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Critique F

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Comment effrayer les britanniques ? Oubliez les zombies dévoreurs de chair, les boogeymen au pas lourd ou les esprits frappeurs et mettez les protagonistes face à de jeunes voyous à capuche. Le hoodie horror est un genre bien connu en Angleterre, souvent dur et résolument 1er degré, il traduit la délinquance et la recrudescence de la violence, Eden Lake étant l’un des meilleurs exemples récents. Après avoir enchaîné les longs métrages médiocres (Hellbreeder, Chasseurs des Ténèbres ou Forest of the Damned), Johannes Roberts apporte aujourd’hui son grain de sel avec F et propose un film de siège aux allures de slasher intéressant mais qui tourne malheureusement trop rapidement en rond.

 

 

 

En Angleterre, les hoodies représentent une réelle peur collective entretenue avec succès par les médias de toutes sortes. Contrairement aux différents courants de la jeunesse comme les Teddy Boys, les Punks, les Rockers et autres qui étaient liés par une certaine pop-culture, les hoodies sont assimilés – économiquement – au bas de l’échelle, en constante opposition avec la société. F met en scène un professeur qui, suite à une violente agression de la part d’un élève pour lui avoir mis un F, tombe en dépression, dans l’alcoolisme et voue une obsession pour les problèmes de sécurité en milieu scolaire. Un soir, un groupe d’adolescents meurtriers prend d’assaut l’université, mais alors que l’enseignant tente de prévenir du danger, ses paroles ne sont pas prises au sérieux et il va tout faire pour retrouver sa fille. Le titre du métrage a ici une double signification : F est une mauvaise note donnée à un élève et est considérée comme une humiliation, mais c’est aussi la lettre du bâtiment au sein duquel se déroulent les évènements. Johannes Roberts utilise l’image de ces hoodies, bien gravée dans l’inconscient collectif, pour installer sa menace. Derrière ce pitch rentre-dedans, le métrage est avant tout une critique du système scolaire britannique où les conditions de travail ne sont pas toujours faciles. Sans généraliser, on retrouve certains élèves agressifs et irrespectueux dont les écarts de conduite sont reprochés aux enseignants souvent désarmés. Des absurdités qui entretiennent une violence constante et la banalise aux yeux de la jeunesse se déchargeant de toute responsabilité.

 

 

Ce qui fait la particularité du cinéma britannique est sans aucun doute sa noirceur si particulière. F ne déroge pas à la règle et propose une vision pessimiste et sans issue. Au final, F ne propose rien de bien neuf et reprend le discours tenu par un Class 1984 ou un Graine de Violence en le mettant au goût du jour et en supprimant toute extravagance. Seulement, sous ses airs assez classiques, la pellicule surprend dans son traitement. Les assaillants sont ici totalement dépersonnifiés et le film tourne presque au surnaturel. Les visages dissimulés sous une capuche et imperceptibles – donnant ainsi une allure de boogeyman, on pense notamment à Urban Legend –, des mouvements bestiaux – silencieux, agiles, grimpant partout, faisant penser à des prédateurs – et une absence totale de sensibilité face aux atrocités commises. Les adolescents sont donc présentés davantage comme une entité démoniaque omniprésente que comme des individus à part entière. F frappe un grand coup par son atmosphère mais trouve rapidement ses limites. Malgré une durée réduite – 1h15 environ –, le métrage tourne en rond dès les 1ers assauts. La formule utilisée est usée jusqu’à la moelle : musique stressante, apparition des adolescents, panique de la victime et on coupe pour voir le résultat quelques scènes plus tard. La suggestion est un choix judicieux et trouve son efficacité dans les 1ers instants, mais son utilisation excessive la transforme finalement en gimmick anodin.

 

 

Heureusement, Johannes Roberts ne mise pas tout sur la tension et parvient à toucher son public via une violence psychologique mise en exergue par l’opposition entre des protagonistes à la personnalité et au passé existants, et des jeunes entièrement déshumanisés. Ce choc des cultures crée l’incompréhension. La violence graphique n’est que très peu présente mais aurait peut-être pu servir le film à plusieurs reprises. Ayant intelligemment pris le temps de mettre en place son histoire et d’étoffer ses personnages, tout le monde trouve sa place, même si certains font uniquement office de chair à canon – la bimbo de service. F est servi par des acteurs de haute volée avec une mention spéciale pour le rôle du professeur interprété par un David Schofield – Pirates des Caraïbes, Gladiator – qui fait peine à voir. Ce qui déroutera probablement le plus l’auditoire, c’est le final pour le moins inattendu, surprenant et frustrant à la fois. La toile de fond de violence juvénile est mise de côté pour se centrer sur des sujets beaucoup plus classiques – l’amour, la haine, les choix auxquels nous sommes confrontés – et fait table rase de toutes explications pour appuyer sur ce qui a toujours été le fil rouge du métrage : l’amour d’un père pour sa fille.

 

 

F est un divertissement honnête sur lequel plane l’ombre de John Carpenter et de son Assaut. Cependant, le tout reste un peu bancal, très répétitif et le discours tenu ne marquera pas les consciences. Rien de bien palpitant, on lui préfèrera un Eden Lake.

Auteur : TIBO

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