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Critique Evil Twins

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Bigfoot et les Henderson, Une Equipe aux Anges, Le Gang des Champions 3 ou encore The Beginning Of Wisdom, autant dire que l’inconnu -  à juste titre - William Dear collectionne les daubes calibrées pour la diffusion télévisuelle familiale du dimanche après-midi. Le genre de projets tourné à la va-vite pour remplir les grilles horaires des chaînes privées les plus has-been du moment. En 2006, cet artisan du projet de commande miteux se lançait pourtant dans le film de genre avec Simon Says, aujourd’hui rebaptisé Evil Twins pour sa tardive distribution Française. Sans réelle surprise, le résultat s’avère d'une impressionante médiocrité, le lourd poids des années accablant encore davantage une pseudo-œuvre déjà relativement creuse et hautement inutile.

 

 

Reconnaissons au moins une qualité à Evil Twins : le visuel Français adopté pour la sortie DVD s’avère diablement efficace et accrocheur, et laisse espérer une probable affiliation à tout un pan du survival hardcore des seventies, Massacre à la Tronçonneuse en tête de liste. Si le métrage de William Dear n’hésite pas à se revendiquer en tant que tel à l’occasion d’une séquence d’auto-stoppeur en forme de clin d’œil, l’ensemble tend plutôt vers le nanar pur jus que du côté du film de survie tendu et viscéral. Techniquement, Evil Twins fait preuve d’un amateurisme total et navrant, d’autant plus lorsque l’on constate la longévité de son géniteur au sein de l’industrie cinématographique américaine. Non content de se voir doté d’une esthétique pourrave de téléfilm – probablement inhérente à un tournage en vidéo HD sublimé par une direction photo sans ambition –, le métrage cumule presque toutes les tares imaginables et s’apparente d’avantage à un témoignage de fin d’études qu’à un projet digne de ce nom. L’ensemble se montre cheap sur tous les bords et n’hésite jamais à laisser transparaitre sa misère financière dans une réalisation de clochard, William Dear se fendant d’une ribambelle de plans hideux aussi mal cadrés que tremblotants, souvent accompagnés d’effets dignes d’un débutant sous after effects. Entre floutés risibles et mouvements avant / arrière effectués à l’aide du zoom de la caméra plutôt que via un travelling traditionnel, le cinéaste emballe le tout avec un je m’en foutisme avéré. A peine plus travaillé qu’un film de cul shooté en trois jours, Evil Twins est un véritable massacre artistique habillé d’un montage opéré à la hache et regorgeant de faux raccords proprement aberrants. 

 

 

Tout aussi calamiteux mais néanmoins plus excusables, les rares effets numériques d’Evil Twins accusent près de quinze ans de retard, et ne font que souligner l’invraisemblance des situations. Les effets gores sont si exagérés que chaque coup porté est prétexte à une explosion nucléaire de bidoche, William Dear multipliant à outrance les boucheries afin de tenter d’apporter un semblant d’intérêt à son projet. Un choix qui atteint des sommets de nullité lorsque ce dernier ajoute aux protagonistes originels une troupe de pseudo-bidasses adeptes du paintball uniquement jetés dans ce chaos pour servir de viande hachée à un boogeyman revêtant un ridicule camouflage en feuilles de circonstance. Débarqué d’on ne sait où, les compagnons de la bille de peintures se voient dézingués par demi-douzaine en deux minutes trente montre en main. Juste le temps de se demander s’il ne s’agit pas d’une erreur de montage avant de passer à la séquence suivante et de revenir à l’histoire. Au rayon des énormités, Evil Twins ne se pose aucune frontière : catapulte en bois antique qui tire une cinquantaine de pioches à la seconde, victime qui continue à tirer sur son joint en se faisant dépiauter, héroïne se dissimulant dans le corps (?) de l’un de ses comparses, lecteur discman – preuve du retard technique d’Evil Twins – capable d’éjecter un album façon « mange disque » alors que celui-ci était équipé d’un clapet… Le métrage de William Dear se profile définitivement en champion toutes catégories du n’importe quoi cinématographique.

 

 

Cette volonté d’exubérance ininterrompue confère au moins au travail de William Dear un côté fun difficilement égalable. Bien que l’effet recherché soit probablement tout autre, Evil Twins se doit d’être abordé comme un ultra-Z bien fendard. Le scénario adopté et développé par le cinéaste ne pouvait que s’avérer propice à collecter tous les pires clichés du genre, dans lesquels Dear se vautre avec une impressionnante facilité. Le casting se compose ainsi avec bonheur de la blonde atomique, de l’innocente héroïne, du défoncé de service, de la cruche de base ainsi que du sportif infidèle. Difficile de faire pire, ce à quoi le réalisateur s’attelle pourtant en jetant son petit monde dans des bois perdus et forcément habités par un gogol indestructible. Appréhendé au dixième degré, Evil Twins livre sans broncher le matériel nécessaire pour s’en payer une bonne tranche, d’autant plus lorsque les comédiens se lancent dans des tirades alambiquées. Ce qui fort heureusement, n’arrive que rarement. Pourtant habitué des plateaux, le vieux de la vieille Crispin Glover  - Vendredi 13 : Chapitre Final, Retour vers le Futur - dépeint malgré tout un méchant aux traits tellement forcés qu’il en devient comique. Sur-joué à l’extrême limite du raisonnable, le personnage du « jumeau maléfique » inscrit définitivement Evil Twins dans un grand guignol difficilement défendable, mais assurément marrant.

 

 

Mal fagoté et terriblement prévisible - le twist final – attendu depuis les premières minutes -, Evil Twins est pourtant aussi attachant qu’un House Of The Dead dans sa connerie démesurée. Un film absolument minable et raté, mais un divertissement plutôt honnête, à condition d’apprécier un tant soit peu le B décérébré qui tache sec.

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