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Critique Frankenstein's Army

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Comme à son habitude, Quentin Tarantino lance malgré lui des tendances cinématographiques qui deviennent des modèles, puis finalement des modes. En son temps, Reservoir Dogs a réussi à donner un nouvel élan au polar noir, Jacky Brown à un retour - malheureux - de la blaxploitation, et ainsi de suite. Mais intéressons-nous plutôt à la vague « vintage » au relent de naphtaline qu'il a insufflé avec le moins talentueux Robert Rodriguez et leur Grindhouse en deux volumes : Boulevard de la mort et Planète Terreur, qui débarquaient bien après leur première collaboration sur Une Nuit en Enfer, hommage vibrant au cinéma de genre et aux westerns spaghettis. Outre le fait que ce genre « badass » - Hobo with a Shotgun, Nude nunes with big guns, Run Bitch Run, Machete - directement exhumé des 80’s à su se trouver un public très actuel, Inglorious Bastards a véritablement influencé les projets mis en œuvre par les studios de cinéma à but uniquement lucratif. Ainsi, Richard Raaphorst se repose avec Frankenstein’s Army sur cette mouvance, comme tant d'autres avant lui, et nous offre sa vision horrifico-historique au même titre que Dead Snow ou le très décalé Iron-Sky - dont on attend la suite pour 2014 -.

 

 

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, des soldats russes partent en mission de sauvetage sur le territoire ennemi. Entre quelques meurtres d'enfants, de vieilles et quelques viols de poules, cette équipe découvre un laboratoire russe dans lequel Frankenstein à pour mission de créer - assembler en fait - une armée d'indestructibles guerriers Zombots pour le compte de Hitler, qui  faisait Fuhrer à cette époque. Le métrage est scindé en deux parties bien distinctes. La première nous décrit l'avancée sur les terres nazies des soldats, à travers l'objectif de la caméra antique de Dimitri - Alexander Mercury - envoyé sur le terrain par Staline comme cameraman officiel du Kremlin. La seconde partie quant à elle,  débute sur l'entrée des soldats dans le laboratoire du petit fils du légendaire Docteur Frankenstein, joué par Luke Newberry - La Mort dans la Peau, le délirant Rasputin du Hellboy de Guillermo Del Toro -. Ces deux gros pavés sont filmés à travers un filtre de couleurs vraiment particulier. En plus du vieillissement très maîtrisé par le réalisateur - voir ses premiers courts métrages Worst Case Scénario 1 et 2, vrais / faux trailers de Frankensteins Army - et du grain caméra dû à un matériel datant de 1945, il y rajoute ce filtre qui accentue les couleurs orangées, beige et sépia, tout en accentuant les couleurs primaires à la limite de la saturation. Ce qui sur toute la première partie donne un effet des plus dégueulasses. Les touffes d'herbes sont vertes fluorescentes, le rouge du sang similaire à celui d'un feu tricolore et un jaune flash qui donne envie de danser sur du disco sous une boule à facette. L'exagération de ce contraste gâche au final le grain vieillissant voulu. Puis une fois la porte du laboratoire franchie, ce choix de direction photo vient améliorer l'ensemble, aussi bizarre que cela puisse paraître. Le décor est transcendé par les nuances sépias, qui viennent contraster les ombres et les volumes. Les saturations abusives en extérieur viennent ici mettre en valeur chaque objet, chaque outil, chaque instrument de torture pour au final nous donner une mise en lumière et dérouler le tapis rouge à un magnifique défilé de monstres.

 

 

Richard Raaphorst signe ici son premier film en temps que réalisateur. Illustrateur de talent, ses nombreuses idées de monstres mi-zombies, mi-robots - qui leurs à values le surnom de Zombots pendant le tournage - lui ont donné envie de les voir bouger pour de vrai et surtout de voir les réactions des spectateurs faces à ses excellentes œuvres biomécaniques. Il est indéniable que ses créations sont tout aussi soignées qu’effrayantes, mêlant assemblage de morceaux de cadavres humains, enchevêtrements de câbles terminés par des boyaux, méandres de pièces mécaniques et diverses tuyauteries, le tout prenant des formes insectoïdes du plus bel effet. Mais ce bestiaire de haut vol mélangeant des influences de Silent Hill et du sado-maso Voldo de Soulcalibur est aussi le grand défaut, s'il en est un, du métrage. Au final la première partie du film nous paraît être qu'un prétexte pour nous amener vers la seconde, et donc à l'exposition - à la limite du musée -  des œuvres les plus charismatiques du réalisateur. H.G.Giger n'avait il pas fait la même chose sur Alien en son temps ?

 

 

Frankenstins Army ressemble à s'y méprendre à un train fantôme. Au point culminant du climax, le spectateur à l'impression d'être installé dans un des nombreux chariots sur rails présents dans cette ancienne mine à charbon servant de décors au film. Ainsi, il avance glissant sur un chemin préétabli, esquivant les cross et les coups de griffes acérées des Zombots qui surgissent de ci et là, décrivant des demi-tours aussi rapides que soudains pour tomber sur un autre monstre assoiffé de sang, tout cela avec la vue subjective relative au found footage. C'est un véritable bouquet final qui nous est offert, réunissant l'ensemble des créatures dessinées par Richard Raaphorst pour le film et crées par les studios Unreal FX basé aux Pays-Bas, qui viennent de terminer la trilogie du Hobbit de Peter Jackson. Le réalisateur à une imagination débordante en plus d'un certain talent graphique, ce dernier allant jusqu'à donner vie à un zombie communiste dont les membres supérieurs sont forcement équipé d'une faucille et d'un marteau ou créant une espèce de table basse ronde exposant les outils du docteur et se déplaçant sur deux pieds humains !

 

 

Pour terminer son plat à base de viande et agrémenter sa terrine avec perfectionnisme, il y rajoute un gore outrancier et l'utilise pour en lier la sauce. À la limite de la gaminerie du fan invétéré mettant en scène ses plus grands fantasmes gores sur pellicule, il entasse les membres découpés par centaines et dispose sa caméra au beau milieu, quitte à en obstruer l'objectif. Les intestins ne sortent pas du ventre, non ils se déroulent sur une longueur de cinq mètres! Toujours plus haut, toujours plus sale. Les amateurs seront dans leurs petits souliers et pour une fois ils n'auront pas l'impression d'avoir été abusés par une jaquette vidéo aguicheuse. L'assiette servie est abondante et apparemment il y a encore du rab en cuisine.

Auteur : MARC D'OC

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