film d'horreur

rechercher un film d'horreur et fantastique

Rechercher par film :

 

Rechercher par acteur :

 

 

 

Critique Guardians

Fiche     Critique    Bande annonce    Acheter le DVD / BluRay

pub

Til Schweiger n’a jamais eu de bol à l’international. Acteur reconnu en Allemagne, cinéaste plutôt inspiré, ce dernier reste plutôt discret sur le continent américain. Schweiger aura pourtant multiplié les rôles de seconds couteaux dans une ribambelle de blockbusters friqués – Tomb Raider : le Berceau de la Vie, le fameux Inglourious Basterds de Tarantino –, mais son physique buriné et passe-partout de vilain mafieux le confinent souvent dans des rôles de mercenaire aux intentions discutables. Schweiger change un peu la donne avec Guardians. Anciennement connu sous le nom d’Un Témoin pour Cible, le film lui permet de camper un ex-soldat catapulté malgré lui ange-gardien d’une jeune fille qu’un baron du crime organisé cherche à éliminer. Un synopsis des plus classiques qui n’empêche pas Schweiger, ici également réalisateur, de livrer un bon actioner policier.

 

 

Sur le fond, Guardians n’a rien de foncièrement novateur. L’intention n’est clairement pas là. Artisan multi-casquettes – producteur, scénariste, réalisateur et acteur –, Schweiger déroule ici son film comme une véritable déclaration d’amour au policier vénéneux et sans concessions. Ce dernier témoigne en effet d’une impressionnante rigueur dans l’approche, et emballe son travail en affichant une parfaite maitrise des codes du genre. Limpide et sans prétentions, Guardians affiche un synopsis certes déjà vu – l’ensemble n’est pas sans évoquer La Sirène Rouge, chef d’œuvre littéraire de Maurice G. Dantec plutôt bien adapté au cinéma par Olivier Megaton – mais se montre bien construit. Une jeune orpheline est témoin du meurtre de son petit ami par un richissime industriel, Thomas Backer. Bien qu’involontaire, l’homicide est maquillé en cas de légitime défense par la garde rapprochée du bonhomme, qui s’avère de plus être un commerçant d’armes sans grande morale. Lorsque Nina est placée dans un programme de protection des témoins, ce dernier lance à ses trousses une véritable armée de mercenaires. Unique survivant d’un assaut sur une planque de la police, le vétéran de la guerre d’Afghanistan Max Fischer s’engage à protéger l’adolescente contre les troupes de Backer. Une tache ardue, puisque l’homme d’affaires possède de multiples relations au sein d’administrations corrompues. Dénué de sous-intrigues inutiles, Guardians fait dans le divertissement pur et dur. Sans pour autant sombrer dans une quelconque facilité, le métrage de Schweiger s’avérant ultra-sombre, habité par des personnages complexes, moralement comme physiquement mutilés.

 

 

La principale force de Guardians repose sur la profondeur de ses protagonistes. Schweiger prend le temps nécessaire pour les installer, brosser leurs nombreuses failles, soigner les interactions. S’il n’évite malheureusement pas certains clichés parfois gênants – le méchant est vraiment un salaud sur toute la ligne, évidemment –, le travail porté à ce niveau confère au métrage une véritable aura dramatique, intensité qui agit en palliatif d’un scénario aux rebondissements souvent téléphonés. Le choix de s’attarder longuement sur la construction des relations et d’entrer en profondeur dans le passif des personnages pourra par ailleurs donner le sentiment d’un film à la rythmique trop retenue, parfois poussive. Guardians s’équilibre en effet de justesse entre séquences burinées / développements tragiques. Schweiger se montre plutôt avare en action qui cogne sec, et témoigne d’une relative tendance à digresser sur les échanges verbaux, qui sombrent de ce fait occasionnellement dans le dispensable. Un peu bavard, le film se rattrape néanmoins en soignant ses quelques saillies bourrines, les échanges de plombs étant capturés avec une affolante maestria. Le final, presque interminable et assurément décomplexé, explose à ce titre littéralement la rétine. Puissant.

 

 

Sur le plan formel, Guardians est un remarquable sans-faute. En vieux briscard, Til Schweiger connait bien le cinéma des eighties et signe ici un quatrième long artistiquement très poussé. L’ambiance, la colorimétrie – âpre et rugueuse – ou encore les mouvements sont pensés afin de coller au plus près à la noirceur du propos. Lisible et fluide, le métrage n’exfolie par ailleurs pas totalement les possibilités technologiques modernes, mais le cinéaste en use avec une parcimonie qui confère à chaque effet de style – notamment les ralentis au cours des gunfights – un réel impact sur la tension du métrage. La direction d’acteurs est également particulièrement bien orchestrée, même si l’on regrettera de ne voir l’excellent et injustement méconnu Moritz Bleibtreu – Cours, Lola, Cours, Les Femmes de l’Ombre – dans un rôle secondaire. Ce dernier y est néanmoins particulièrement brillant, et campe l’un des protagonistes les plus intéressants du métrage.

 

 

Si Guardians n’est pas exempt de défaut – l’ensemble aurait aisément pu être amputé d’un bon quart d’heure –, Til Schweiger livre un film intéressant sur bien des aspects. Résolument furibond et virtuose dans ses montées d’adrénaline et doté d’un potentiel dramatique assez soigné, Guardians redore le blason de l’industrie de l’image Allemande, souvent limitée dans l’inconscient collectif à de multiples séries mornes et stéréotypées. Une bonne surprise.

 

Auteur :

Critique vue 4540 fois

Pseudo
Commentaire

Sécurité

Combien font : 69+30

Votre réponse :

 

15 films au hasard

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique John Dies at the End

Critique 31

Critique Urge

Critique Dans le noir

Critique The Darkness

Critique Blood Father

dernières critiques de films d'horreur et fantastique


Critique Penny Dreadful (série)

Critique Superman - Intégrale des cartoons Max Fleisher (série)

Critique Le Top / Flop 2015 de la Rédaction