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Critique Gods of Egypt

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Alex Proyas est l’un des cinéastes les plus mésestimés d’Hollywood. Artiste inventif et rarement réfractaire lorsqu'il s'agit de prendre des risques, ce dernier n’aura jamais véritablement connu mieux qu’un vague succès d’estime. Malgré quelques œuvres audacieuses, voire visionnaires – Dark City, The Crow et dans une moindre mesure Prédictions –, Proyas reste un artiste discret et abonné aux déconvenues. Et des douches froides, le cinéaste en aura connu au cours des dernières années, qui l’auront vu s’investir sur Paradise Lost, actioner avec Bradley Cooper annulé faute de budget, puis dans la production de Amped, film de SF actuellement en stand-by. Lourdement bashé dès la mise en ligne de ses premiers visuels, son Gods of Egypt matérialise pour sa part son premier faux pas.

 

 

Proyas est un faiseur doué, tout aussi impliqué lorsqu’il s’agit de shooter un moyen-budget sombre et poisseux qu’un blockbuster ultra-friqué mais diaboliquement intelligent – I, Robot –. Gods of Egypt se profile pourtant comme une véritable étrangeté au cœur d’une filmo’ désormais bien fournie. Œuvre de commande par excellence, le film était envisagé par ses producteurs comme l’éventuel point de départ d’une franchise juteuse. Etait. Car malgré son budget maousse-costaud – 140 millions de dollars, excusez du peu –, le dernier film d’Alex Proyas s’est globalement ratatiné au box office et se coltine depuis sa sortie US une bien sinistre réputation. Si son géniteur n’a jamais su fédérer la critique en raison d’une certaine propension à lorgner vers les réflexions métaphysiques, ce dernier aura ici du mal à convaincre ne serait-ce que sa fan-base. Gods of Egypt est un effet un produit hybride, tiraillé entre les contraintes imposées par le studio – tout faire exploser, dérouler un synopsis bien manichéen et peinturlurer le script d’une histoire d’amour bien niaise – et les véritables envies du cinéaste. Proyas essaye en effet d’imposer sa touche, son originalité, sa folie visuelle. Le film est en ce sens complètement barré – à l’instar du Jupiter Ascending des Wachosky –, foutrement geek et culoté. Gods of Egypt offre une vision fantasy et assurément comic-book de la mythologie Egyptienne, qui ne sert ici que de toile de fond à un étrange produit fantastique aux décors grandiloquents, délirants, peuplés de créatures bizarroïdes. C’est fluo, inattendu, parfois impressionnant mais aussi occasionnellement très laid. Gods of Egypt fait dans les contrastes fracassants, presque vertigineux. Pourquoi pas. Si la majeure partie des spectateurs trouveront l’approche artistique désespérément kitsch, le véritable fond du problème est pourtant ailleurs.

 

 

Tous les beaux efforts de Proyas pour imposer sa patte ne masquent malheureusement en rien la vacuité d’un script foireux de bout en bout. Un scénar’ sans originalité, désespérément plat, parfaitement adapté aux désidératas d’un studio qui espère toucher le plus grand nombre mais se plante complètement de cible. Gods of Egypt est à ce titre l’un des films les plus cons de l’année. Si les multiples références à l’histoire Egyptienne s’avèrent vraiment intéressantes – les relations entre les dieux ainsi que leurs mœurs sont au final assez fidèles à la mythologie –, rien ne fonctionne dans ce script qui oscille constamment et maladroitement entre humour, séquences épiques et double love-story – le Dieu Horus d’un côté, le benêt mortel Bek de l’autre –. Le métrage se montre incroyablement téléphoné, peuplé de dialogues crétins et de rebondissements attendus. Les personnages sont par ailleurs archi-caricaturaux, entre le bon héros qui découvre progressivement la beauté du sacrifice et le « méchant vraiment méchant » bloqué en mode mâchoire serrée. Urgh. Bien que bourré ras la gueule d’effets spéciaux, Gods of Egypt reste désespérément chiant. Proyas n’arrive en effet jamais à insuffler un semblant de tension, de générosité ou d’empathie pour ses protagonistes. Bancal et bardé de ruptures rythmiques, Gods of Egypt galère à maintenir l’attention jusqu’à son final, shooté sans panache ni adrénaline.

 

 

Pour la première fois chez Proyas, la direction d’acteurs semble en roue libre. Au-delà du fait que l’ensemble du casting ne semble pas Egyptien pour un sou, Gods of Egypt rassemble quelques stars bloquées en mode pilotage automatique. C’est notamment le cas de Gerard Butler, qui s’affranchit ici d’une énième interprétation bad-ass bien clichée. Le spectre de Léonidas n'est jamais très loin. Brenton Thwaites est pour sa part absolument insupportable dans la peau de l’amoureux transi. Restera aux plus affamés deux actrices sculpturales – Courtney Eaton et Elodie Yung, future Elektra dans DareDevil – qui répondent correctement à un cahier des charges forcément trop limité. Si Alex Proyas risque pour sa part sa crédibilité artistique en lorgnant vers un emballage « tout numérique » qui pique parfois les yeux – difficile de ne pas penser à Thor 2 dans le genre –, ce dernier semble également bloqué par les contraintes de post-production. Moins virtuose que d’ordinaire, sa réalisation n’ose ici à aucun moment les cadrages vertigineux et autres plans-séquences affolants dont il s’était fait spécialiste. Dommage.

 

 

Gods of Egypt est presque un crève-cœur. Il reste en effet difficile de condamner définitivement le métrage, ne serait-ce que pour l’audace visuelle – pas toujours de très bon goût, certes – dont fait preuve Alex Proyas. Pour autant, l’ensemble se montre effroyablement poussif et patauge dans les poncifs les plus dégueulasses du cinoche Hollywoodien. C’est toujours mieux que Le Choc / La Colère des Titans, mais cela reste malheureusement assez mauvais. Une véritable bête curieuse.

 

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