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Critique Feast 2 : No Limit

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Reposant sur une initiative inédite et originale, le concept de télé-réalité Project Greenlight avait offert aux scénaristes Patrick Melton et Marcus Dunstan ainsi qu’au réalisateur John Gulager l’opportunité de mettre sur pied un long-métrage de qualité professionnelle. Inconnus au bataillon, ces apprentis mercenaires du septième art avaient accouchés d’un métrage bizarroïde qui avait pourtant rapidement trouvé son public. S’il ne fait aucun doute que les présences conjuguées de Wes Craven, Matt Damon et Ben Affleck avaient su propulser cette série Z constitué de bric et de broc comme une œuvre commercialement intéressante, Feast brillait d’un humour noir savoureux ainsi que d’une construction plutôt bien menée au vu du casier vierge présenté par ses géniteurs. Des qualités que ces derniers ne greffent que partiellement à cette première séquelle, dévoilée sous le titre de Feast 2 : Sloppy Seconds et rebaptisée d’un racoleur No Limit pour la France.

 

 

Aussi distrayant soit-il, Feast premier du nom se contentait d’un script post-it gribouillé à la va-vite. Désireux de ne surtout pas obstruer l’esprit foutraque et décomplexé de leur œuvre originelle, Melton et Dunstan inscrivent leur second opus dans une continuité temporelle directe. Mieux, ces derniers divisent l’ensemble en deux segments distincts, Feast 3 : The Happy Finish ayant été capturé dans la foulée. Si l’initiative n’est pas nouvelle, la saga souffre de ce fait du symptôme habituel de « vide scénaristique ». Diluée sur deux épisodes, l’intrigue du métrage répond donc plus que jamais aux abonnés absents. Honey Pie et le barman, survivants du bar où se sont déroulées les attaques, se rendent ici dans la ville la plus proche. Manque de chance, les bestioles sexuellement gourmandes ne tardent pas à pointer le bout de leur nez. S'en suit une association de talents assez loufoque afin de lutter contre l’invasion : un gang de bikeuses, un vendeur en automobile, sa femme, son amant et deux catcheurs nains. Si l’idée de départ n’est pas foncièrement plus légère que son prédécesseur, Feast 2 : No Limit ne bénéficie cependant pas de l’effet de surprise. Le tout se limite donc sur le papier à une longue chasse émaillées d’attaques loufoques et tartinée de gore craspec. Dans le genre, on a connu plus trépidant. Si le tout s’achève en pleine action – la suite des événements étant narrée dans Happy Finish –, le spectateur en ressort tout aussi con qu’au début. John Gulager ne s’embarrasse à aucun moment d’un tant soit peu de début d’explication quant à l’origine de ses monstres, et impose des barrières presque restrictives à un film déjà bien crétin dans le fond. Un éventuel retour sur la genèse des bestioles aurait pourtant pu apporter une dose de fun à l’ensemble tout en variant légèrement le propos. Dommage.

 

 

Afin de palier à la relative platitude ainsi qu’au manque de consistance de son script, Feast 2 : No Limit s’enfonce sans réelle surprise dans un second degré aussi morbide que déjanté. Complètement azimuté, le métrage de John Gulager multiplie les séquences outrageusement gores et verse à de nombreuses reprises dans le mauvais goût le plus total. Feast 2 : No Limit ne s’impose aucune limite en matière d’étalage de matière rouge saignante, quitte à lorgner vers l’absurde. Mais si le côté sexuel et scatologique du premier volet se montrait suffisamment mesuré pour conférer au tout un humour décalé, ce dernier se voit ici renforcé au point de déclencher l’overdose. Entre démembrements à tout va, pets, jets de vomi à foison ou encore allusions sexuelles omniprésentes – l’enculage de chats était franchement dispensable – Feast 2 : No Limit s’embourbe dans une relative lourdeur. Plus consternant que drôle, le métrage tourne continuellement à vide et ne parvient jamais à imposer un véritable rythme de croisière. Tout juste pourra-t-on retenir quelques séquences judicieusement connes – la décomposition et le sacrifice de la grand-mère –, trop peu nombreuses pour extirper Feast 2 : No Limit d’une embarrassante monotonie. 

 

 

Z de chez Z, Feast 2 : No Limit pérennise l’esprit de la saga en s’habillant de prétentions artistiques au ras des pâquerettes. Bricolé avec les moyens du bord, le métrage s’habille d’effets plus proches du concept grindhouse que du blockbuster dernière génération. Un bon point, les maquillages latex et autres gores réjouissances inscrivant le film de John Gulager dans un registre old-school passionné et avant-tout destiné aux amoureux des eighties. L’amateurisme témoigné par la réalisation ainsi que le montage se montre pour sa part nettement moins réjouissant. Probablement désireux de poser sur pellicule un sentiment d’urgence bordélique, Gulager néglige malheureusement grandement la lisibilité de son œuvre. Feast 2 : No Limit se montre par conséquent très fatiguant, tant son géniteur multiplie le sur-découpage, les plans agités et use d'un montage mitraillette. Les rares séquences d’action versent même dans l’épilepsie la plus totale, privant partiellement le spectateur de jouissives effusions sanguinolentes. Côté casting, le cinéaste relève légèrement le niveau, Galager ré-engageant une équipe de bras-cassés qui se complait dans un sur-jeu permanent. Parfaitement adaptée à la décadence véhiculée par le métrage, la direction d’acteurs sonne juste et impose une tripotée de gueules hilarantes. Un petit soupçon épicé jeté dans le néant scénaristique de cette première séquelle. 

 

 

Bien qu’acceptable – la courte durée ne rend pas le film totalement indigeste –, Feast 2 : No Limit intègre sans surprise les rangs des suites dispensables. Gulager aurait probablement gagné à condenser No Limit et The Happy Finish en une unique œuvre, ce second volet se fermant sur un véritable sentiment d’inachevé. Vite consommé, vite oublié.

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