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Critique Fear Clinic

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Robert Hall est un magicien du maquillage, mais un bien piètre réalisateur. Coupable de deux semi-atrocités cinématographiques avec les épisodes de Laid to Rest, ce dernier s’est malgré-tout fait un petit nom dans le milieu de l’horreur sans concessions. En témoigne la petite ribambelle d’acteurs sympathiques recensés aux castings de ses différents travaux : Danielle Harris, Lena Headey, Thomas Dekker ou encore Robert Englund. Plutôt maladroit sur ses longs, Hall était par ailleurs parvenu avec Fear Clinic a proposer un format original et remarqué. Diffusé sous la forme d’une web-série de cinq épisodes courant 2009, le concept est aujourd’hui décliné / réadapté afin de donner corps à un film indépendant. Hall recycle une bonne idée, mais accouche d’un produit mal fagoté et fauché au possible.

 

 

Les férus de néo-métal bien poilu ne manqueront pas noter la présence du charismatique Corey Taylor – chanteur de Slipknot – au casting, pour l’occasion flanqué d’une moustache ridiculement has-been. Ce dernier en profite d’ailleurs pour glisser un semi-inédit de son side-project Stone Sour. Et sinon ? Sinon rien. Nada. Que dalle. Fear Clinic est un gros Z bien crade à la Robert Hall, ni plus, ni moins. Le cinéaste avance pourtant ici un synopsis prometteur, intriguant et relativement tordu. Robert Englund y incarne un médecin tourmenté et désireux d’éradiquer les peurs viscérales de ses patients. Ce dernier a ainsi inventé un « caisson » qui lui permet de confronter les victimes à leurs craintes et d’ouvrir une porte vers je ne sais quoi. Bref, on ne sait pas comment l’affaire fonctionne, mais c’est efficace. Un an après avoir traité un groupe de jeunes survivants d’une fusillade sanguinolente, le Docteur voit pourtant revenir l’ensemble des ex-pensionnaires de sa cliniques de l’étrange. Hantés par des hallucinations de plus en plus réalistes, ceux-ci secrètent de plus une substance visqueuse qui semble filer de sombres cauchemars aux personnes avec qui elle entre en contact. Le postulat développé par Hall tient de prime abord plutôt bien la route. S’habillant d’un petit je ne sais quoi des Griffes de la Nuit, le scénar’ de Fear Clinic permet en effet au cinéaste de shooter quelques chouettes séquences fantasmagoriques qui ouvrent alors le champ de tous les possibles. Chose dont Hall s’affranchit assez bien en construisant un premier tiers qui monte astucieusement en puissance, le métrage affichant un épais mystère atour du pourquoi du comment. Du moins pendant un temps.

 

 

Si la mise en place des éléments se montre plutôt bonne, Fear Clinic s’effondre rapidement dans le n’importe nawak le plus total. Non sans passer par une interminable transition vers les explications attendues au cours de laquelle Hall tire péniblement un arc narratif visant à faire la lumière sur l’identité secrète du responsable de la fusillade. Intégralement filmé entre quatre murs, le métrage fait à partir de ce moment preuve d’une monotonie presque gênante, les personnages tournant en rond sans véritable objectif pendant que le pseudo-Docteur sirote de l’alcool en ruminant son échec. Dur. Le run final se montre pour sa part délirant de nanardise. Le cinéaste verse en effet dans une conclusion faussement ambitieuse qui tente de créer un flou artistique entre la réalité et les rêves des patients, une espèce de créature nourrie de la peur des protagonistes venant semer le souk dans l’établissement. Hall n’a cependant rien d’un Lynch ou d’un Gilliam, et son métrage s’apparente davantage à un produit vidéo complètement déglinguo qu’à un conte horrifique stimulant efficacement l’intellect du spectateur. Fear Clinic sombre de ce fait dans les rebondissements confus, les saillies artistiquement contestables – le sang gicle subitement dans tous les sens, et l’usage du latex frôle l’overdose – et les dialogues purement accessoires. Tout le monde raconte à peu près n’importe quoi, court dans tous les sens, se fait dézinguer par un machin tout droit sorti de The Thing. Bref, c’est l’anarchie. L’héroïne trouve heureusement la solution ultime en deux-trois coups de baguette magique. Fin, merci. Du délire.

 

 

Si Robert Hall brasse plus ou moins du vent en ce qui concerne son scénario afin de tenir le timing réglementaire, le réalisateur ne trahit à aucun moment ses engagements techniques. Fear Clinic est sans surprise d’une effrayante laideur. Shooté avec les pieds, le film enchaine les cadrages approximatifs, les plans tremblotants et les mouvements foireux. Une véritable torture, d’autant plus que la bobine se voit flanquée d’une direction photo de charlot qui lui confère une esthétique télévisuelle particulièrement cheap. Fear Clinic reste malgré tout correct côté casting. Robert Hall a vraisemblablement une véritable gouaille pour attirer quelques visages connus dans ses productions nazbroques, et compte une nouvelle fois sur le cabotin Robert Englund – déjà présent dans la web-série – pour mener la barque. Si Danielle Harris et Kane Hodder ont jeté l’éponge, Thomas Dekker, Fiona Dourif et le fameux Corey Taylor composent correctement leurs personnages, sans jamais briller mais en évitant soigneusement le surjeu.

 

 

Fear Clinic déroule un premier tiers prometteur, et ce malgré l’approche artistique contestable de Robert Hall. La suite n’est qu’un gloubi-boulga diaboliquement chiant, pétri de cliché – l’orage gronde toutes les trente secondes – et assurément risible. Torpillé par des effets spéciaux dépassés de près de quinze ans, Fear Clinic est une œuvrette horrifique dispensable qui rejoindra rapidement les oubliettes du genre. Beurk.

 

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