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Critique Halloween 2 (1981)

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Mettre en boîte la suite d'un film du niveau de Halloween - La Nuit des Masques n'est pas chose aisée et pourtant le jeune réalisateur Rick Rosenthal se lance dans l'aventure tête baissée. Fort heureusement pour lui il est accompagné sur cette suite par John Carpenter au scénario, à la musique et à la production. Halloween 2 est sorti en 1981 et a reçu un accueil plutôt mitigé par rapport au premier volume, qui avait engrangé à lui seul 47 000 000 dollars en 1978.  Le film s'en sort pourtant bien si on le compare aux productions horrifiques de cette année là - La Malédiction Finale, Hurlement, Le Tueur du Vendredi -. Carpenter a par ailleurs refusé le premier montage, beaucoup trop violent à son goût. Ce dernier jugeait également qu’une brutalité trop marquée nuisait au rythme recherché - celui de l'animal prédateur tapis dans l'ombre, avançant à pas feutré et toujours près à bondir sur sa proie -. Cette version est aujourd'hui disponible sur le Blu-Ray récemment édité.

 

 

Halloween 2 commence exactement là ou s'est arrêté  Halloween - La Nuit des Masques, c'est à dire juste après que le sauvetage par le Docteur Loomis de l'héroïne Laurie Strode - splendide Jamie Lee Curtis -. Il est d'ailleurs facile de remarquer que le redoutable Michael Myers ne tombe pas du même coté de la maison dans ce volume, ainsi que la suppression pure et simple de la scène ou l'on aperçoit furtivement son visage. Mais malgré les six balles tirées par le Docteur, le monstre sanguinaire est toujours vivant et sa soif de sang est décuplée. Visionner les deux films l'un a la suite de l'autre est quasiment indispensable à la bonne compréhension de l’ensemble, et s’avère nécessaire pour apprécier le travail de Carpenter. L'ambiance est en effet la même, Halloween 2 n'étant que le prolongement du premier. Une tension crispante est maintenue quasiment tout du long, et offre ainsi au métrage plus soutenu que celui de La Nuit des Masques. Cela justifie certainement la mise en place d'un nouveau réalisateur sur ce volet, ce dernier adoptant une approche du sujet légèrement différente. Malgré tout, le maître Carpenter ne laisse jamais son apprenti voler bien loin du nid maternel. Fort heureusement pour lui, Rosenthal n’ayant pas vraiment brillé par la suite en livrant quelques métrages médiocres comme Les Oiseaux 2 – le cinéaste n’ayant certainement pas été secondé par Hitchcock sur ce coup-là – ou encore des épisodes dispensables de Buffy contre les Vampires et Smallville.

 

 

Nous sommes donc directement plongés dans un climax de fin de métrage au moment ou débute Halloween 2. Le film donne presque l'impression d'avoir été monté à l'envers, ce qui est peut être perturbant si l'on prend en considération l'époque ou il est sorti en salles. La première partie se déroule à travers les yeux du tueur, en caméra subjective. Un effet typique de John Carpenter et qui lui sera emprunté dans toutes les nombreuses suites distribuées tous les 31 octobre de la décennie suivante. Au même titre que la caméra au ras du sol de Sam Raimi sur Evil Dead - qui sera aussi le procédé utilisé pour filmer Spiderman et son évolution aérienne parmi les buildings de New York -, cette vue à la première personne couplée à sa respiration lourde et rauque installe une certaine angoisse ainsi qu'un sentiment d'étouffement. Ce procédé, qui aurait pu nuire à la bonne fluidité du métrage, disparaîtra par la suite. Les cadavres ne tardent pas à joncher le sol des différentes maisons traversées par le tueur. Le rythme reste donc soutenu jusqu'à ce que nous suivions notre héroïne dans l'hôpital où elle a été internée. L'enquête du docteur Loomis se poursuit en parallèle, ce dernier étant convaincu que l'assassin cours toujours malgré les balles qu'il lui à envoyé dans le buffet. L'acharnement de ce médecin est très bien retranscrit à l'écran. Sa peur panique mêlée à sa culpabilité métrialise parfaitement la terreur de l'homme, confronté à de nombreux bains de sang ainsi qu'à un rapport soignant / patient parfois proche du syndrome de Stockholm. Notre bon docteur a suivi le cas de Myers de son internement jusqu'au jour présent. Mais il a échoué à prolonger son emprisonnement alors qu'il connaissait la bête immonde tapie à l'intérieur de Myers. Il se sent donc d'autant plus impliqué dans cette affaire et se fait un point d'honneur à vouloir arrêter le tueur, essayant ainsi de rattraper ses erreurs. Ce qu'il entreprent avec la peur au ventre ainsi qu'une certaine panique incontrôlée témoigne presque d'un acharnement paternaliste sans faille. Quant à Laurie Strode, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Nous avons donc affaire a deux héros fatigués, blessés, usés, terrifiés. Ces derniers semblent donc hautement vulnérables face au diable au masque blanc.

 

 

Le spectateur ressent cette faiblesse comme la sienne et se trouve bien démuni face à ce monstre. Un public habitué aux nombreux films présentant des héros stéréotypés jusqu'à la caricature, mais aussi dotés d'une résistance nerveuse et physique surhumaine. Les clichés sont ici une nouvelle fois évités. Regarder Halloween - La Nuit des Masques et Halloween 2 comme un seul et même film est de ce fait une expérience très jouissive. Malgré le fait que cette suite soit plus un action-movie qu'un pur film d'angoisse, les filtres colorimétriques et les cadrages complexes du précèdent volume sont conservés. le métrage évite les montages dynamiques, voire épileptique, propres aux slashers. Halloween 2 affiche donc une réelle cohérence technique avec son prédécesseur. Les plans sont précis et subliment les personnages. Rosenthal use sans retenue des contres plongés, des travellings tortueux et des plans-séquences pour coucher sur bandes quelques belles séquences de barbarie. Le film est professionnel, expressif, une véritable leçon de maître. L'image est crasseuse et les couleurs lugubres sont ici couplées à un léger flou qui accentue le sentiment de claustrophobie, alors que la majorité du film se passe en ville et à ciel ouvert. Carpenter est à compter parmi les réalisateurs complets qui ne peuvent ignorer chacun des éléments qui composent leurs projets. Le fait qu'il soit aussi le concepteur des bandes-originales offre une cohérence totale à ses films. Les sons se dotent des couleurs des images, les rythmes des thèmes écrits pour accompagner les scènes. Les compositions sont aussi terriblement complexes, constituées de nombreuses nappes électroniques entremêlées. Le tout est très en avances sur son temps, et côtoit parfois le génie d'un Kenji Kawaï.

 

 

Halloween 2 a plus de trente ans mais reste une pierre fondatrice du 7ème art, ce second volet ayant influencé de nombreux films de styles très différents. Le film n'est définitivement pas dissociable du premier opus, et perd quasiment tout son intérêt en étant visionné séparement. Certains jump scare pourront amener un sentiment de déjà vu, tout comme certains montages plongeant Myers dans des ombres monochromes juxtaposées à des couleurs criardes évoqueront le cinéma expérimental et chatouilleront ainsi la rétinite du spectateur novice. Ce sont néanmoins les deux premiers volumes d'Halloween qui définiront certaines bases inébranlables du cinéma d'horreur.

 

Auteur : MARC D'OC

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