être à craindre avant sa sortie. Au résultat, il se révèle que le festival a encore eu tort puisque ce n’est pas seulement le prix de la mise en scène qui aurait dû lui être décerné, mais clairement la palme d’or.

 

 

 

La mise en chantier de Drive ne fut pas la tâche la plus facile pour son réalisateur. Dans divers entretiens, il explique que le projet ne l’intéressait pas vraiment dans les premiers temps, et que sa première rencontre avec Ryan Gosling fut pour le moins particulière (voir les diverses interviews où il explique qu’il était complètement défoncé aux médocs). Étonnant, car au vu du résultat final on se dit qu’il s’agit peut-être de son film le plus travaillé. Certes, moins jusqu’au-boutiste que Valhalla Rising dans sa démarche, mais orné d’une mise en scène encore plus inspirée, c’est dire le niveau. Se basant assez librement sur le livre, Drive nous présente le personnage de The Driver, jeune homme alternant entre son métier de cascadeur sur divers films et des activités moins légales. Rien de bien novateur donc, mais là où n’importe quelle marionnette hollywoodienne n’aurait proposée qu’un divertissement sans saveur, Refn y impose immédiatement son style. Contemplatif sans jamais verser dans la branlette intellectuelle, le film prend son temps. Honteusement vendu comme un film d’action à la Fast and Furious (c‘était déjà le cas avec la campagne promo de Valhalla Rising qui était complètement foutraque), il en est tout autre puisque le film se détache complètement de ce genre de production. Le héros n’en est pas un, son attitude nonchalante et l’assurance qu’il dégage ne sont que des paravents tentant de cacher une personnalité bien différente, bien plus obscure. A la fois nerveuse lors des scènes d’action et plus méditative le reste du temps, la mise en scène est magnifiée par une bande originale rapidement addictive.

 

 

Ryan Gosling fait mouche, côtoyant la classe de certains acteurs tels que James Dean ou Steve Mcqueen. Le reste du casting semble un peu plus en retrait face à une telle interprétation (notamment le personnage peut être trop oubliable de Ron Perlman) mais la jolie Carey Mulligan fait elle aussi preuve d’un talent certain, jouant davantage sur les émotions à l’inverse du personnage de Gosling. Abordant divers genres cinématographiques par petites touches (le film de braquage, le revenge movie, le drame, …), le film se permet de jouer avec brio sur différents tableaux. Malgré la convenance du scénario, Refn ne semble pas vouloir cataloguer son film dans une case prédéfinie, car s’il s’agit au départ d’un film de commande, il en résulte un métrage indéniablement marqué par la personnalité cinématographique du réalisateur. Ainsi, les réfractaires à son cinéma ne risquent pas de changer d’avis à son égard, les plans rappelant Kubrick abondent toujours et l’aura quasi-mystique de ceux-ci n’en ai que sublimée. Il en devient même étonnant de se dire que l’on se trouve devant un film hollywoodien distribué de la même manière que n‘importe quel blockbuster. Pour exemple, il suffit d’observer cette scène d’intro qui désintègre les codes hollywoodiens en offrant une séquence tendue et affichant dès les premières minutes le calme et le professionnalisme du personnage, qui ne seront ébranlés que lors des accès de violence de celui-ci. Cette scène est à l’opposé qu ce que nous offre généralement ces productions, car ici pas de fusillades, pas de crissements de pneus ou de montage ultra-speed, juste du cinéma sensitif et empreint d’une grande beauté.

 

 

Drive est bien plus qu’un film de festival ou une démonstration de cinéma, c’est avant tout un film doté d’une étonnante partition à tous les niveaux, formant au final une oeuvre totalement originale. The Driver risque de devenir un personnage fort emblématique, dont on ne connaît jamais le nom, dont aucune information ne filtre (à l’inverse du livre) et n’agissant que dans le but de protéger la faible lueur de bonheur qu’il semble avoir trouvé avec le personnage d’Irène. Se trimballant avec sa veste ornée d’un scorpion doré (seul Gosling semble pouvoir avoir la classe avec ce vêtement, n’importe qui d’autre ressemblerait sûrement à un fan de tuning abonné aux parkings des Monoprix). Mais au-delà de ce simple élément, cette veste reste hautement symbolique, le scorpion représentant bien évidemment le personnage, qui n’attaque que s‘il se sent menacé.

 

 

Drive, film de l’année? Il y a de fortes chances. Œuvre culte dès sa sortie, dont la perception varie de tout un chacun, on reste bluffé devant une telle maîtrise visuelle, ainsi que devant la singularité de Refn et de son travail. Une vraie leçon de cinéma, mais pas seulement.

Auteur : NICO

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Votre réponse :

Jules 02-04-2012
"le scorpion représentant bien évidemment le personnage, qui n’attaque que s‘il se sent menacé."
Je crois que vous faites ici un contresens terrible, pour vous en rendre compte lisez donc la fable du scorpion et de la grenouille citée dans le film qui "interdis" en quelque sorte une telle interprétation

 

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