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Critique Elysium

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Le microcosme geek semble désormais avoir les yeux rivés sur Neill Blomkamp. Un temps chargé de l’adaptation avortée du jeu-vidéo Halo, le jeune cinéaste avait su redéfinir en profondeur les codes de la science-fiction avec District 9. Esthétiquement surprenant et habillé d’une dimension critique rare pour un film de genre, le métrage était parvenu à une habille et audacieuse fusion entre puissance du message et dimension purement divertissante. Blomkamp inscrit Elysium dans cette directe continuité. Car bien que doté d’un budget très nettement supérieur et partiellement américanisé dans la forme – Matt Damon et Jodie Foster tiennent le haut de l’affiche –, son travail conserve toute la portée politique de son prédécesseur. Et le cinéaste ne fait à ce titre aucune concession, quitte à livrer un anti-blockbuster.

 

 

2154. La Terre est à l’agonie. Rongée par la surpopulation, la misère et la pollution, cette dernière n’abrite désormais plus que les déshérités. Loin des ghettos, les privilégiés vivent pour leur part sur Elysium, une station spatiale luxueuse et hautement sécurisée. Irradié sur son lieu de travail, Max tente de rejoindre cette lune artificielle afin de sauver sa vie. En tentant d’extraire des codes de sécurité d’un citoyen d’Elysium, ce dernier va cependant découvrir des informations qui pourraient bien sauver des millions de vies. A l’instar de District 9, Neill Blomkamp déroule ici un scénario plutôt classique. Une simplicité apparente qui lui permet d’installer rapidement et efficacement contexte et personnages. Et à ce titre, le réalisateur n’a rien perdu de sa virtuosité. L’univers d’Elysium est en effet visuellement détonnant et radicalement éloigné des clichés habituels. Balayant d’un revers de main les pratiques habituelles, Blomkamp dessine un futur sombre, mais plutôt avare en éléments purement futuristes. Le Los Angeles d’Elysium se dresse en bidonville bruyant comme il en existe des centaines de nos jours plutôt qu’en technopole délirante et tentaculaire, manœuvre qui confère à cette vision de l’avenir une certaine crédibilité. Baignées dans un soleil persistant, les images de Blomkamp transpirent l’aridité d’un monde qui a depuis longtemps détruit ses protections naturelles – la couche d’ozone – et qui s’évertue à persister dans sa démarche autodestructive.

 

 

A l’instar de District 9, le décor est ici un élément clé du message de Neil Blomkamp. D’origine sud-africaine, le cinéaste habille en effet Elysium d’une sensibilité particulière concernant des thématiques désormais bien connues. Exclusion des classes, individualisme montant, banalisation de la pauvreté ou encore industrialisation à outrance, son métrage se profile une nouvelle fois comme une métaphore particulièrement juste des sociétés actuelles. Mais s’il y a ici volonté de dénoncer et mettre en scène les maux inhérents à un clivage riches / pauvres qui se creuse progressivement, Elysium aborde sa critique sociale avec un manichéisme certain et parfois un brin gênant. Nettement moins subtil que District 9 et privé de l’effet de surprise qui fut sien à l’époque, ce second essai sombre parfois dans la facilité lorsqu’il s’agit de brosser certains portraits – les méchants sont férocement méchants – mais parvient à contrebalancer en soignant sa dimension purement spectaculaire. Au-delà du fond, Elysium est un divertissement haut de gamme, pétaradant et bourré ras la gueule d’effets spéciaux décoiffants. Le métrage cumule en effet une bonne poignée de séquences d’action burinées pour lesquelles Blomkamp ne fait preuve d’aucunes concessions. La violence conférée à l’ensemble s’avère même plutôt surprenante, le réalisateur n’hésitant jamais à user d’un gros rouge qui tâche lorsqu’il s’agit de poser sur bandes des affrontements virils et souvent dotés de réels enjeux dramatiques.

 

 

Elysium se démarque parallèlement par l’approche artistique de son géniteur. Déjà plus prompt à capturer la clarté étouffante des grands espaces plutôt que s’affranchir de longues séquences de couloirs, Neill Blomkamp emballe comme à son habitude son projet dans un style quasi-documentaire relativement déroutant de prime abord. Un style qui convenait parfaitement à District 9, abordé comme un reportage, mais nettement moins à Elysium. Car si le film reste très correct sur la forme, les séquences mouvementées pâtissent parfois d’une réalisation brouillonne au possible. Le métrage reste cependant impeccable en ce qui concerne l’implication de ses acteurs, Matt Damon campant un personnage à la sensibilité versatile parfaitement interprétée. Dommage que ce dernier n’éclipse totalement l’ensemble de ses camarades de jeu, dont une Jodie Foster intéressante mais assez peu mise en valeur.

 

 

Neill Blomkamp reste fidèle à lui-même. Avec Elysium, le cinéaste livre un film d’anticipation moderne, réaliste et en phase avec les dérèglements de son époque. Epaulé par un message humaniste particulièrement efficace, son travail conjugue astucieusement critique sociale et sens aigu de l’entertainment. Sans jamais s’abandonner dans les poncifs du blockbuster américain, Blomkamp livre une définition 2.0 de la science-fiction hautement personnelle et assurément passionnante, malgré quelques défauts évidents.

 

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korku 16-12-2013
Elysium est un Bon film m est je préfère District 9 qui est bien meilleur pour moi

 

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