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Critique Gone Girl

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David Fincher a-t-il « la carte » ? Y'a-t-il une propension démesurée de la part des critiques à crier au génie et à considérer tout nouveau film qu'il réalise comme un chef d'œuvre absolu et la preuve supplémentaire de son talent hors du commun? Que ce soit clair, cette chronique ne se propose pas de répondre à ces question - dont on se fout pas mal soit dit en passant - surtout que son dernier long, Gone Girl, est lui aussi une belle réussite, hybride inédit entre le thriller et la comédie noire et qui ne ressemble à rien d'autre qu'à un film de David Fincher. Ça va encore faire des jaloux, ça.

 

 

Pour beaucoup, David Fincher est et restera toujours le réalisateur de Seven. C'est comme ça, il aura beau varier ses projets, faire les films les plus excitants de ces dernières années – même sans serial killers –, cette étiquette lui reste collée à la peau et rien n'y changera probablement jamais. Le thriller, Fincher l'a effectivement pas mal visité, que ce soit dans The Game, Panic Room ou tout récemment dans Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Et si l'on y regarde de plus près, la figure du psychopathe est toujours présente dans sa filmo en filigrane. Pas forcément la figure du monstre sanguinaire mais plutôt celle d'un être profondément solitaire et asocial, par choix – Benjamin Button – ou par contrainte – The Social Network –. Ceci explique sans doute le réflexe systématique de voir dans chacun de ses nouveaux projets l'avènement du thriller ultime, le nouveau Seven, le retour de l'enfant prodige. C'est en tout cas de cette façon qu'a été vendu Gone Girl, des mois avant sa sortie à coups de teasers et de photos tendancieuses, faisant ainsi monter la tension jusqu'à la date fatidique, seulement pour que l'on se rende finalement compte qu'il ne s'agit pas du tout de la came que l'on nous a sur-vendu. Est-ce une mauvaise chose pour autant ? Assurément non.

 

 

Tuons donc ce mystère qui n'a pas lieu d'être : Gone Girl est un faux thriller. Le mot clé étant faux et pas thriller puisque le dernier Fincher est une autopsie sans concessions sur les travers d'une société américaine idolâtrant les apparences, gavée aux médias hypocrites et droguée aux likes des médias sociaux qui dictent de ce fait leurs propres lois et appliquent leur propre justice. Satyre grinçante teintée d'humour noir, très noir, le film s'inscrit ainsi dans la lignée de The Social Network avec lequel il a beaucoup de similitudes : sur la forme – ce côté fun et récréatif dans le traitement – mais aussi sur le fond puisque les deux personnages principaux des deux films sont des esprits brillants et retors, poussés aux pires bassesses à force de vouloir suivre des normes biaisées. Tout est faux ici, aussi lisse et propret soit-il, de la belle maison du couple central au sourire ultra bright du mari, en passant par la supposée scène de crime. C'est avec un réel talent de storyteller et de fin technicien que Fincher épingle tout ce beau monde et démonte la machine à rêves américaine. Son secret ? Ne jamais tomber dans la démonstration facile et toujours adapter son style à son sujet, jamais le contraire.

 

 

Si Gone Girl est brillant dans sa première partie, il touche carrément au génie dès lors qu'il s'attaque à la sacro-sainte institution du mariage, véritable moteur du film, dans un sens du détail et du grotesque jouissif. Aussi tendu et insoutenable que puisse être le métrage, il n'atteint les sommets que lorsque les masques tombent et que les coulisses du couple vedette sont révélées dans toute leur laideur, chacun en prenant pour son grade. Pour ça, il faut de toute évidence rendre grâce au matériau d'origine qu'est le géniallissime livre de Gillian Flynn – Les Apparences en VF – mais aussi à l'énorme travail d'adaptation fait par Flynn en étroite collaboration avec Fincher et qui a permis de resserrer la trame autour du couple tout en virant toute la thématique de la parenté. La scène d'introduction de Gone Girl est en elle même une note d'intention à ce propos, lorsque Ben Afleck se demande ce qui peut bien se passer dans la tête de sa moitié et comment ils en sont arrivés là, après avoir soigneusement planifié les étapes d'une relation de couple idéale. Les acteurs, parlons-en. Ben Afleck et Rosamund Pike sont, sans surprise, juste impeccables dans leurs rôles respectifs : le premier, n'en déplaise à ceux qui ont taxé le livre et le film de sexiste, est un modèle du mari castré, à la ramasse, largué au milieu d'un ouragan médiatique et judiciaire dont il ne réalise pas toutes les ramifications. La seconde trouve ici un rôle en or de salope intégrale qui a largement sa place entre la Catherine Tramell de Basic Instict et la Bridget Gregory de Last Seduction. Encore un psychopathe pour Fincher, tiens. On ne se refait décidément pas.

 

 

Film mineur et récréatif dans la filmographie imposante de David Fincher, Gone Girl n'en demeure pas moins une belle leçon de cinéma doublé d'une diatribe cinglante contre certaines dérives de la société américaine. Plastiquement irréprochable, dérangeant sur la forme, du beau cinéma cérébral comme seul Fincher sait en faire.

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