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Critique Hacker

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Voilà six ans que Michael Mann n'avait plus donné signe de vie, laissant son imposante fan base en plan avec un Public Enemies au goût désagréable. Sachant que son Miami Vice n'avait pas non plus convaincu, on sentait l'homme fatigué, tombant dans la redite et atteignant les limites dont il s'était pourtant joué jusque là. C'est dire si l'attente de son nouveau projet était attendue avec fébrilité. Thriller contemporain, sujet dans l'ère du temps avec en vedette un acteur belle gueule très en vogue, Hacker sera-t-il le retour du Mann incarné ?

 

 

Il est jubilatoire de voir Michael Mann retourner aux fondamentaux, le thriller pur et dur. N'en déplaise à certains - y compris à lui même -, c'est ce qu'il fait de mieux. Auteur de plusieurs bijoux, qu'il serait long et vain d'énumérer, il n'a eu de cesse de redéfinir les codes du genre jusqu'à atteindre un degré presque expérimental avec Collateral ou Miami Vice. Seulement voilà, les échos outre-atlantique étaient loin d'être rassurants, voire même franchement hostiles, le film s'étant fait démolir en règle aux USA ou il est sorti en début d'année. Foudres de la presse, indifférence du public, Mann a-t-il raté son retour ? Est-il vraiment au crépuscule de sa carrière ? Si Hacker est loin d'être la catastrophe annoncée, il faut bien reconnaître qu'il n'offre rien de nouveau et souffre globalement des mêmes faiblesses des deux derniers métrages de son réalisateur. Pire encore, à de très nombreuses occasions, le film tend le bâton pour se faire battre.

 

 

Au vu de la richissime filmographie du réalisateur, Hacker est sans aucun doute son film le plus mineur et le moins ambitieux. Coscénariste, Mann nous propose une formule rabâchée de l’expert qu'on sort de taule lorsque les autorités sont au pied du mur. Répétitive mais bien rodée, la trame tient à peu près ses promesses et enquille un à un les clichés jusqu'à plus soif et sans sourciller. C'est ce scénario sans surprises qui constitue le gros problème de Hacker et  provoque une grande frustration. Bancal est le terme qui s'impose car finalement cette chasse à l'homme à l'intrigue globe trotteuse revêt tous les poncifs de n'importe quelle Jamesbonderie : on voyage beaucoup, on utilise beaucoup de technologie pour démêler ce qui se trame, on cite quelques événements réels pour ancrer le tout dans un contexte actuel et surtout on rajoute une romance exotique totalement fonctionnelle - à l'instar de celle de Johnny Depp et Marion Cottillard ou Collin Farell et Gong Li, une constante chez Mann -. Le tout aurait pu passer sans trop d’accrocs si ce n'est que le film dure deux heures quinze et qu'il souffre énormément de baisses de régimes. Le spectateur a vite fait de trouver ça chiant et décroche peu à peu, surtout qu'on ne fait rien pour nous rendre sexy ou accessibles les pratiques informatiques qui ponctuent ce film. Chris Hemsworth a beau être charismatique, ce n'est pas évident de le regarder fixer un PC et taper des codes obscurs sur portable.

 

 

Si Hacker sort du lot c'est avant tout grâce à son esthétique. Et à ce titre, le film est un pur film de Michael Mann. Les fans du réalisateur se sentiront en terrain familier, y compris dans ses thèmes si chers abordés de façon presque obsessionnelle : les personnages borderline, professionnels dans un domaine donné - flics, braqueurs, profileurs, journalistes, hackers - prêts à tout laisser en plan à la seconde si le jeu n’en vaut plus la chandelle. Cette fascination hypnotique du mal qui finit souvent par contaminer celui qui la subit. Comme toujours Mann filme de très très près ses acteurs, s'attarde sur leur traits et saisit leur ambivalence - encore une fois, Hemsworth surprend par sa présence à l'écran -. On ne s'étonnera pas non plus de constater que la majorité des plans est filmée de nuit avec multiplication des prises aériennes. Loin d'être purement frimeuses - suis mon regard Night Call -, ces procédés instaurent un climat hypnotique mais délétère et accentuent la sensation de danger palpable et omniprésent - un seul clic suffit à cramer une usine nucléaire, par exemple -. Et puis, un film de Mann n'en serait pas vraiment un s'il n'y avait pas ces scènes d'actions chocs dont il a le secret. Hacker est à ce propos assez généreux en fusillades maousse-costaudes, rigoureusement chorégraphiées à la limite de l’impressionnisme - à l'image d'un final d'une beauté esthétique étonnante - et où les tirs sont experts et les balles font mal, très mal. Qu'importe alors l'incohérence de certains aspects, notamment dans la caractérisation radicale du personnage principal. Si Mann apporte un soin particulier au réalisme du sujet qu'il traite, ce n'est pas le cas de son héros qui lorgne plus vers une dimension fantasmée du hacker que d'un portrait plus terre à terre. Hemswoth sera donc impeccable de bogossitude même détenu dans une prison chinoise et aussi expert dans le maniement des claviers que dans le cassage de gueules et les armes à feu. « Oui, mais c'est tellement bien fait », rétorquerons les aficionados de maître Mann.

 

 

Ce n'est clairement pas avec Hacker que Michael Mann signera son retour en grâce dans le panthéon des grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. Trop occupé à soigner l'esthétique de son film - visuellement très beau -, il en oublie de soigner son scénario linéaire, souvent confus et à la limite du rébarbatif. Un exercice récréatif en somme qui pourrait augurer d'un prochain retour en force comme il pourrait constituer une preuve supplémentaire du déclin artistique de Michael Mann.

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