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Critique Extraordinary Tales

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Etrange projet que ce Extraordinary Tales. Vétéran de l’animation « traditionnelle » et artisan expérimenté en matière de grosses productions enfantines, l’espagnol Raul Garcia affiche un CV bien chargé : l’artiste a notamment eu l’occasion d’intervenir chez Disney sur les cartons commerciaux et intemporels que sont Aladdin, Pocahontas et Le Roi Lion ainsi qu’aux côtés de Robert Zemeckis pour le cultissime Qui veut la peau de Roger Rabbit. Quasi-absent du milieu depuis la fin des nineties, Garcia marque aujourd’hui son retour avec un film à sketchs ambitieux et extrêmement personnel visant à proposer un panel de cinq courts inspirés d’Edgar Allan Poe. L’occasion pour lui d’expérimenter différentes techniques d’animation et de laisser libre court à ses envies artistiques.

 

 

Extraordinary Tales est un métrage presque expérimental, particulier dans le ton et l’approche graphique. Garcia assemble ici cinq courts adaptés des écrits de Poe, plus précisément de nouvelles piochées au sein des prestigieux recueils « Histoires Extraordinaires » et « Nouvelles Histoires Extraordinaires » : La chute de la maison Usher, Le cœur révélateur, La vérité sur le cas de M. Valdemar, Le puits et le pendule ainsi que Le masque de la mort rouge. Cinq historiettes sans liens apparents, situées à différentes époques et traitant de thématiques légèrement différentes. Garcia relie ces « segments » par des interludes poétiques mettant en scène un corbeau – l’âme de l’écrivain – et la mort, qui se dresse ici en véritable fil rouge des différents récits. Exception faite de ce sujet transversal, Garcia envisage chaque « conte » macabre sous un angle différent. Avec plus ou moins de réussite.

 

 

Chaque court affiche son style et ses ambitions. Deux segments se détachent néanmoins du lot. Le cœur révélateur s’habille d’un esprit comic-book indé' d’une absolue noirceur, le film étant emballé dans un noir et blanc dépouillé mais incroyablement profond qui n’est pas sans rappeler les travaux de Franck Miller sur les bandes-dessinées Sin City. Le second mini-choc de cette anthologie est l’adaptation de La Vérité sur le cas de M. Valdermar qui, en plus de d’afficher la narration la plus fluide et accessible de ce projet Extraordinary Tales, mise sur une esthétique pulp rétro absolument irrésistible. Si l’association de cinq courtes « expérimentations » afin d’atteindre la durée d’un long-métrage pouvait sembler casse-gueule, Raul Garcia parvient habillement à créer du lien et à construire une atmosphère commune. L’ambiance, sombre et envoutante, tient notamment ici dans l’usage maitrisé des clairs-obscurs, mais également dans l’élégante partition sonore composée par Sergio de la Puente.

 

 

Malgré ses grandes qualités, le projet de Raul Garcia manque malheureusement parfois de consistance. Le cinéaste-animateur dépouille en effet drastiquement certaines nouvelles de l’auteur, au point de ne parfois dresser qu’un semblant de synopsis en arrière-fond afin de justifier l'exercice de style visuel. Le puits et le pendule et Le masque de la mort rouge peinent plus particulièrement à convaincre, le premier péchant par une construction assez bizarroïde du récit ainsi qu’une absence de véritable conclusion et le second par une trop grande simplicité du contenu. Dommage. Les aficionados de cinéma fantastique apprécieront néanmoins de retrouver aux postes de narrateurs quelques belles pointures du cinéma de genre : Christopher Lee, dans l’un de ses derniers « rôles », mais également le réalisateur visionnaire Guillermo Del Toro ou encore le producteur expert en nanars fauchés Roger Corman.

 

 

Extraordinary Tales est un projet singulier et visuellement remarquable. Les fous d’animation apprécieront les partis pris de Raul Garcia, qui se présente ici en artiste complet et inspiré. L’ensemble vaut cependant davantage pour son audace purement formelle que pour le fond, parfois un peu trop léger pour envouter totalement. Extraordinary Tales reste malgré tout une belle expérience de cinéma.

 

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