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Critique Ex Machina

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L'émergence d'une possible intelligence artificielle inspire plus que jamais le cinéma. Si Chappie aura bénéficié d’une exposition légèrement plus marquée que d'autres métrages consacrés au sujet, des œuvres comme The Machine ou Automata auront parallèlement proposé des variations intéressantes sur les rapports humains / machines. Le romancier-scénariste Alex Garland, collaborateur privilégié de Danny Boyle – notamment sur La Plage et 28 Jours plus Tard –, aborde à son tour la thématique avec un sérieux manifeste. Bien qu’étant à l’origine du script de l’un des métrages de SF les plus impressionnants de la précédente décennie – l’incroyable Sunshine –, Garland fait de son Ex Machina un métrage intimiste et tout en retenue.

 

 

Garland est un artisan du bizaroïde et de l’anticonformisme. Vendu comme un blockbuster pour midinettes en son temps, le film adapté de son roman La Plage aura dérouté plus d’un spectateur. Tout comme le traitement radical et résolument novateur du zombie-flick rédigé avec Boyle pour 28 Jours plus Tard. Garland est le genre d’artiste à se moquer des codes et des conventions, quitte à perdre une partie de son potentiel public en cours de route. Ex Machina, son premier long en temps que réalisateur, témoigne une nouvelle fois de l’engagement du cinéaste en faveur d’un cinéma du sensitif et de l’étrange. Une approche de l’art qui s’appuie plus volontiers sur l’aspect psychologique et la puissance dramatique des interactions entre les personnages que sur les effets visuels. Ex Machina se profile ainsi en huit-clos mystérieux. Caleb est ici un jeune programmateur employé par l’une des plus grosses entreprises d’informatique au monde. Convoqué par son patron, un homme solitaire isolé dans les montagnes, ce dernier découvre qu’il lui est demandé de travailler avec la première intelligence autonome, un robot féminim prénommé Ava. Nathan, le PDG de Blue Book, affiche cependant une personnalité complexe et torturée dont Caleb apprend rapidement à se méfier. Sur le fond, Garland n’amorce aucune révolution. Très classique dans sa narration, Ex Machina semble de prime abord presque anecdotique, sentiment renforcé par une première moitié de film plutôt banale.

 

 

Si le métrage tarde à installer son climax, ce dernier prend cependant soin d’y positionner des personnages complexes – dont le fameux robot – ainsi  qu'une ambiance oppressante qui amène progressivement un épais suspense. Garland insuffle un véritable trouble sur les motivations de chacun, Ex Machina s’affranchissant de mini-twists qui imposent, certes tardivement mais efficacement, une appréciable dynamique à l’ensemble. Le tout débouche de plus sur un final inattendu, radical et très bien pensé. La dramaturgie particulièrement poussée de l’œuvre se repose en grande partie sur des références quasi-bibliques : le film est en effet décomposé en sept phases correspondant à sept journées passées avec l’androïde Ava, schéma référence au sept jours nécessaires à Dieu pour façonner l’espèce humaine et lui attribuer sa liberté. Sept chapitres au cours desquels Garland aborde avec brio les différentes facettes de l’homme, des plus belles – l’amour tient ici une place importante – aux plus sordides, ces dernières influençant inévitablement la construction personnelle de l'intelligence « naissante ». Ex Machina se profile presque à ce titre comme un récit initiatique et de la perte d’innocence qui en découle. Plutôt passionnant.

 

 

Le petit casting rassemblé par le réalisateur pour les besoins de cette « expérience » de cinéma apporte toute sa crédibilité à l’œuvre. Oscar Isaac y est plus particulièrement hallucinant en créateur bicéphale. Ce dernier donne corps à quelques séquences proprement hallucinantes, dont une scène de danse délirante, à l’image de la folie et de la mégalomanie qui habite le personnage. Chapeau bas. Domhnall Gleeson – qui sera prochainement à l’affiche de Star Wars aux côtés d’Isaac – et la jeune actrice suédoise Alicia Vikander sont parallèlement parfaitement justes dans leurs rôles respectifs. Pour son premier film, Garland assure pour sa part côté technique en affichant une grande sobriété. Ex Machina n’a rien d’une démonstration visuelle, et ce dernier privilégie donc les cadres larges, posés. Le film est simple, beau, sans artifices, transcendés de d’occasionnels et superbes arrêts sur des paysages montagneux qui semblent presque matérialiser l’idéal de liberté tant recherché par les protagonistes.

 

 

Ex Machina est un métrage particulier, rendu difficile d’accès par une rythmique mesurée ainsi que par une mise en place des éléments particulièrement lente. Garland livre cependant une intéressante réflexion sur la condition humaine, son évolution et ses vices. Son premier long-métrage mérite à ce titre un visionnage plus qu’attentif, ne serait-ce que pour la performance de ses acteurs, peu nombreux mais précieux.

 

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Votre réponse :

oinotonio 18-01-2017
J'avais aussi tenté l'exercice de l'analyse de ce super film de SF.
https://oblikon.net/analyses/ex_machina-analyse-du-film-et-explications-de-la-fin/

 

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