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Critique Eleven

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Darren Lynn Bousman semble condamné à suivre le sillon tracé par James Wan. Artisan contesté du film de genre, le cinéaste témoigne depuis son désengagement de la franchise Saw – les volets 2, 3 et 4 – d’une relative difficulté à s’imposer. Passé relativement inaperçu, son opéra gothique – Repo ! The Genetic Opera – se profilait pourtant comme une tentative originale de relecture d’un style « comédie musicale » relativement has-been et inadapté au registre horrifique. Revenu à des prétentions purement mercantiles, Bousman se plonge aujourd'hui dans un revival eighties avec Eleven, bancale resucée des films de trouille – La Malédiction, Amityville, Poltergeist – capables d’instaurer une ambiance oppressante sans lorgner du côté de l’étalage gore purement gratuit. Essai manqué. Là ou James Wan signe un furieusement brillant Insidious, Bousman s’embourbe et couche sur bandes un vulgaire copycat sans réelles prétentions artistiques.

 

 

A l’image du film de Wan, Eleven présente un postulat volontairement dépouillé. Une manœuvre profilée en argument commercial et souvent propice à masquer artificiellement l’inconsistance d’un scénario torché à la vite – la trilogie Paranormal Activity –. Une organisation focalisée sur la récurrence des nombres 11 prédit que la dernière des 11 portes du paradis s'ouvrira pour 49 minutes le 11 novembre 2011. Profondément dépressif depuis la disparition tragique de sa famille – à 11 :11 –, un auteur à succès se voit ici confronté à une série d’événements troublants alors que la date fatidique approche. Décidé à contrer le sort, ce dernier remonte à la source afin d’éclaircir le mystère relatif aux chiffres. Tout un programme. Auteur d’un brouillon inconsistant, Bousman s’inspire sans vergogne de la nouvelle école pilotée par Guillermo Del Toro – L’Orphelinat, Les Yeux de Julia –, jusqu’à délocaliser son histoire en terres Espagnoles. Sans pour autant parvenir à captiver son assistance. Incapable d’épaissir son postulat initial,  le cinéaste livre avec Eleven une ingérable mixture de thriller paranormal, ce dernier sombrant dans l’ensemble des clichés imaginables. Probablement désireux de s’éloigner de l’approche clipesque et tape à l’œil de ses précédents travaux, Bousman témoigne d’une sobriété totale. En résulte un script plein de vide, approche certes désespérément moderne mais ici synonyme d’un développement chiantissime au possible.

 

 

Affreusement convenu, le scénario de Bousman opère à une fusion traditionnelle. Critique légère de la religion, omniprésence du satanisme, le tout relié aux apparitions épisodiques d’esprits censés rythmer l’ensemble, Eleven déroule son contenu en pilotage automatique. Uniquement vendu sur l’aspect intriguant lié à des prémonitions discutables – la fin du monde annoncée pour le 11 novembre, date programmée pour la sortie du film outre-Atlantique –, Eleven s’abandonne dans un impressionnant assemblage de bla-bla faussement ésotériques mais véritablement inintéressants. Une torture. Minimum syndical oblige, Bouse-man sert un petit chapelet de jump-scares peu inspirés – la repompe de Kubrick à l’occasion d’une séquence de labyrinthe évoquant Shining fait peine à voir –. Ou du moins essaye. Jamais flippantes, les apparitions de fantômes se révèlent particulièrement nazes et desservies par des effets d’un autre temps. Mieux, le cinéaste ne prend même pas la peine d’expliquer convenablement l’origine du phénomène. Rien de bien regrettable néanmoins, le film se positionnant comme un puissant soporifique prompt à éloigner le spectateur le plus acharné passé trente minutes. Reste un twist forcé mais plutôt bienvenu, Eleven présentant une conclusion inversement proportionnelle à la qualité de son climax foireux. 

 

 

Côté mise en forme, Bousman témoigne d’une ambition transparente. Si l’ensemble reste lisible et acceptable – format scope de vigueur –, Eleven ne lorgne jamais plus loin que l’esthétique téléfilm. Sobre mais désespérément impersonnel.  Dommage, la platitude du script se voyant plombée par l’approche neurasthénique de la mise en scène du cinéaste.  Même constat côté casting. Exception faite de Michael Landes – 30 Jours de Nuit 2 : Jours Sombres, Destination Finale 2 –, relativement convenable, l’ensemble de l’équipe cachetonne misérablement. Les rares effets numériques terminent d’enterrer le projet. Bien que rares, les ajouts par ordinateur fulminent à l’occasion d’un final visuellement abominable. Un habillage de clochard qui relègue Eleven du côté des ultra-Z uniquement destinés à l’exploitation vidéo. Minable. 

 

 

Rédigé sans grande inspiration, Eleven reste une œuvre opportuniste bouclée à la va-vite afin de répondre aux exigences du calendrier. Hommage raté à tout un pan du cinéma horrifique, le métrage de Darren Lynn Bousman se profile en œuvre purement anecdotique et déjà démodée. Poubelle.

 

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