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Critique Emprise

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Quand on entend le nom de Bill Paxton, on pense généralement au soldat William Hudson dans Aliens de James Cameron ou, hélas, à des films comme Twister de Jan de Bont ou Vertical Limit de Martin Campbell. Mais le monsieur a bien plus d’ambition que ça et le prouve en 2001 en passant à la réalisation avec son premier film: Emprise. Si l’on observe de plus près le parcours de Paxton on se rend compte que ce choix n’est pas anodin puisque son ambition première était la réalisation, mais suite aux refus dans plusieurs écoles de cinéma il se dirigea vers le théâtre. Choisissant ici un sujet délicat pour sa première réalisation, Paxton prend des risques. Au vu du résultat on peut aisément dire qu’il transcende les codes du genre pour offrir un film intelligent et dont les subtilités en font un long métrage audacieux et sans concessions. 

 

 

 

Si le film s’appuie sur le thème tant traité du serial killer, il n’en reste que celui-ci n’est qu’une toile de fond tapissant l’œuvre. Ici il n’est plus question de gentil ou de méchant car ces deux entités n’existent plus, elles se rejoignent pour ne former qu’un. Autre distinction par rapport aux schémas classiques du genre, nous n’assistons pas à une enquête menant à stopper l’assassin mais plutôt à un long flash-back qui ordonne le récit. Traitant d’une famille où le père, à la charge de ses deux fils, se dit investi d’une mission divine ordonnée par Dieu lui-même, visant à éliminer des démons. Ces derniers étant des êtres humains, il entraîne ces deux fils dans l’horreur la plus totale. Ancré sur les personnages, Emprise décrit une famille modeste où rien ne laisse présager les événements à venir. Personnage principal du récit, Fenton, le frère aîné, ne sait comment réagir face aux atrocités commises par son père. Doit-il le dénoncer ? Fuir ? Laisser ces atrocités se perpétrer ? L’identification au personnage est immédiate pour le spectateur, souhait évident du réalisateur.

 

 

Le cadre du film est  une petite ville du Texas. La tranquillité qu’elle représente n’est que le rideau qui dissimule le véritable mal qui s’y passe. Ainsi le « jardin des roses », lieu clé du récit, est dans la journée un endroit chaleureux à la végétation luxuriante qui se transforme, une fois la nuit tombée, en véritable cimetière. Ici Dieu n’est pas représenté sous une forme pacifiste, il est à l’inverse décrit comme un être ordonnant le basculement vers la violence, un Dieu vengeur se rapprochant de celui de l‘ancien testament. A partir de ce choix scénaristique, on peut dès lors cerner le point de vue de Paxton et le puissant message contestataire sous-jacent qu‘il délivre. En dehors du flash-back le métrage se déroule sur une unité de temps très courte: une nuit. Ceci renforce indéniablement l’impact final, ne laissant aucun temps mort au récit et surtout aucune baisse de rythme. Maîtrisant totalement son sujet, Bill Paxton nous fait vivre l’éclatement d’une famille. Ainsi la religion, défenseur du mot famille s’il en est, devient ici la cause de ce bouleversement. Critiquant ouvertement le puritanisme exacerbé et les excès qu’il provoque, Emprise livre une vision glauque et peu reluisante d’une population régie par sa religion. La réalisation colle totalement à son sujet et nous offre quelques plans magnifiques comme ce faisceau de lumière s’abattant sur une grange ou encore la scène sur le parking d’un supermarché où la mise en scène crée, à elle seule, une tension plus que palpable. Mais ce qui ébloui le plus dans la mise en scène d’Emprise, c’est l’atmosphère insufflée, où le soleil criard et lumineux s’oppose constamment aux nuits les plus sombres. Ainsi le film renvoie directement à la littérature de Stephen King, notamment à travers le lien qu’il tisse entre un quotidien banal et son interaction avec le fantastique. 

 

 

Le paragraphe suivant est déconseillé aux personnes n’ayant pas vu le film.

La polémique entourant le film se dégage principalement de la fin qu‘il offre. Proclamant comme réels les pouvoirs divins, elle crée forcément un doute concernant le message du film. Mais là réside également la force du métrage, véritablement enclin à un questionnement de la part du spectateur. Plutôt que de juger le film, comme le firent de nombreux journalistes à l‘époque, en le qualifiant de pro-chrétien, de fasciste (combien de grands réalisateurs n’ont pas eu à subir ce genre de remarques de la part de critiques crachant leur mauvaise foi sur la moindre œuvre leur déplaisant …) ou encore de réactionnaire, il est primordial d’indiquer que c’est tout l’inverse que délivre le film qui, au-delà de dénoncer violemment le fanatisme religieux, est avant tout un film fantastique dans la plus pure tradition du genre. Ne prenant pas le public  par la main pour le guider vers des explications poussives, il le déstabilise. Assurément un coup de maître de la part de Bill Paxton. Mais tout ceci ne serait possible sans un casting au diapason et là encore Emprise en impose avec un Bill Paxton parfait en père de famille instable. De même pour les deux acteurs interprétants ses fils, Jeremy Sumpter et Matt O‘Leary, avec une mention particulière pour ce dernier qui, à travers son  interprétation du personnage de Fenton, nous fait ressentir de manière très juste et bouleversante le cauchemar éveillé qu’il vit. Enfin Matthew McConaughey signe ici sa meilleure performance, loin des rôles de playboys écervelés qui lui sont généralement proposés.

 

 

Emprise est un film d‘une grande noirceur, un brûlot tellement violent envers la religion qu’on en vient à se demander comment Bill Paxton à pu réussir à le sortir aux États-Unis. Mais son film est avant tout un très grand film fantastique et un véritable coup d’éclat pour une première réalisation. On espère donc le revoir derrière la caméra dans les années à venir pour nous signer une autre perle du genre.

Auteur : NICO

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Combien font : 90+41

Votre réponse :

Tonton 02-11-2011
Un très bon film à l'ambiance proche d'un Stephen King. La critique est très pertinente et fait honneur à ce trop méconnu fleuron du cinéma fantastique. Et comme il est dit, le film n'est pas pro catho ou réactionnaire mais laisse ouvert la porte à de nombreuses interprétations !!

 

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