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Critique Fragments

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Rowan Woods est de ces illustres inconnus pourtant privilégiés par la profession. Géniteur de deux longs-formats passés sous silence, le cinéaste australien avait réuni pour les besoins de Little Fish quelques visages bien connus, Cate Blanchett et Hugo Weaving en tête de liste. Tout aussi discrètement dévoilé sur les marchés internationaux, son nouvel essai cinématographique se fend d’une sortie en vidéo sans tambours ni trompettes. Un étrange constat, au vu du casting de haute volée dont bénéficie ce Fragments. Bien qu’habillé d’une aura prestigieuse inhérente à ses acteurs, l’œuvre de Rowan Woods se détache pourtant totalement du registre « film de stars pour grand public ». Furieusement personnel, FragmentsWinged Creatures dans sa version originale – est un métrage marqué du sceau de l’indépendance cinématographique. Un cachet qui lui confère une certaine difficulté d’accès.

 

 

Ni fantastique, ni véritablement classifiable au sein des films de genre, Fragments n’en est pas moins un film étrange. Un objet filmique non identifié, plus prompt à s’inscrire dans un registre dramatique, mais parallèlement construit comme un appel à l’imaginaire. Métrage sensitif par excellence, le travail de Rowan Woods adopte un canevas complexe, labyrinthique, au cours duquel des pièces éparses fusionnent pour former un tout cohérent. A l’instar d’un Collision, présenté ici en référence à peine camouflée, le métrage dresse plusieurs parallèles esquissés suite à un événement dramatique. En l’occurrence, une fusillade au sein de fast-foot, point de départ aux lignes de vies cabossées développées par le cinéaste, et unique séquence regroupant l’ensemble des protagonistes. Un événement qui va irrémédiablement changer les destins des survivants, dès lors plongés dans des états de tortures mentales diverses et variées. A travers sa passionnante galerie de protagonistes, Woods dresse un panel de voies menant à la rédemption, Fragments adoptant des entournures sensitives parfaitement dessinées. Si l’ensemble ne pose pas véritablement de message clair, cette association de destins brisés se montre parfaitement réaliste et touchante, le cinéaste opérant une étude psychologique fouillée de chaque protagoniste. Du médecin huppé à la serveuse dans le besoin, Woods dépeint un tableau comportemental juste et intéressant, voire presque dérangeant dans ses dérives les plus extrêmes. Le refuge dans une pratique religieuse soutenue à laquelle s’adonne la fillette incarnée par Dakota Fanning se profile probablement comme l’aspect le plus troublant du film, le cinéaste dénonçant habillement les côtés partiellement dangereux d’une certaine forme de fanatisme, sans pour autant se perdre dans une critique facile et inadaptée.

 

 

Cette justesse des personnages reste avant tout imputable à une impeccable direction d’acteurs. Réunissant sous sa bannière les plus prestigieux seconds couteaux du cinéma Américain – Forest Whitaker, virtuose injustement abonné aux productions ignorées –, Fragments trouve une véritable crédibilité dans l’interprétation à fleur de peau de ses intervenants. Sur le fil et au carrefour de leurs vies, les personnages se parent de ce fait par le travail de leurs interprètes d’une épaisseur rare et passionnante, définitivement érigée en organe moteur au déroulé scénaristique de Rowan Woods. Un développement qui ne brille pourtant pas des mêmes qualités, le fond même de Fragments souffrant d’un certain manque de matière première. Si l’ensemble se démarque assez remarquablement par sa puissance émotionnelle, le métrage ne présente pas la même aisance qu’un Collision à relier les histoires éparses. Si la volonté de Rowan Woods est probablement d’étudier les divergences de réactions face à la tragédie, aucun lien n’est véritablement tissé – ou si peu – entre les compagnons d’infortune, si bien que l’ensemble s’éparpille à quelques reprises dans le futile. Fragments répond de ce fait à sa trame principale – le retour à la vie des deux enfants présents sur les lieux –  par un dénouement simpliste et anecdotique, loin du sentiment mystique laissé en suspens par son postulat initial. 

 

 

Des carences et un conventionnalisme d’autant plus regrettables que Fragments reste exemplaire sur tous les autres points, réalisation comprise. Bien que n’ayant que trois formats cinématographiques à son actif, Rowan Woods en possède le langage à la perfection, le réalisateur ayant opéré pendant près de deux décennies au sein de l’industrie télévisuelle. Un passif qui ne confère pourtant nullement à ce Fragments l’aspect cheap des produits calibrés pour le petit écran.  Le métrage se pare d’un indiscutable potentiel artistique, la conception posée et toute en souplesse de Woods conjuguant avec brio beauté des cadrages et rythmique mesurée du montage. Poétiques et langoureusement capturées, les séquences se montrent aérées au possible, la constante renforçant encore d’avantage l’aspect dramatique du propos. Une maitrise technique malheureusement entachée par un incompréhensible format 1.78, là ou les images de Woods auraient méritées l’esthétisme d’un scope généreux. Dommage.

 

 

Petite production indépendante de qualité, Fragments manque d’une histoire véritablement forte pour s’imposer. Un film à part, qui se complait parfaitement dans son relatif éloignement des attentes grand public. Dans l’ombre, Rowan Woods délivre une œuvre curieuse qui, sans être parfaite, s’avère à plus d’un aspect digne d’intérêt.

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