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Critique Freddy - Les Griffes de la Nuit

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Mis à mal par une quantité assez conséquente de suites calamiteuse et définitivement torpillé par un prétendu opus final complètement azimuté – La fin de Freddy - L'ultime cauchemar –, l’icône de l’horreur avait été étonnamment ressuscité par son géniteur initial dans un Freddy sort de la Nuit qui s’autorisait de très nettes distances avec la saga. Un second souffle qui ne relancera pourtant pas véritablement la franchise, Freddy Krueger n’ayant depuis la sortie de ce septième volet qu’une unique apparition cinématographique à son actif,  via le crossover Freddy contre Jason. Un temps épargné par la vague des remakes actuels, le classique de Wes Craven retrouve aujourd’hui une seconde jeunesse en passant dans les mains expertes de Platinum Dunes - Massacre à la Tronçonneuse, Vendredi 13 -. Froidement accueillie par les aficionados, cette nouvelle mouture ose pourtant le renouveau nécessaire et se révèle plutôt habille à ressusciter le mythe du croquemitaine aux doigts tranchants.

 

 

Contrairement à ses homologues, Freddy Krueger a indiscutablement souffert de la popularité de son personnage. Mis au premier plan par les scénaristes suite au succès du métrage initial, le croquemitaine s’est vu accordé un rôle de plus en plus clownesque, jusqu’à atteindre en fin de carrière les abysses du ridiculement possible. Déchargé de toute notion de terreur, la franchise s’est orientée vers un simple format de divertissement fun de sanglant, aspect raté que les exécutifs de cette relecture rayent aujourd’hui totalement de l’équation. A l’instar des remakes débarqués du studio Platinum Dunes, Freddy – Les Griffes de la Nuit adopte une image crasse, baveuse et délavée. Adepte et expert du vidéo-clip, le réalisateur Samuel Bayer confère à son œuvre une puissance sombre et en phase avec le propos. Certes calibré afin de répondre aux standards de modernité actuels, le film s’avère néanmoins très esthétique et propice à susciter la crainte, le cinéaste optant parallèlement pour un scope qui détache enfin la saga de l’habillage fauché des derniers opus. Shooté sans boursouflures visuelles, Bayer signe ici une œuvre classieuse et prend soin de s’attarder sur ses plans, qui bénéficient d’une direction photo aux teintes glauques et finement travaillées. A mille lieux de la conception épileptique d’un Saw dernière génération, Freddy – Les Griffes de la Nuit est une glaçante plongée dans l’univers fantasmagorique d’un psycho-killer original et débridé, parfait reflet du script initial.

 

 

Si l’effet de surprise visuel est désormais moins saisissant que par le passé – les précédentes relectures de Platinum Dunes ayant bénéficiées d’un emballage en tous points similaire – le métrage parvient de ce fait à instaurer une ambiance nocturne qui confère une tension permanente aux images. Les ficèles restent certes bien visibles, Bayer greffant constamment aux entournures des sursauts musicaux ou visuels destinés à terrasser l’assistance, mais la banalité de conception des séquences s’avère rapidement éclipsée par l’efficacité de l’ensemble. Bien que le film n’outrepasse en rien son modèle, Freddy – Les Griffes de la Nuit présente un déroulé dynamique qui ne concède jamais la moindre parcelle de terrain à l’indifférence. Rythmiquement bien mené, l’œuvre se repose plus particulièrement sur un Freddy entièrement repensé. Si la genèse du personnage ne diffère qu’en d’anecdotiques détails – Krueger étant ici clairement présenté comme pédophile avéré –, Bayer brosse un portrait sombre et brutal d’un croquemitaine auparavant outrageusement rigolard. Joueur mais relativement vicieux, le Freddy Krueger 2010 adopte une apparence de désaxé morbide et abimé, les maquilleurs ayant conçus un visage plus crédible au personnage. Appréciable, bien que l’ombre de Robert Englund – interprète des volets précédents – ne plane immanquablement dans l’inconscient collectif lors des premières apparitions du psychopathe. Un souvenir dont cette nouvelle mouture parvient assez aisément à se défaire, notamment au travers d’une brutalité percutante et désormais dénuée de tout second degré.

 

 

Marqué au fer rouge du cachet Platinum Dunes, Freddy – Les Griffes de la Nuit n’hésite jamais à prendre ses distances avec le film originel, dans le fond comme dans la forme. Nancy Thompson se voit ainsi un temps reléguée au second rang, les scénaristes amenant le personnage de Krueger via ses compagnons d’infortune. Dommage que la petite brochette d’acteurs émaillant les premières séquences s’avère moyennement convaincante, exception faîte d’un Thomas Dekker - Terminator : The Sarah Connor Chronicles, Inside, Laid To Rest - désormais bien aguerri au registre fantastique. Le nouvel interprète du croquemitaine à pull rayé se montre heureusement plutôt convaincant, dans un jeu radicalement éloigné de son prédécesseur. Froid et revanchard, Jackie Earle Haley dépeint un Freddy certes moins osé et original que celui de Robert Englund, mais dans le cas présent parfaitement accordé au ton oppressant et ténébreux du métrage. Des différences notables qui, bien que loin de la révolution annoncée, éloignent ce cru 2010 du simple copié-collé à la sauce moderne. Subsistent quelques inévitables clins d’œil, Bayer ayant conservé certaines séquences indispensables afin de les accorder à sa sauce. Un hommage qui permet cependant un rapide constat quant à l’utilité toute relative du film de Bayer, la séquence de mise à mort la plus impressionnante étant tout simplement extraite de l’esprit de Wes Craven. Preuve ultime que le film originel – malgré ses effets dépassés – fonctionne encore parfaitement aujourd’hui.

 

 

Sans s’imposer en indispensable, Freddy – Les Griffes de la Nuit est un divertissement parfaitement mené. Très loin de la médiocrité de certaines inutiles séquelles au film de Wes Craven, l’œuvre de Bayer s’impose par son ambiance particulièrement prenante. Un morceau de péloche solide et cohérent.

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