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Critique Faults

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Mary Elizabeth Winstead est de ces nanas mignonnes mais pas stéréotypées. Souvent cantonnée aux seconds rôles de grosses prods bien gonflées – Die Hard 4 : Retour en Enfer, Boulevard de la Mort –, la jeune actrice est globalement appréciée dans le film de genre et compte quelques petits divertissements sympathiques à son casier. Avec Faults, Winstead s'engage dans le cinéma indé' bien chelou et résolument anti-commercial. Impliquée dans la production de cette étrange bestiole cinématographique, cette dernière campe ici l'un des personnages les plus troubles de sa jeune carrière. Derrière la caméra, le newcomer Riley Stearns emballe un huit-clos à la fois intriguant et rebutant.

 

 

Faults est un film quasi-expérimental. Shooté en dix-huit jours avec une microscopique enveloppe budgétaire, le métrage se joue malicieusement des codes et usages du cinéma traditionnel pour se situer quelque part entre drame intimiste, thriller et comédie déjantée. Riley Stearns fait ici preuve d'un décalage total, anticonformisme qui se traduit par un usage de l'humour noir particulièrement bien affuté. Sur le papier, l'idée d'origine semble de prime abord simple, désespérément banale. Embrigadée par une secte du nom de « Faults », Claire semble progressivement perdre pied. Inquiets, ses parents décident d’engager un pseudo-expert des addictions religieuses afin d’essayer de ramener la jeune fille à la raison. Ex-star du petit écran couronné par le succès d’un unique ouvrage remarqué, le docteur Ansel Roth navigue depuis dans les galères financières. Ce dernier organise alors le kidnapping de Claire et amorce une psychothérapie contrainte. Steams aborde son œuvre comme un film noir, flou et torturé. L’ensemble s’avère à ce titre véritablement déroutant, le spectateur étant volontairement égaré dans un développement quasi-surréaliste au cours duquel les protagonistes se complexifient et s’enfoncent dans leurs névroses. Alors que le rapport patient / médecin semble un temps plutôt clair, le cinéaste s’amuse progressivement à flouter les rôles tout en ajoutant en périphérie une petite poignée de seconds rôles aux dégaines bizarroïdes.

 

 

Faults n’a pourtant rien d’une énigme métaphysique à la David Lynch. Si le film intrigue par sa structure, le fond reste relativement simple, limpide et aisément compréhensible. C’est probablement sur ce point que le bas blesse, Steams peinant à maintenir son suspense sur la longueur. Bien amené, le climax retombe malheureusement au fil du métrage, Faults virant dans sa seconde moitié dans une enfilade de retournements superflus et moyennement convaincants. Morne et répétitif sur le plan visuel – la grande majorité du film est capturée dans une chambre d’hôtel –, l’ensemble ne parvient jamais véritablement à compenser le minimalisme voulu en déroulant un « mindfuck » suffisamment labyrinthique pour maintenir la tension intacte de bout en bout. Le run final rattrape certes un peu la chose en suscitant de nouveau la curiosité, mais le cliffhanger ultime ne représente qu’une « petite » surprise au vu de la tournure des dernières séquences. Dommage.

 

 

L’affrontement verbal et psychologique entre le trop discret Leland Orser – The Guest, la trilogie Taken – et la mignonette Mary Elizabeth Winstead mérite cependant le coup d’œil. Les deux acteurs parviennent à dépeindre avec brio deux personnages parfaitement pitoyables, bourrés de failles mais étrangement drôles et attachants. Du très bon travail. Riley Stearns s’affranchit pour sa part d’un habillage triste au possible, bardé de couleurs dégueux, de floutés déconcertants et de mouvements neurasthéniques. L’approche technique du bonhomme contribue à rendre le tout difficile d’accès, en particulier lors de la seconde moitié, mais reste maitrisée.

 

 

Faults sème le trouble mais souffre d’handicapantes longueurs malgré un timing ultra-resserré. Si l’ensemble se montre correct et témoigne de tout le sérieux de son metteur en scène en matière de technique ou de direction d’acteurs, le fond aurait gagné à être épaissi, quitte à perdre plus franchement le spectateur au fur et à mesure de la progression. A réserver aux fans hardcore de cinoche barré.  

Auteur : BEN

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