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Critique Fury

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David Ayer aime les scènes crépusculaires, les histoires de flics ripoux et l'action à l’ancienne. Rodé au polar costaud, le cinéaste avait pourtant partiellement trébuché avec un Sabotage sympathique mais pas vraiment transcendant. Peut-être conscient d’avoir fait le tour de son style de prédilection, Ayer sort de sa zone de confort. Epaulé par une enveloppe budgétaire qui outrepasse littéralement l’ensemble de ses productions passées, ce dernier livre avec Fury un film de guerre maousse et écrasant. Essai transformé. Rédigé par ses soins, le métrage se profile comme l’une des surprises de l’année.

 

 

L’histoire de la seconde guerre mondiale a été ressassée dans tous les sens possibles. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. L’approche américaine a en effet souvent sombré dans la mièvrerie dégoulinante afin de matérialiser un héroïsme cool assez déplacé – le gnan-gnan Monuments Men, mis en boîte par un George Clooney à côté de la plaque –. Fury tend pour sa part davantage vers Apocalypse Now, Full Metal Jacket ou encore La Chute du Faucon Noir. Si Ayer n’a jamais été un cinéaste particulièrement engagé, sa lecture des sujets abordés se fait toujours sans concessions. Ancien Marine de formation, ce dernier a grandi dans un quartier minable. S’il n’a jamais « véritablement » connu l’horreur de la guerre, Ayer a longuement observé les soldats, leurs peurs et la noirceur de l’âme humaine. Fury témoigne du sens de l’observation de son auteur, le métrage compilant une étude rigoureuse des affrontements de l’époque à une dimension psychologique finement ciselée. Ayer apporte ici un véritable soin à l’écriture des personnages, leurs comportements face au danger et à la mort, leurs préoccupations et leurs dérives. Un travail soigné qui insuffle une âme au métrage, là ou l’aspect résolument limité du scénario aurait pu inscrire ce Fury dans un développement banal et redondant.

 

 

Lucide quant à la difficulté à renouveler le film de guerre, David Ayer préfère taper dur que lorgner vers une originalité déplacée. Fury ne cherche jamais à rendre belle ou trépidante l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire. Les personnages sont brisés, physiquement et moralement, et leurs relations transpirent la brutalité, la frustration – le sexe est pour une fois abordé avec justesse et dureté mais sans gratuité tape à l’œil –, voire l’individualisme. Ayer signe ici un film douloureux, souvent épidermique, résolument âpre et dégueulasse. Les morts sont moches, d’un réalisme presque dérangeant. Les corps sont souvent explosés, broyés, arrachés. S’il signe un métrage habillé d’une noirceur presque inédite, Ayer patine son travail d’émotions poignantes et évite soigneusement tout manichéisme. Ce dernier fait le choix judicieux de placer son récit après le débarquement allié, alors que les soldats américains progressent dans une Allemagne défaite et réduite en cendres. Le cadre lui permet de démontrer à quel point les populations germaniques ont souffert des agissements de leur propre gouvernement, les derniers fidèles d’Hitler ayant massacrés et torturés bon nombre de civils approuvant l’action des Alliés. Dénué de tout patos dégoulinant, Fury vise de ce fait parfaitement juste, en plein cœur.

 

 

Fury reste pourtant imparfait. Alors qu’Ayer démontre ici une véritable maestria à se jouer des clichés habituels, le film sombre en fin de course dans un final bancal, étrange, presque improbable. Dommage. Bien que décevante, cette conclusion n’empêche pas l'ensemble de se profiler comme une œuvre phénoménale de puissance, Ayer témoignant par ailleurs d’un sans-faute technique et artistique. Capturé avec soin – le format scope est utilisé avec grandeur et générosité –, le film bénéficie d’une réal’ exemplaire et d’un montage épique. La plus grande qualité du métrage repose néanmoins et avant tout sur une direction d’acteurs absolument parfaite. Malgré tous leurs défauts détestables, les protagonistes sont extrêmement attachants et matérialisés avec une « violente sensibilité » par un petit chapelet d’acteurs qui excelle dans l’emploi des contrastes. Brad Pitt est certes parfait, mais les moins connus Jon Bernthal – The Walking Dead – et Logan Lerman – la franchise Percy Jackson – se montrent tout aussi brillants.

 

 

Fury est un très grand film de guerre. Simple de prime abord, le travail de David Ayer creuse son aspect psychologique à l’extrême et dresse un beau portrait d’un équipage de tank pendant la seconde grande guerre. A la fois violent et bouleversant, l’ensemble affiche une intensité exemplaire. Excellent.

 

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