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Critique Everest

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Montagne et cinéma américain font rarement bon ménage. Souvent transformés en terrains de jeu pour actioner crétinisant, les hauts sommets sont majoritairement l’occasion pour les cinéastes de faire dans sensationnisme facile et l’héroïsme à deux francs six sous. Bien qu’impressionnants et correctement rythmés, les blockbusters Cliffhanger et Vertical Limit auront ainsi usés du cadre pour aligner des séquences n’importe-nawak plus proches de la science-fiction que du film de survie. L’inégal mais intéressant réalisateur Islandais Baltasar Kormákur parvient pour sa part à capter l’esprit de la montagne, la passion qui anime ses assaillants et la véritable dangerosité de l’alpinisme : l’ivresse qui suggère à l’esprit de continuer, là ou le corps imposerait de faire machine arrière. Adapté d’une histoire vraie, son Everest se profile comme un drame intense et poignant.

 

 

1996. L’Everest devient le théâtre d’une étrange compétition. S’il n’est pas le sommet le plus difficile et dangereux de la chaine Himalayenne – le K2 requiert une toute autre technicité  –, ce dernier reste le point le plus haut de la terre, « toit du monde » convoité par bon nombre d’alpinistes plus ou moins chevronnés. Rendu « accessible » depuis quelques années, l’Everest voit ainsi débarquer bon nombre d’apprentis prétendants à l’ascension, dont trois cordées commerciales encadrées par des guides rivaux. A l’issue d’une série d’erreurs humaines, la montagne viendra rappeler que l’alpinisme n’est pas qu’une affaire d’argent et d’équipement high-tech en emportant huit personnes dans la même nuit, puis quatre supplémentaires dans les semaines qui suivront. Parmi les victimes figurent notamment Rob Hall, Andy Harris et Scott Fischer, alpinistes pris dans une tempête alors qu’ils amorcent la descente tardivement en raison de clients épuisés. Everest est leur histoire, récit que Baltasar Kormákur ne cherche absolument jamais à transformer en fable héroïque à grand spectacle. A l’instar de l’injustement méconnu Nanga Parbat, film allemand inédit en France et narrant l’incroyable aventure des frères Messner sur l’un des « petits » 8000, Everest mise davantage sur la puissance dramatique que sur le feu d’artifice visuel. Préparé avec l’approbation des rescapés – notamment Beck Weathers et Guy Cotter –, Everest parvient à trouver le juste équilibre. Reconstitution fidèle, le métrage oscille presque entre docu-fiction et gros projet de studio.

 

 

Aguerri au film de survie réaliste – le très bon Survivre –, Baltasar Kormákur livre une copie vibrante. Le cinéaste parvient à construire son métrage comme un long run haletant, tendu à souhait, presque hypnotisant. Everest ne sombre à aucun moment dans le pathos de bas étage, et parvient à une fusion quasi-parfaite entre passades vertigineuses – les images de la marche sur l’arrête sud-est et l’ascension du ressaut Hillary sont à couper le souffle – et séquences d’émotions brutes. Le film est avant tout pensé comme un bel hommage aux disparus de cet été 1996, mais Kormákur n’en oublie pas pour autant de creuser les personnages, leurs failles et leurs craintes. Le travail est particulièrement probant en ce qui concerne les personnalités de Beck Weathers et Scott Fischer, aventuriers poussés au-delà du raisonnable par l’orgueil et la fascination des hauts sommets. Malgré un timing conséquent d’un peu plus de deux heures, Everest reste cependant imparfait. Kormákur élude notamment bon nombre d’aspects intéressants en ce qui concerne les expéditions en haute montagne, à commencer par le rôle crucial des accompagnateurs locaux, Sherpas et Sirdars, ici relégués en simples figurants. Dommage. Le métrage fait par ailleurs globalement l’impasse sur la difficulté du trek initial, qui permet aux candidats de gagner le camp de base installé au pied de la montagne. Le travail de Baltasar Kormákur gagnera ainsi à être complété par une lecture assidue du passionnant livre de Jon Krakauer – l’un des survivants –, Tragédie à l’Everest, qui bien qu’adoptant un point de vue parfois différent apporte de multiples éclaircissements sur les événements.

 

 

Sur le plan technique et artistique, Baltasar Kormákur signe tout simplement le meilleur film de montagne de l’histoire du cinéma. Les images sont somptueuses, aussi belles qu’effrayantes. Le réalisateur double sa maitrise du cadrage par une utilisation du son virtuose, le métrage étouffant le spectateur dans sa tempête en ne laissant que de rares respirations salvatrices lors des échanges téléphoniques entre Rob Hall, pris au piège et condamné, et son épouse. Le tout est proposé dans un scope majestueux, format extra-large qui permet au cinéaste de capturer des panoramiques affolants, sublimés par une 3D qui offre ici une sympathique profondeur de champ. Everest s’avère tout aussi irréprochable en ce qui concerne le casting, constitué autour de quelques-uns des acteurs les plus en vue à Hollywood. La prestation du caméléon Jake Gyllenhaal est absolument savoureuse, ce dernier se fondant littéralement dans la peau d’un Scott Fischer extravaguant et décrit par les survivants comme une pure tête brulée – le nom de sa société, Mountain Madness, parlait presque pour lui –. Josh Brolin et Jason Clarke sont également parfaits.

 

 

Everest est un beau cadeau pour tous les fondus de montagne comme pour les cinéphiles. Passionnant malgré ses manquements, le travail de reconstitution mené par  Baltasar Kormákur s'avèreremarquable. Epique, puissant et visuellement soigné, Everest est un magnifique devoir de mémoire envers les disparus. Tout comme une véritable marque de respect envers la montagne, considérée comme la « Déesse mère des vents » dans les croyances Tibétaines.

 

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