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Critique English Revolution

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Remarqué avec Kill List et plus récemment Touristes, Ben Wheatley est un jeune réalisateur anglais qui aime jouer les trublions. Rarement là où on l'attend – la comédie sociale Down Terrace, qui sortira prochainement  – il s'impose comme un des fers de lance de la nouvelle génération de réalisateurs anglais. Avec English RevolutionA Field in England en VO –, il nous invite à vivre une expérience unique, mélange de théâtre filmé, de comédie et d'horreur, le tout sur fond de psychédélisme débridé. Il se pose avec ce film au croisement d'un Peter Jackson et de Stanley Kubrick, le tout mixé avec le Albert Dupontel des débuts.

 

 

Pendant la Guerre civile en Angleterre, un petit groupe de déserteurs s'échappe d'une bataille. Ils sont capturés par deux hommes. L'un d'entre eux, un alchimiste, force le groupe à l'aider à trouver un trésor caché qu'il pense enterré dans un champ. En franchissant un vaste cercle de champignons, le groupe commence à se disputer, se battre et devient paranoïaque. Ils vont petit à petit devenir les victimes des effets du champ. Ce résumé ne révèle en rien ce qui vous attend une fois devant l'écran. Tourné en noir et blanc, la reconstitution d 'époque ne passe que par les costumes et accessoires, le film se déroulant uniquement dans le champ. English Revolution commence par un avertissement sur ce qui va suivre, où on vous prévient d'une expérience comportant des images flashy et stroboscopiques. D'ailleurs, après un pré-générique présentant la situation, le film démarre véritablement sur le dialogue « Que vois tu ? », débité par l'un des protagonistes. « Seulement des ombres », lui répond le second distinguant deux formes humaines dans le brouillard, comme si la suite allait se révéler confuse et irréelle. Car, une fois lancé avec l'introduction des champignons, le film part dans un délire cartoonesque et brutal, le tout avec des dialogues ciselés, prompts à la métaphore et la philosophie.

 

 

Nerveuse et moderne, la mise en scène de Ben Wheatley nous propose donc un univers décalé où l'on passe de surprises en surprises. Partant à la recherche d'un trésor, nos personnages vont se révéler dans leur trip personnel, certains laissant transparaître une propension à la violence voire à l'occultisme des plus diaboliques. L'alchimiste va mener le bal, contrôlant les autres à l'aide de magie – ce que l'on en comprend du moins, le film étant assez peu enclin à livrer toutes les clés –. English Revolution va alors partir dans une folie montypythonesque des plus réjouissants, même si cela s'avère assez ardu à suivre. Ainsi, la longue séquence où Whitehead, le personnage central en quelque sorte, devient chercheur d'or, est plutôt trash et directe. Imaginez : l'alchimiste entraîne Whitehead dans une tente, d'où des hurlements terrifiants ne tardent pas à jaillir, puis ce dernier en ressort, harnaché et maintenu en laisse. Dans un noir et blanc du plus bel effet, cela choque encore plus quand on découvre son visage, celui d'un possédé, complètement déformé. S'ensuit une chasse au trésor, d'où peu ressortiront indemnes et où le film va partir en vrille, multipliant les images stroboscopiques annoncées, le tout sur des hallucinations flippantes – mais sont-ce réellement des hallucinations ? – et des sons saisissants. En effet, le film bénéficie d'une bande sonore et d'un mixage audio qui à eux seuls nous font partager le trip de Wheatley.

 

 

La musique se la joue parfois Western, d'autres fois médiévales – c'est ici davantage en phase avec l'histoire –. Les sons, de par leur volume surdimensionné et leur violence, scotchent eux le spectateur à son siège. Les images, parfois magnifiquement choquantes – une boule de feu noire, dont l'intérieur semble s'ouvrir tel une rose –,  provoquent un certain malaise, d'autant  que de multiples zooms décadrés s'attardent de manière insistantes sur les faciès cradingues des acteurs. Ceux-ci sont juste parfaitement intégrés dans le délire voulu, renforcant chez l'aventureux qui aura eu le courage de mater le film le sentiment de caricature et celui de folie ambiante. Le script n'est semble-t-il au final qu'une volonté de montrer les effets de la drogue, du point de vue du drogué.

 

 

Ben Wheatley a tourné son film avec peu de moyens, mais cela n'altère en rien sa démarche première ainsi que la volonté de provoquer une réaction chez celui qui le visionnera. Sincèrement délirant, douloureux parfois, English Revolution n'a pas pour vocation de nous raconter une histoire partant d'un point A pour aller à un point B, même s'il le fait, mais de nous plonger dans une ballade folk tripante, où l'ombre de Kubrick se retrouve violée par ce trublion de Dupontel. Le tout en revendiquant un héritage anglais jamais trahi mais délibérément manipulé.

 

Auteur : TONTON

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