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Critique Frozen

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Chanteur dans un groupe de métal, comique sur scène et ayant débuté sa carrière au cinéma avec la comédie Coffee & Donuts, c’est avec Butcher – plus connu son titre original Hatchet – que le réalisateur fait ses premiers pas dans le cinéma de genre et le marque au fer rouge avec un slasher old school non exempt de défauts mais foutrement jouissif et décomplexé. Depuis, chacun de ses films est attendu de pied ferme. Outre ses quelques courts et la production de Grace, le jeune cinéaste a livré un Spiral aussi inattendu qu’intelligent et revient aujourd’hui avec un plein air dont le pitch prête à curiosité. Frozen se profile comme un survival aussi simple que rondement mené qui prouve une fois de plus qu’Adam Green est un talent à suivre.

 

 

Frozen met en scène un trio de jeunes partis pour un week-end au ski et qui se retrouve coincé sur un télésiège à la fermeture de la station. Si Jean-Claude Dusse a réussi à s’en sortir haut la main en fredonnant un air connu, ce ne sera pas le cas de ces trois adolescents. On est en droit de se demander ce qu’un tel métrage va bien pouvoir raconter pendant 95 minutes au risque de se retrouver devant un Open Water catapulté dans une station de ski, mais le simple nom d’Adam Green à la direction rassure. Un télésiège, trois personnages et un décor montagneux magnifique, voilà à peu près ce à quoi se résume l’environnement de Frozen. Les pellicules jouant avec les peurs les plus primaires de ses spectateurs – dans l’hypothèse où celles-ci sont correctement maîtrisées – sont souvent les plus efficaces et vont creuser au plus profond pour rendre l’expérience la plus intense possible. Qui n’a jamais ressenti l’angoisse de rester perché en haut d’un télésiège sans que personne ne puisse lui venir en aide ? Aussi évident que cela puisse être, aucun métrage n’a encore tenté l’expérience. Adam Green s’y colle et démultiplie la gravité de la situation pour ne rien épargner à ses protagonistes : tombée de la nuit, hauteur, tempête, fermeture à la semaine – les personnages restent coincés un dimanche soir –, froid glacial et quelques petites surprises que vous découvrirez le moment venu.

Dans sa trame narrative, le réalisateur ne cherche à aucun moment à duper le spectateur et se contente d’évènements les plus simples et les plus plausibles pour placer les personnages sur ce bout de ferraille suspendu. Une ouverture classique qui nous épargne gracieusement l’ambiance fun et branchée des accros aux sensations fortes – et blaireaux de surcroit – pour livrer un trio banal et sans histoire auquel l’auditoire peut s’attacher facilement sans se voir imposer leurs histoires personnelles et autres traumatismes d’enfance. Après une réaction en chaîne due à l’erreur humaine et lors de laquelle on est bien obligé de se dire « ah merde, pas de bol ! », le métrage nous emmène dans les hauteurs et fait immédiatement appel à nos peurs les plus primales – vertige, solitude, obscurité, perte de la notion de temps, etc… –. Malgré des espaces montagneux à perte de vue, Frozen s’apparente plus à un huit clos où l’immense espace autour du télésiège n’a que peu d’importance. Les péripéties s’enchaînent ainsi avec une fluidité étonnante, même si au final elles se révèlent dans l’ensemble assez prévisibles – mais toujours intenses – et les surprises ne sont qu’anecdotiques. Sur la longueur, le rythme de la pellicule s’avère plutôt lent mais la mise en scène parvient à recréer une sorte de montagnes russes où les émotions s’enchaînent les unes après les autres – tension, panique, émotion, horreur – sans jamais lâcher le spectateur qui assiste à la déchéance autant physique que morale de ce groupe sans histoire. Quand ils essaient de se convaincre que la situation ne peut pas être pire, elle l’est.

La force de Frozen réside incontestablement dans son approche résolument premier degré. Horreur brute et suggestion terrifiante, ce mélange se voit parfaitement maîtrisé de bout en bout et embarque immédiatement le spectateur n’ayant que son siège pour s’agripper. Pas d’effets de style, pas de CGI foireux mais des effets old school, le sens du détail et le réalisme imposé, voilà ce qui fait que la pellicule fonctionne à plein régime. Si techniquement le métrage ne fait jamais défaut, il doit également en grande partie sa réussite à un trio d’acteurs des plus convaincants. Au point de ne même plus se demander ce que l’on ferait à leur place, mais de les laisser évoluer dans cet environnement hostile avec une empathie construite sur jeu d’acteur et des personnages auxquels on peut s’identifier. Shawn Ashmore (X-men, Les Ruines), Kevin Zegers (L’Armée des Morts) et Emma Bell (The Walking Dead) forment un trio prometteur, de belles gueules certes, mais qui s’imposent avec une volonté de nous faire croire dur comme fer aux évènements. La bande son n’y échappe pas non plus, elle sait se faire discrète et n’est présente que pour venir appuyer les différents paliers par lesquels les personnages passent au cours de leur périple. Même si l’on aurait préféré un final légèrement plus percutant pour finir en beauté, Adam Green a encore une fois tout compris et sait se centrer sur qui est important sans jamais faire défaut.

Adam Green livre ici un micro budget coup de poing et nous offre 95 minutes de pur bonheur – ou de terreur – sans jamais nous prendre pour des cons. Honnête, mis en scène avec talent et interprété à la perfection, Frozen se profile comme un des survival les plus réussis de cette année 2010, voire de ces dernières années. Un must.

Auteur : TIBO

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