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Critique Evilenko

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« Regardez-moi de haut, vous verrez un idiot. Regardez-moi d’en bas, vous verrez votre seigneur. Regardez-moi en face, vous vous verrez vous-même » (Charles Manson). Une phrase qui à elle seule explique la fascination morbide de la masse pour les tueurs en série. Et ces caméléons ont souvent été portés à l’affiche, de BTK à Clean, Shaven en passant par Seven et C’est arrivé près de chez vous, le thème a été traité sous tous les angles. David Grieco ajoute sa pierre à l’édifice avec Evilenko, adaptation de son propre roman « Le Communiste qui mangeait les enfants » qui a pour sujet Andreï Chikatilo, tueur en série russe qui a mutilé, abusé et tué 52 femmes et enfants durant la guerre froide. La traque de cet homme avait déjà fait l’objet d’un film, Citizen X, relatant la vie de l’enquêteur. Evilenko, quant à lui, se focalise sur le meurtrier mais reste une fiction et non une œuvre biographique, ni un documentaire (Andrei Chikatilo, la bête de l'Ukraine).

 

 

Le ton est donné dès l’amorce du métrage, l’ambiance malsaine et les images ternes rappelant la misère ambiante à cette époque. Le tout appuyé par Evilenko, alors professeur, qui lance avec ferveur un discours communiste à un de ses élèves, lui rappelant par la même occasion qu’une grande partie de ses camarades n’a plus de parents. Le côté sombre du personnage est très vite mis en avant avec une tentative de viol survenant dans les premières minutes. Par la suite, le protagoniste se voit pourvoir un poste au KGB où il a pour mission de surveiller ses camarades au sein de l’entreprise de chemins de fer. Débute alors la grande série de meurtres. David Grieco se garde bien de tomber dans le gore à outrance, laissant le soin au spectateur d’imaginer l’horreur des meurtres à travers les traces de sang et les dialogues des enquêteurs. Ces dernières scènes étant rares et de très bonne facture, autant du point de vue de la photographie que de la mise en scène, elles ne manqueront pas de faire tressaillir les âmes sensibles. Ce choix s’avère donc payant, d’autant plus que le réalisateur a à sa disposition un Malcolm McDowell en très grande forme ce qui lui permet de développer efficacement le côté psychologique du personnage. L’interprétation quasi parfaite de l’acteur,  faisant ressentir la folie du personnage jusque dans ses face à face avec lui-même sans tomber dans le ridicule. Le mépris de cet homme pour la société dans laquelle il évolue se ressent à travers chacune de ses paroles et par ses dires le film prend une étonnante tournure politique.

 

 

Le film opère un parallèle entre la maladie de notre homme et le déclin du régime communiste, à croire que le saint esprit est parti avec le père et que cet abandonné a trouvé dans la rigueur du modèle stalinien un mirage de figure paternelle, béquille fissurée par un désir de liberté national naissant. Le psychologue présent dans le film fait aussi ce lien, lui qui est le symbole d’un monde en changement de par son homosexualité affichée se retrouve face à une énigme nouvelle avec cette maladie. Loin de juger l’assassin, il le voit plus comme un sujet d’expérience, point de vue contrebalancer par l’opinion du limier qui qualifie Evilenko de monstre. Ces deux personnages placent le métrage entre légitimité des actes du meurtrier et jugement aveugle, un équilibre difficile à trouver mais Grieco s’avère être un véritable funambule. L’assassin lui-même oscille entre deux états allant de l’hypersensibilité au sadisme impulsif, parfois dans l’incohérence la plus totale, mais toujours avec une grande crédibilité. Le métrage souffre cependant de quelques longueurs dues en grande partie à une atmosphère étouffante, mais aussi aux développements des divers genres dans lequel le métrage progresse. Entre psychologie, politique, philosophie et thriller, le spectateur a vite fait de se perdre en s’interrogeant sur les motivations du réalisateur à chaque fois qu’une critique est faite sur le régime ou sur l’homme.

 

 

Point positif, les décors sont extrêmement travaillés et l’observateur se retrouve plongé en pleine époque soviétique, propagande, uniformes, pauvreté, tout y est. Le cannibale se retrouve doté d’un pouvoir hypnotique, dans le but probable d’effectuer une comparaison avec la domination absurde de l’administration et la docilité du peuple. Le travail de mise en scène et de photographie atteint son apogée lors de l’interrogatoire du meurtrier. Les deux hommes se font alors face assis face à face sur un sol rouge sang, nus, aussi bien physiquement que psychologiquement lors d’un échange dérangeant où le bourreau jubile une dernière fois. Entretien qui marquera un tournant dans la vie des deux protagonistes, symbole de la prise de distance avec le régime communiste. L’entretien se termine avec une nouvelle opposition entre l’ouest favorable à l’internement et l’étude du schizophrène et l’est qui souhaite sa mise à mort. Si cette sentence n’est pas montrée à l’écran, elle semble cependant être dénoncée. Léger  rappel que si le sang des innocents ravit les coupables, l’inverse est tout aussi vrai. Et l’air enfantin qui habille le visage d’Evilenko à la fin de l’œuvre ne peut laisser insensible, ultime mise en avant du contraste entre les deux personnalités du meurtrier.

 

 

Evilenko se démarque de part l’interprétation exceptionnelle livrée par McDowell, mais aussi par cette tentative de critique indirecte du régime stalinien à travers la maladie du meurtrier. Bien qu’intéressant, il reste à réserver aux spectateurs les plus éveillés, philosophie et politique s’entremêlant. Un cocktail difficile à avaler.

Auteur : FAB

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