film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Giallo

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Il fut un temps ou Dario Argento n’avait plus rien à prouver. Les glorieuses années semblent pourtant aujourd’hui oubliées, partiellement lessivées par un enchainement de navets incompréhensibles et indignes du talent d’un cinéaste à l’origine de l’émergence de tout un pan du mouvement horrifique Italien. Fusillée par un ultime volet aussi risible qu’attendu, la trilogie des trois mères s’était refermée en 2007 sur un film ignoble, tragiquement mis en scène par un Argento perdu dans une époque qui n’est clairement plus la sienne. La douche froide de la critique – calamiteuse – entrainée par la sortie de Mothers Of Tears n’aura pourtant pas découragée l’ex-virtuose, qui signe avec Giallo un énième ratage. Car bien qu’étant à l’origine du mouvement, habile mélange de policier et d’horreur saupoudré d’un éventuel zeste d’érotisme, le réalisateur ne conserve ici que le nom.

 

 

A l’annonce du projet, Dario Argento semblait pourtant enfin s’aventurer de nouveau en terrain diablement excitant. Présence du très bon Adrien Brody – malgré de récents choix laissant à désirer – dans la peau du premier rôle masculin, la frenchy Emmanuelle Seigner en guise de second couteau, retour à un genre injustement tombé en désuétude, Giallo dressait des contours prometteurs. Dario Argento manque pourtant clairement son objectif : son dernier-né n’a strictement rien d’un Giallo. Pire, le tout se vautre une nouvelle fois dans les pires travers, et témoigne cruellement de l’incapacité du cinéaste à s’adapter à la conception moderne du cinéma. Si son travail cherche constamment à tisser des liens avec l’âge d’or du septième art Italien, son côté old-school ne masque en rien le misérabilisme navrant de sa conception. Le mal-être prend en premier lieu racine dans le traitement même des arcs scénaristiques, abordés par dessus la jambe. Giallo ne raconte strictement rien, ou du moins pas grand chose. L’intrigue se forme difficilement sur un canevas usité et déjà-vu, qui se déroule péniblement sur un script de « tueur-étrange-et-insaisissable » qui ne se démarque jamais d’une production lambda. Le métrage se dessine en une heure trente en thriller mou du genou et sans réelle vocation, Argento ne prenant jamais véritablement la peine de greffer une personnalité au personnage psychotique de son métrage. Bien qu’handicapé par une malformation physique notable, ce dernier tue des femmes parce qu’il déteste le sexe féminin, point. Pendant ce temps là, Brody et Seigner suivent un parcours parsemé de cadavres et d’indices gros comme des pavés. Zéro suspens, zéro intrigue, Giallo se limite aux trois quarts à d’interminables et niaises séquences de blabla, parsemées d’incohérences et de déductions faisandées.

 

 

Peu perspicace malgré sa haute fonction dans la police, le flic asocial passera ainsi plusieurs minutes à disserter sur le sens de la phrase – « il est jaune » – formulée par une des victimes avant de trouver la fameuse spécificité physique de sa Némésis. Ridicule et particulièrement significatif du travail de fumiste apporté aux dialogues et au scénario. Histoire de tenter d’instaurer un semblant de tension, Giallo s’autorise malgré tout un unique sursaut digne d’un mauvais Derrick : après avoir mis leur intellect à rude épreuve suite à cette déclaration fracassante, le binôme improvisé se rend à l’hôpital le plus proche et tombe nez à nez avec l’individu en question. Comme quoi, le hasard fait plutôt bien les choses. Marrant un temps, consternant avec le recul. Le traitement du duo incarné à l’écran par Brody / Seigner évolue dans la même optique et se montre étonnant de nullité. Brody fume des clopes, beaucoup de clopes. Seigner chiale et suit l’inspecteur sans jamais amener de valeur ajoutée. Au final, rien n’avance. La relation entre les deux protagonistes est en ce sens à peine esquissée, Argento tentant misérablement de faire fulminer les émotions à travers une séquence débilitante ou Brody tend avec sensibilité une cigarette – probablement le point de dépense le plus conséquent du métrage – à Seigner. A l’instar du miteux serial killer, la dimension psychologique des deux protagonistes est travaillée avec roublardise, bien que les tentatives d’explications vis à vis des troubles de l’inspecteur révèlent des bases intéressantes mais mal exploitées.

 

 

Lien de cause à effet : les acteurs sont tous incroyablement minables, et renforcent par leurs prestations dignes d’un ultra-Z la médiocrité abyssale des dialogues. Bien que mauvais, Brody reste pourtant indiscutablement et inexplicablement charismatique. Tout le contraire de Seigner, nulle du début à la fin, et de l’acteur de seconde zone chargé d’incarner le tueur, qui se tord le visage jusqu’à l’extrême limite du politiquement correct. Reconnaissons au moins une qualité à Giallo : le tout est d’une cohérence sans faille. Face à tous ces manquements, Dario Argento adopte en effet une réalisation télévisuelle et un éclairage dégueu. Le film a au moins le mérite de bénéficier de plans un chouia plus soignés que Mothers Of Tears, et de ne jamais faire appel à des effets d’envergure. Ce qui permet au cinéaste d’éviter l’écueil des maquillages amateurs constitués d’un latex tape à l’œil qui parsemait sa précédente réalisation. Le gore est ici très mesuré, voire trop. Deux petites scènes de mises à mort, de plus partiellement capturées en hors-champ, finissent d’éloigner Giallo du registre auquel il semble pourtant vouloir s’affilier maladroitement. La bande son greffée à ce pénible exercice cinématographique est enfin absolument ignoble, l’unique thème composé pour l’occasion se répétant avec insistance. Une torture.

 

 

Naufrage total et complet, Giallo ne risque en aucune manière de ramener Dario Argento sur le devant de la scène. Pire, ce dernier commence même à sérieusement entacher une filmographique pourtant riche en bobines indispensables. L’heure de la retraite a sonnée, et plutôt deux fois qu’une. A éviter.

Auteur :

Critique vue 7991 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 84+14

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction