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Critique Projet 666

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Marcus Nispel semblait promis à une belle carrière dans le registre horrifique / fantastique. Le destin et quelques choix malheureux en auront pourtant décidé autrement. A la tête du remarquable remake de Massacre à la Tronçonneuse, le réalisateur Allemand cherchera par la suite à développer des projets plus personnels sans jamais rencontrer le succès escompté. Son viking-movie, Pathfinder, sera littéralement atomisé par la critique, alors que sa libre adaptation d’Alice aux Pays des Merveilles avec Sarah Michelle Gellar ne dépassera jamais le stade de la préproduction. Nispel se rattrapera commercialement avec deux remakes plus ou moins réussis : Vendredi 13 et Conan. Anciennement connu sous le nom de Backmask puis Exceter, Projet 666 patientera pour sa part de longues années dans les tiroirs de ses producteurs. Non sans raisons.

 

 

Tourné dans le courant de l’année 2011, Projet 666 aura connu quelques beaux rebondissements. Une date de distribution multi-reportée pour le marché américain, des changements de titres – le film devrait d’ailleurs être baptisé The Asylum dans certains pays – et un rachat des droits par l’inévitable Jason Blum. Une phase de « distribution-hell » a peine étonnante au vu du produit final. Car si Nispel s’est par le passé rendu de quelques œuvrettes / relectures parfois maladroites, son approche parvenait à conserver un sens du divertissement plutôt correct. Ce n’est clairement pas le cas pour Projet 666, qui se profile comme un ratage quasi-complet. Outre le fait d’affiche un synopsis vu et revu, le métrage se vautre dans tous les poncifs possibles et aligne des séquences d’une révoltante niaiserie. Le postulat initial pouvait pourtant faire illusion. Confinés dans un vieil asile pour enfants afin de faire la fête, un groupe de jeunes se prête à l’éternel jeu des incantations sataniques. Ces derniers semblent réveiller un truc bien virulent qui prend aussitôt possession de l’un des pauvres adolescents. S’en suit tout un tas de manifestations étranges et de révélations pseudo-incroyables, le tout empilé n’importe comment. Nispel en profite par ailleurs pour sombrer dans un délire total à base de drogues, d’alcool et de dialogues vulgos. Hystérique, Projet 666 verse rapidos dans un amoncellement insupportable de séquences bruyantes faussement rock’n’roll mais assurément casse-burnes.

 

 

Le seul truc crédible dans ce Projet 666 tient dans une remarque de l'un des protagonistes vis à vis du cul de Brittany Curran. Un scénariste avisé aurait ajouté que cette dernière a également été dotée de magnifiques nibards. Pour le reste, Exeter navigue dans un néant scénaristique intersidéral. Marcus Nispel livre ici un métrage sans queue ni tête, dénué de personnages véritablement attachants. Pire, l’ensemble se risque à un second degré qui, à défaut de rendre « l’œuvre » barrée et singulière, lui colle un côté grand-guignol complètement ridicule. Nispel fait en effet preuve d’une exagération délirante, de l’exorcisme minable réalisé à partir d’un tutoriel Youtube – ! – aux décès bidons à souhait des membres de cette véritable confrérie de la misère intellectuelle. Le film tisse péniblement une intrigue à deux-balles en arrière fond, le genre d’historiette à base de gamin possédé qui a déjà donné corps à une infinie ribambelle de produits sans grand intérêt. Si le twist final passe assez bien – miracle –, Projet 666 est de plus bien curieux produit. Mercantile sur bien des aspects – le sempiternel scénar’ de possession est souvent synonyme de bénéfices records –, le film fusille étrangement son potentiel purement commercial en affichant un usage frénétique du gore et de vulgarité. Le tout manque clairement toutes ses cibles : les ados adeptes du grand frisson comme les aficionados exigeants de cinéma bis.

 

 

Projet 666 profite au moins de l’expérience technique de son géniteur. Nispel n’est clairement pas un manche, et emballe une nouvelle fois son métrage dans des couleurs glauques particulièrement soignées. A la fois résolument moderne et respectueux des codes old-school du film de genre, Projet 666 est parfaitement tenu sur le plan visuel. Si le scope aurait probablement achevé avec brio le tableau, l’ensemble est beau, lisible, magistralement éclairé. Le film affiche certes occasionnellement quelques carences inhérente à un cruel manque de budget – les CGI sont plus que limites –, mais Nispel répond au cahier des charges. Il en est tout autrement des acteurs, qui s’affranchissent de prestations au mieux transparentes, souvent pitoyables. Brittany Curran s’en sort un peu mieux que la moyenne. A moins que le jugement du spectateur lambda ne soit faussé par ses remarquables attributs cul / nichons. C’est bien possible. C’est plus que possible. Le reste du casting envoie du lourd, aussi bien visuellement – le relou qui se ballade en slip pendant 1h30, merci Nispel – qu'au niveau de l'interprétation. Urgh.

 

 

Projet 666 est probablement l’un des films les plus cons et mal foutus de l’année. Le constat est d’autant plus difficile que le tout présente de réelles qualités esthétiques et que Marcus Nispel a une véritable touche, un talent qui semble depuis quelques années désespérément sous-exploité. Un manque de flair pour le « bon » scénario qui pourrait à terme condamner le cinéaste à la réalisation de nanars de seconde zone. En ce qui concerne cette « arlésienne » horrifique, passez votre chemin.

 

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