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Critique Evil Dead

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Sam Raimi est un génie. Pas grand monde ne contredira cela, hormis peut-être les non connaisseurs. Et pourquoi donc qualifier le cinéaste américain de génie ? Citons juste quelques titres de sa filmographie, tels Darkman, la trilogie Spiderman ou encore Mort ou vif et Un plan simple. Quels critères pour ce qualificatif ? Caméra virtuose, sens du rythme ou de la comédie sont des expressions qui  viennent spontanément quand on cite son nom. Et tout cela a pris son envol grâce à un film, presque amateur dirons-nous, dont le nom, 30 ans après résonne encore aux oreilles des amateurs d'horreur. Ce film, Evil Dead, est le premier d'une trilogie à nulle autre pareille, véritable tour de force qui aura eu le mérite de révéler, outre Raimi, l'un des frères Coen – dont Raimi est un ami – et le fou furieux qu'est l'acteur principal du film, Bruce Campbell.

 

 

Une bande d'amis décide de se rendre en vacances dans une maison située en plein cœur d'une forêt. Suite à des événements étranges, ils vont trouver dans la cave un magnétophone et un livre. Le premier leur révèle qu'un archéologue vivait dans la maison pour y étudier le contenu du livre suscité, le Necronomicon, soit Le livre des Morts. Celui-ci, relié en peau humaine et écrit avec du sang, contient des incantations permettant de réveiller des forces maléfiques. Mais l'enregistrement contenait également les incantations, et une fois la bande diffusée, le cauchemar va alors s'emparer des amis. On a dit beaucoup de choses depuis sa sortie sur Evil Dead. Que c'est un premier film étonnant de maturité et de maîtrise en dépit du faible budget – 350 000 billets verts de l'époque –, que Sam Raimi excelle à passer de l'horreur à l'absurde en un plan ou bien encore que son remake – séquelle –, Evil Dead 2 lui est bien supérieur. Ce qui, compte tenu que c'est la quasiment la même histoire, et la même équipe aux commandes, paraît on ne peut plus normal. D'ailleurs, Evil Dead 2 est bien plus souvent cité que le premier volet par les amateurs du genre. Mais la grande différence entre les deux films tient surtout au ton. En effet, Evil Dead premier du nom fait vraiment peur et est bien plus sérieux en dépit de quelques facéties perpétrées par les démons. N'y voit-on pas un femme se faire violer par des arbres, le tout filmé le plus sérieusement du monde ? 

 

 

Evil Dead fout la trouille. La vraie. On a un peu tendance à l'oublier mais ce film avec lequel Raimi a éclaboussé le monde de son talent est avant tout un pur film d'horreur, véritablement novateur pour l'époque. Allant crescendo, le scénario ne laisse pas la place à autre chose que ce que le pitch dévoile : quelques jeunes se trouvent confrontés au réveil de démons antédiluviens. Et de là, Raimi construit son film tel un train fantôme, jouant des effets de caméra et avec le son, sa marque de fabrique que l'on retrouvera d'ailleurs dans le second volet, démultipliée cette fois-ci. Le film se concentre donc sur l'attaque des démons, ne perdant pas de temps en palabres inutiles, puisque dès les premiers plans montrant les jeunes en route vers la maison, le montage enchaîne régulièrement avec d'autres plans où la caméra, libre d'attaches se balade en forêt assez rapidement de façon à reproduire une quelconque créature se mouvant de manière fluide – et surtout non humaine. Flippant d'autant que seule notre imagination travaille, aidée en plus par des bruits à la sonorité « autre ». Alors certes, les mauvais esprits râleront – et à tort – que le film fait amateur et vieillot, mais ce serait faire l'impasse sur l'essentiel. La peur provoquée est toujours aussi prégnante de nos jours, faisant d'Evil Dead un film qu'on n'oublie pas de si tôt. Car Raimi mise tout sur l'atmosphère, aidé en cela par son sens du cadre et un décor rarement aussi bien exploité. Evil Dead a fait date et est toujours autant adulé, à juste titre. Et ce n'est pas par hasard si Eli Roth s'est révélé avec un film proche des Evil Dead et si  trente ans plus tard, Joss Whedon – papa de Buffy contre les vampires et réalisateur du futur The Avengers – produit un film bâti sur le même pitch et appelé Cabin in the woods !

 

 

Sam Raimi est bien entendu le grand gagnant dans l'histoire. Non seulement il est aujourd'hui l'un des plus grands cinéastes en activité – et capable de s'attaquer à tous les genres – mais il a surtout entraîné une pléthore de vocations et a permis de démontrer que le talent transcende le manque de budget. Ses cadrages désaxés et ses mouvements de caméra figurant les déplacements des démons font encore autant mouche malgré qu'ils aient été copiés maintes et maintes fois. Face à la caméra un seul acteur sort du lot. Le héros, incarné par Bruce Campbell, sorte de bon pote pas trop intelligent mais débrouillard et doté d'un instinct de survie démesuré. Il n'est pas encore aussi démonstratif que dans le second volet mais sa performance est à souligner. Signalons également la très bonne musique de Joseph LoDuca, qui travaillera plus tard notamment sur Le pacte des Loups de Christophe Gans.

 

 

Quoi que l'on pense de ce premier volet, il est une chose indéniable. C'est qu'Evil Dead fait peur. En dépit de son budget misérable, le film enterre bon nombre de nanars censés nous donner la chair de poule dont on nous abreuve depuis pas mal d'années. Certes, difficile d'y déceler maintenant une quelconque originalité tant il a été copié mais Evil Dead est une date dans le film d'horreur et rien que pour cela il mérite de figurer dans chaque vidéothèque. Ce ne sont pas Les Nuls qui lui ont rendu un brillant hommage dans leur délirant La Cité de la Peur qui me contrediront. Aussi, fermez vos volets, baissez les lumières et préparez-vous à une trouille comme vous avez rarement eue. Le Necronomicon vous ouvre les portes de l'enfer. Pourquoi donc refusez l'invitation ?

Auteur : TONTON

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