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Critique Esther

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Bien que La Maison de Cire ne témoigne d’indiscutables qualités, le film avait en son temps pâti d’un casting visiblement constitué dans l’unique objectif de s’octroyer un capital sympathie non négligeable auprès du public adolescent. Un choix plus que contestable au vu de la relative brutalité dont s’habillait le premier long de Jaume Collet-Serra, réalisateur catapulté du même coup dans les rangs des espoirs les plus prometteurs de la nouvelle vague de l’horreur américaine. Un temps éloigné du registre afin de poser sur pellicule le très contestable film de commande Goal II : La Consécration, le cinéaste d’origine espagnole laisse aujourd’hui enfin exploser son potentiel avec son troisième témoignage cinématographique. Initialement tourné en 2007, victime d’une post-production interminable et de quelques reshootings en février 2009, Esther se profile malgré l’apparente frilosité de ses producteurs comme une œuvre authentique et aboutie.

 

 

Esther est un cas d’étude particulièrement intéressant. Si les coupes et les nouvelles sessions de tournage inhérentes au mécontentement des producteurs enfantent majoritairement des œuvres bancales, incohérentes ou outrageusement commerciales - Cursed, le mauvais Captivity -, le film de Collet-Serra ne laisse jamais présager d’une finalisation chaotique. Le métrage serait même la Némésis parfaite des ambitions affichées par La Maison de Cire, tant ce dernier se pare d’une couleur typiquement Européenne. Une tendance certes en vogue suite aux succès des très bons Fragile ou L’Orphelinat, mais réellement inattendue sur un territoire qui ne semble pas encore prêt à assimiler le style de cette nouvelle école et préfère encore passer par l’éternelle case du remake. Esther n’a rien du métrage facile et vendeur, et préfère au clinquant et aux rebondissement incessants une esthétique bien personnelle assortie d’un développement tortueux et énigmatique. Moins calibré et abordable dans la forme que dans le fond que les derniers succès du box-office, Esther se range d’avantage dans une vague marquée par les eighties et adopte de ce fait des tonalités pastelles délavées parfaitement adaptées à une réalisation sobre et efficace. Tout comme pour La Maison de Cire, Collet-Serra privilégie la lisibilité de ses plans à l’esbroufe visuelle, ce dernier pouvant cette fois-ci miser pleinement sur un script apte à instaurer une une ribambelle de questionnements. Car si Esther présente un habillage soigné et une ambiance délicieusement rétro, sa superbe parure est avant tout mise au service d’un déroulé audacieux et finement écrit.

 

 

Esther pose les fondations de son développement sur un synopsis pourtant classique : victime d'une fausse couche, un couple fait le choix de se rééquilibrer en adoptant un enfant qui ne tarde pas à manifester un caractère étonnamment mature et déséquilibré. Sur ce postulat conventionnel, Collet-Serra construit pourtant un film riche et tendu, servi par une étude des caractères travaillée à l’extrême. Si l’attention se pose principalement sur le personnage d’Esther, le cinéaste l’entoure d’une famille à la psychologie passionnante. Continuellement sur la brèche, le couple incarné par Vera Farmiga et Peter Sarsgaard est une étrange fusion de sentiments troubles, leurs personnalités étant tout aussi propices à exprimer le bonheur que la noirceur la plus totale. Ambiguës au possible, les rapports entretenues entre Esther et ses parents d’adoption laissent à Jaume Collet-Serra le terrain libre à une montée en puissance bâtie sur la dégradation de la relation mère-fille ainsi que par la découverte progressive du visage diabolique de la fillette. Sans jamais s’orienter vers le fantastique facile, Esther joue pourtant longuement avec son spectateur en le laissant douter quant à la réelle nature de son protagoniste diabolique. Si les retournements de situation de prime abord incompréhensibles laissent présager d’une explication fantasque, le cinéaste ne rond jamais la cohérence de son métrage et l’inscrit dans une rationalité continue, ce dernier conservant un atout inattendu afin de mettre en boite une conclusion transcendante de tension. 

 

 

Bien que doté d’un rythme relativement lent, le métrage ne mise pas plus sur les débauches saignantes pour rendre son propos accrocheur. Hormis une scène introductive particulièrement glauque et dérangeante, Jaume Collet-Serra témoigne d’une véritable maitrise à conserver intact un intérêt de tous les instants, en partie grâce à une direction d’acteurs impeccable. Impressionnante de talent malgré ses dix années au compteur, Isabelle Fuhrman tient le métrage sur ses épaules, greffant à ce dernier un jeu hallucinant de maitrise et de contrastes. Capable de dédoublements schizophréniques incroyablement crédibles, la jeune interprète d’Esther insuffle à son personnage une démence presque palpable, cette dernière muant de l’innocence la plus candide à la folie dévastatrice avec une étonnante aisance. Le jeu de Fuhrman explose même littéralement à l’occasion d’un final démentiel, l’actrice repoussant les limites de son personnage par un attrait démesuré pour une violence et une sexualité jusque ici restées sous-jacentes. Habitée par le métrage, Isabelle Fuhrman éclipse en seulement quelques plans l’ensemble de ses camarades de jeu, pourtant excellents dans leurs rôles respectifs.

 

 

Esther est une merveille de suspens. Trop enclin à céder aux volontés mercantiles des exécutifs sur La Maison de Cire, Jaume Collet-Serra livre enfin avec ce troisième long-métrage une œuvre totalement personnelle, sublimée par l’extraordinaire présence de sa jeune recrue. Indispensable.

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